II. A M) Kl
cirubcmcnt . Irur («utrr sans Lord rsl ( ariiiH- m « r.'itirrnrnt iur l'ur Ictc, cl surtout CCS rustaud» sont carcsw:» par une si mervcilleu&c lumière, brosse» avec une désinvolture si élégante et vibrent d'une teinte 81 Imc (juils en s(;nt nia^nilies et finissent par nous apparaître comme des i^nornes falots <|u'<-nv<lop{)c un prestijçc cxicultc. Ainsi IcCaharcf l'illaiicois (lii<.52l) au Musce d'Amsterdam, ou ce» ivrojçne» braillent et se divertissent à leur manière; la Rixe (fig. 522) de Dresde,
ou, la corxorde ayant
cesse de régner, les drilles vont jouer du couteau et s ccrabouiller le crâne a coups de chaise. Quelle frénésie dans ce bras tendu, quelle soif de sang dans ces regards d'assassins ! Comme la contraction de ces lèvres est observée ! Tout un drame dans ce monde de grotesques. Brouvver est à demi hollandais, a demi flamand. L'historien d'art hésite même à le situer. 11 naquit en Flandre et continua les traditions de nos grands naturalistes, les coloristes
fnands de soleil et de couleurs harmonieuses : il appnt son métier en Hollande ; il Mt chez Hais a quelles tnomphales audaces peuvent se livrer les pinceaux et aussi comment, à force de triturer la pâte grasse, on arrive à la passionner et à la rendre fluide et transparente.
Fig. 525. — Josse Van Crae^beeck. L'élève de Brouwer,
Atelier de peintre. t \ r r^ L l
,, ,. ,,,-... . . Josse \ an Craesbeeck, a
(liruxelles. Collection d Aremberg.) ^
(Cliché Bruckmann.) bcaUCOUp appris de SOD
Fig. 524. — JosSE \'an Craesbeecc.
L ÉCAILLèRE.
(Musée d'Anvers.) (Cliché Hermans.)
DAVID TENIERS LE lEUNE
KiG. 52(3.
- Tkmkrs — (Cabaret prks d'unk rivikrk. (l'aris Umvrc.) {Clichù Seuidcin.)
maître. Plus d'une fois, il va prendre aussi ses héros parmi les piliers de tavernes ou devant les étalages des poissardes. Mais sa composition est plus compliquée. Ses personnages accusent un mélange baroque de distinction et de trivialité ; la facture est plus fouillée que chez Brouvver ; la couleur est d'une rare opulence, souvent éblouissante, la lumière si vivace qu'elle semble irradiée des personnages. C'est par exemple le cas dans le Cabaret de Village (fig. 523) du Musée Impérial de Vienne. Il arrive que l'opposition des jours et des ombres soit outrée, comme dans l'Écaillère (fig. 524) du Musée d'Anvers, mais l'artiste dispose toujours d'une palette opulente et d'un pinceau subtil, assez souvent d'une clarté d'une blancheur trop pâle. Brouwer est un inventeur; Craesbeeck un imitateur, d'ailleurs sans servilité, et qui a su rester original. Le Louvre possède de lui un tableau très pondéré où il s'est représente lui-même dans son atelier, peignant un portrait ; un autre tableau traitant le même sujet appartient au duc d'Aremberg
à Bruxelles (fig. 525). ^
Le plus célèbre de nos peintres de paysanneries est David Teniers le Jeune. Il naquit a Anvers, en 1610. Son aïeul Julien était un peintre de genre ; son père, David Teniers le Vieux ( 1 582- 1649). un peintre aussi, traita des sujets religieux et des scènes villageoises.
Elles devinrent la spécialité du fils. Il alla se ^ c -r i-
lu». 527. — FkMERS. — KERMESSE, fixer vers 1650 à BrUXel- iMuseedc Mumcli.) (Cn^hc llanfstacuf,'!.}
/ 1 Asnnfi
l-ui. 528. — Tf.mers. — Paysans tirajct de l'akc (Musée de Vitnne.f (Cliché hruckmann.)
les, OU il avail c'ic appelé par I archiduc Lco[)ol(l- ( lUilI.uiiiK-, ^ouvcrfKiir (les 1 *ays-Bas espagnols.
Il fut aussi le peintre ordinaire du gouverneur suivant. Il inourul en 1690. Teniers fut un producteur fécond ; ses œuvres sont dans tous les musées du monde, et parfois en nombre conside'rable. Il traita une grande variété de sujets : la Galerie de Leurs Altesses, les fêtes honore'es de la présence de ces princes, la Tentation de Saint Antoine, des compositions religieuses et allégonques, d'autres motifs encore; mais son genre favori reste la vie rurale, l'estaminet du village, les beuveries et les kermesses des paysans. Il conçoit ses rustres de toute autre façon qu'Adrien Brouwer, quoiqu'il ait beaucoup appns de ce dernier. Il les a vus réjouis, attablés à la porte de l'auberge (fig. 326). dansant devant une auberge (fig. 527), tirant à l'arc (hg. 528), jetant la boule, faisant la cour à leurs commères, fumant la pipe,
, I s'abandonnant sans contrainte aux
entraînements de leur rude, mais saine nature. Car ils sont essentiellement sains, les hommes comme les femmes, bien en chair, et chaudement vêtus de nippes bigarrées et douillettes. Teniers arepns de Brouwer ses tons radieux et chatoyants, sa touche spintuelle et étincelante, mais il a le métier plus serré, la touche plus retenue, moins audacieuse, quoique le pinceau soit toujours souple et les touches fines et minces. Il chént ses paysans et il n'en fait m des forcenés, ni des abrutis ; il ne les montre ni assommés dans une nxe, ni tenassés par la boisson ; ils .
Fig. 529. — Teniers. — La Tent.\tion
DE Saint Antoine.
(Musée du Louvre.) (Cliché XcurJem./