MORT DU MAITRE
FiG. 443. — A. Van Dyck.
Fort, dk Geronima Brionole Sai.k.
(GOncs, Palais Rosao.) (dliclic liroffi.)
mites exercé sur le monde des formes et des couleurs. Sa puissance dramatique n'a pas diminué, comme en témoigne son Massacre des Innocents (fig. 438) de Munich. La Kermesse est un chef-d'œuvre à part dans Tépopée de Rubens. La goinfrerie effrénée et la sensualité brutale des rustres s'y élèvent en effet jusqu'à une hauteur héroïque. Mais le tableau qui décore son mausolée (fig. 439) est peut-être le plus radieux et le plus féerique de tous.
C'est le bouquet de l'éblouissant feu d'artihce dont il émerveilla l'univers.
Quand il eut achevé cette toile sublime, le magicien des couleurs déposa ses pinceaux. Il mourut le 30 mai 1640, à l'âge de soixante-trois ans. Toute sa carrière avait été une voie victorieuse où il s'arrêta en plein triomphe. Comblé par la nature, perfectionné par l'étude, favorisé par le sort, il fut vraiment un enfant du bonheur. Destiné à la plus haute suprématie artistique et toujours digne de sa prodigieuse fortune, il transforma l'art de son temps et celui de l'avenir. Sa fécondité tenait du miracle. Sans doute il ne fut pas seul à peindre les centaines de tableaux marqués de son sceau ; des élèves travaillaient sous sa direction ; mais il communiquait son souffle à tout son entourage.
Parmi ses élèves, Antoine Van Dyck fut le mieux doué. 11 naquit à Anvers le 22 mars I 599 et entra dès sa onzième année dans l'atelier de Van Balen ; de là il passa dans
l'atelier de Rubens. En 1613, il Fig. 44^. — A.\ANl)Yt;K. — I'ohikam ... ... •ni
nu MARyi-.s BR.oNo.K Sa, K. peignait le portrait d un vieijlard sur
(Gênes, Palais Rossa.) (Cliché liroiri.) lequel il mit son nom, SOU âge et le
Vu;. 445. — A. \ AN Dy».*: ; Portrait Fio. 441. — A. \ A."* iJtc» ; PumiiAiT
Dl' CARDINAL BeNTIVOGLIO. DE CORNEILLE Va.H DLR Ci» EST.
(Galerie l'itli) (Cliché Anderton.) (Londre;SatioH.Gallery.f (Cl. Ilanfttacnglj
millésime; en 1617, il exécuta un Portement de la Croix, qui est loin ci être un chef-d'œuvre, mais dès l'année suivante il exécutait déjà des tableaux que Rubens vendait sous son propre nom après les
. avoir retouchés ; puis des f>ortraits
qu'il n'est pas toujours facile de distinguer de ceux de son maître, L'n connaisseur anglais constata qu'à l'âge de vingt et un ans \'an Dyck était déjà presque aussi estimé que Rubens. A la hn de 1620. il partit pour Londres, ou Jacques I l'ap»pelait comme peintre de sa cour.
Trois mois après, il obtint un congé de huit mois pour aller visiter l'Italie. Nous ne pouvons fixer exactement les dates de son départ et de son retour. Il traversa probablement les Alpes au commencement de 1621.
Nous savons qu'il retourna à Anvers en 1622. et nous le trouvons en décembre de cette même année au lit de mort de son père. En 1623, îl
FiG. 447. — Van Dyck.
La Madone du Rosaire.
(Païenne. Chapelle du Rosaire.}
iCliché Brogi.)