LES SUJETS PREFERES DE RUBENS
Leucippe (fig. 416) est une merveille
d'action fougueuse et d'harmonieux déploiement musculaire. Les Silènes ivres
(fig. 41 7), qu'il peignit vers 1618, sont
les plus originaux des tableaux que lui
inspira l'antiquité. Il en existe plusieurs variantes. Le Flamand avait
vu dans ce sujet l'occasion de transposer en langage mythologique les mœurs
parfois brutales des gens de son pays.
Il a fait de Silène le symbole de la
sensualité débridée. Les Chasses qu'il
exécuta de 1616 à 1621 (fig. 418)
sont remarquables par la hardiesse de
leur mouvement dramatique. Les
grands fauves sont représentés non
point avec leur majesté tranquille, mais
défendant leur vie contre 1 homme,
mêlés aux chevaux et aux chasseurs en
d'effroyables corps-à-corps.
Rubens était l'interprète fougueux
de la force héroïque ou brutale.
Dans la vie des Saints, il préférait les scènes des martyres ; s'il évoquait le ciel, c'était pour en précipiter les anges rebelles ou montrer les cohortes fidèles, combattant victorieusement les partisans de Lucifer ; de la vie des animaux il retraçait surtout leur lutte contre l'homme ; dans l'histoire des peuples, il célébrait les batailles et les massacres ; dans la mythologie, il voyait les atrocités engendrées par la haine et par la vengeance. Mais il savait aussi faire vibrer la corde de tendresse ou de volupté. Il exaltait avec non moins de lyrisme la beauté l-iG. 424. — Rubens. Jçg femmes qui séduisent les hommes
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(Londres, National Gaiicry.) fraîchcur de Icur chair OU le corps
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ET Nicolas.
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(Cliché Lœwy.)