LA PEINTURE D'HISTOIRE
l'iG. (KK). — Jkan Van Hkf.rs.
Sarah-Bkrniiardt.
(Miisccde liriixellcs.) (Cliché llennans.)
meurant, son art un peu mièvre le destinait à êlre le portraitiste favori des grandes dames. Gallait l'emporla de beaucoup sur lui. Le dernier nommé est un romantique en quête d'effets pathëtiquesempruntësàlhistoire ou à la vie ordinaire ; d'ailleurs habile metteur en scène, comme le prouvent les Têtes Coupées (fîg. 604) des musées d'Anvers et de Tournai ; ce fut aussi un remarquable portraitiste (tig. 605).
Un contemporain de ces artistes, Antoine Wiertz (Dînant 1806- Bruxelles 1865), s'avisa de les surpasser et se lança dans une autre voie : il traitait les actions d'éclat sur le mode héroïque, et de plus il intéressait profondément son art aux problèmes sociaux dont se préoccupait déjà son époque. Dès son apparition, la masse le salua comme un génie, et lui-même n'entretenait pas une moindre idée de son importance. Il débuta par des motifs homériques,
tels que Patrocle (fig. 606), composés dans le style de Rubens. Par la suite, il s'égara dans toutes sortes d'élucubrations philosophiques, élaboréesdansune laborieuse subtilité ; aussi sa renommée de jadis ne tarda-t-elle pas à tourner en une réputation d'excentricité et de charlatanisme.
Après ce formidable déchaînement de passion épique et même au plus fort de cette débauche de grand art, la vieille cordialité flamande éprouva le besoin de s'épancher, et d'aventure quelque arrière-neveu des anciens petits maîtres se hasardait à traiter des saynètes de la
Fin. 6io. — Alfred Stevens.
Tors LES BONHEURS.
(Musée de Bruxelles.) (Cliché llenium^.)
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Tu;, ôri. — A IF. Stevkns.
Oésespkrke.
(Miisi^c d'Anvers.) (Cliclic llermaiis }
ri.ANhni:
vie familicrcr. lerdinarMi àt Bra<lcc- \vcx (Anvers. 1792-1883) »'ctail attaqur. lui aussi, dans sa )runcs&4', à des rnac'.incs fnstoriqurs ; mais il se sentit de plus en [ilus s<j|licitc' par les tableaux savoureux et divertissants de ses s^juvenirs decolier ou de u)\\ enfance au foyer paternel. Celte partie de son œuvre connut une époque de très grande vogue, quoique la vie y soit aussi factice, fxjursouflée et incolore que dans ses tableaux de sujets ambitieux. Bien au-dessus de lui et même au-dessus de tous les peintres de genre de son temps s'élève Jean-Baptiste Madou (Bruxelles. 17%- 1877). Il dépense un esprit endiablé dans de piquantes anecdotes et, ce qui vaut mieux encore, cette verve savoureuse est l^assée dans sa peinture (ftg. 607). Par la suite, nos peintres affinèrent de plus en plus leur manière a la façon des petits mallres hollandais : mais le dessin de leurs figures se fit de plus en plus mince, tandis que leur peinture le disputait en poli à l'émail et a la porcelaine. Ainsi ^Joseph Dyckmans (Lierre 1811-Anvers 1888), dont ï Aveugle (Musée d'Anvers ; South Kensington de Londres) (fig. 608) est un des plus célèbres spécimens de cet art fignolé qui transpose d'une manière fâcheuse en peinture les procédés des miniaturistes. D'autres se sentirent attirés par l'élégance et le modernisme de Pans et - —
allèrent se fixer dans la cité universelle par excellence. Ils s'y firent les interprètes de tous les raffinements de la vie cosmopolite. Ainsi Jean Van Beers (Anvers, 1852) (fig.
609) et Alfred Stevens (Bruxelles 1823 -Paris 1 906) qui fut sans conteste le plus grand de ces vir-
FlG. 6l2. J. StaLLAERT. — DiDON MOURANTE.
(Bruxelles. Musée.) (Cliché Hermjns.j
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FiG. 613. — IIknhi Leys. — .Margikkitk DE Parme rkmet aix magistrais
LES CLEFS I)K LA VILLE d'AnVERS.
(Musée de linixellcs.) (Cliché Heniiaiis.)