INFLUENCE DE RUBENS SUR LA GRAVURE
Tui. 55y. — PlKRRE V EHHAEGEN
TATiON AU Temple.
(Musée de (li^^nd.) (Cliché Lé.'v.)
La Frésen-
preuve d'une réelle valeur, tant par l'invention (jue par la facture : Balthazar Ommeganck (Anvers, 1755-1826). Celuici suivit l'exemple d'Henri - Joseph Antonissen (Anvers, 1737-1794), mais il le surpassa considérablement. 11 peignit des paysages avec des moutons ou d'autres animaux avec beaucoup de charme et d'agrément, en les enveloppant d'une lumière moelleuse (fig. 560). Jean-Louis de Marne (Bruxelles 1744-Paris 1829), contemporain d'Ommeganck, cultiva un art manifestement apparenté à celui du fameux peintre de moutons, peignant des paysages avec des animaux, des vues de villes, des kermesses villageoises et quantité d'épisodes de la vie quotidienne. Tout comme les peintres décorateurs de son temps, il se souvient de Teniers, mais il le rappelle avec bien plus de couleur que les artistes de son temps, en des tons chauds et lumineux comme ceux d'Ommeganck. et avec un humour qui fait prévoir Madou.
Comme sur tous les autres arts et plus que sur les autres, Rubens exerça une influence toute-puissante sur la gravure. Quand il rentra de l'Italie, il trouva ici une école fort active, maniant la pointe avec une dextérité sans égale, mais comme facture complètement opposée à l'art tel que Rubens le comprenait. 11 ne se servit d'aucun de ces brillants mais petits maîtres. Seul, l'un des membres de la famille Galle, Corneille
le père (1 575-1650) fut ^^^ ^ o,,megan.:k. - Paysage avec bétail. admis à graver pour lui : (Brunswick, Musée.) (Cliché liruckmann.)
iLANonr.
Fio. 56i. — Lucas Vorsterman.
La culte des Anges.
(I)'aprûs littbcns)
fîon fiU Cornnllr (1613-1678) j>arlaK<*a Ir mcrnc Uouucut. Ruhen» forma rcs graveurs cl Irur '•colc ; il dirigea leur» travaux.
Dans les temps environnant 1620, il lit faire par Van Dyck des dessins d'après ses tableaux [kjU!
servir de modèles à ses graveurs ; souvent il exécuta lui-même des dessins ou des esquisses que ses graveurs suivirent. De ceux qui travaillèrent dans son entourage ou pour son compte, comme plusieurs le firent, il revoyait les épreuves et les retouchait jusqu'à ce qu'il en fût content. Ne trouvant pas a Anvers les hommes qu'il lui fallait, il les chercha en Hollande. Plusieurs de ceux-ci travaillèrent pour lui sans quitter leur patne. Guillaume Svvanenberg, Jacob Matham, Jean Muller restèrent en Hollande et y gravèrent des œuvres de Rubens de 1611 à 1615. Pierre Soutman fut le premier qui vint à Anvers et y travailla sous la direction du maître. Lucas \'orsterman (Bommel 1595 -Anvers 1675) vint s'établir aux cotés de Rubens vers 1 620 et y travailla avec lui jusqu'en 1623. C'est Tainé des grands graveurs de l'école (hg. 561). Boëce a Bolswert (Bolswert vers 1 580 - Bruxelles 1633) et son frère Schelte a Bolswert furent les deux derniers Hollandais qui \inrent habiter notre pays et y gravèrent pour Rubens (hg. 562). Ceux-ci et Paul Pontius (fig. 563). Hans Witdoeck, Pierre De Jode le Jeune, Conrad Lauwers, Cornelis Van Caukercke, Nicolas Ryck-
FiG. 5Ô2. — Schelte a Bolswert.
Le Colronnement dépines.
(D'après Van Dyck.)
GRAVEURS ET AQUAFORTISTES
FiG. 563. — Paul Pontius.
Paul Rubens.
(D'aprùs Rubcns.J
mans furent les principaux interprètes de Rubens et de son école, spécialement d'Antoine Van Dyck et de Jacques Jordaens. Tous travaillèrent sous la direction du maître et suivirent dans leurs planches robustes et harmonieuses, resplendissantes de lumière et profondes d'ombres, la largeur du dessin et la splendeur du coloris du maître souverain.
Le plus illustre de nos graveurs sur bois, Christophe Jegher (Anvers, 1596-16523), s'inspira également de Rubens et travailla beaucoup pour lui (fig. 565).
Quelques aquafortistes reproduisirent ses œuvres ; les principaux sont Guillaume Panneels et Théodore Van Thulden, peintres tous les deux. Parmi les peintres de l'école de Rubens, certains se distinguèrent aussi comme aquafortistes. Van Dyck, l'incomparable tailleur de portraits (fig. 564), Jordaens plus rude. Corneille Schut plus
doucereux, le paysagiste Luc Van
Uden, les animaliers Pierre Boel,
Jean Fyt, d'autres encore.
Quand Anvers eut cessé de
dominer dans le monde des Arts,
les élèves et descendants de ces
puissants maîtres, Gérard Ede-
linck (fig. 566), Nicolas Pitau,
Van Schuppen, Corneille Ver-
meulen, Pierre Van Schuppen
émigrèrent à Paris et y fondèrent
l'école de gravure française, d'où
naquit la gravure moderne. Pendant plus d'un demi-siècle, l'école
Rubénienne avait donné le ton
dans le monde de la gravure, et
Anvers avait répandu dans le
monde les chefs-d'œuvre de ses
Fig. 564. — Van Dyck. — Portrait
DE JOSSE SlTTERMANS
(eau-iorte).