demandé
' Au moment où j’ouvrais la porte du salon,.
madame de Kérangoat s’est avancée vers moi
avec une précipitation si tendre que je me suis * •
senke rougir. A ma vue, du reste, elle s’est
arretée avec un embarras égal au mien. Cette méprise, cet élan vif, qui ne m’était pas des-
FLAMEN
tiné et dont j’avais été témoin, lui ont causé un violent dépit, et sa physionomie mobile l’a
exprimé avec tant de vivacité que je n’ai pu
m’empêcher de sourire.
— Ce n’est pas moi que vous attendiez, je
le vois, ai-je dit.
— Non, en vérité, m’a-t-elle répondu sèchement, et, pour dire toute ma pensée, je préfé-
rerais pour vous que vous ne fussiez plus ici,
mademoiselle. • ' .
— Puis-je savoir ce qui vous inspire ce regret?..,
— Oh I mon Dieu, mademoiselle, vous êtes d’âge encore à recevoir des avis, et je ne vois pas pourquoi je vous cacherais ce que tout le
monde dit et pense : c’est qu’il y a pour une - * »
jeune fille des inconvénients graves a demeurer si longtemps seule avec un homme de la
tournure de M. de Landisac, car vous n’imagi-
m .. FLAMEN
nez pas, je suppose, que mademoiselle d’Elle-
ven, dans Tétât où elle se trouve, puisse faire
illusion h personne. Il est trop clair qu’elle ne
peut exercer ici aucune espèce de surveillance.
— Voilà des choses auxquelles je n'ai pas pensé, je l’avoue;,., mais je suis utile ici, je le sais, et je m’inquiète peu des inconvé- , nients qui peuvent en résulter pour moi...
Prouver à ceux qui m’entourent ma reconnais-
sance, mon affection, voilà tout ce que je désire,
et j’y consacre mes forces, ma volonté, tout mon cœur.
Elle a beaucoup rougi. — Ce n’est pas trop maladroit vraiment pour une ingénue.
— Vous cherchez à m’offenser, madame, ai-
je dit avec un peu d’émotion ; mais voyez ma • / , maladresse : je ne puis préciser ni ce qui vous
irrite ni ce qui me blesse... Ayez donc Tobli-
geance de m’éclairer de votre expérience, qui