RETABLES
FiG. 58. — Liège. — Fonts baptismaux
(Éf(lisc de Saiiit-liartliclcmy.)
(Cliché llermans.)
XVI" siècle, il y en a une profusion qui se distinguent par la richesse et le fini de leur travail. Puis cet art disparaît.
En ge'néral, ces retables en bois consistent en triptyques dont le panneau du milieu est plus élevé que les deux volets. Chacun de ces panneaux se subdivise encore en divers compartiments, qui encadrent de petites scènes.
Les personnages sont groupés dans des hauts-reliefs, taillés dans le bois et encadrés de motifs architectoniques de style ogival. Chaque groupe paraît taillé dans un
seul bloc ; en réahté, les figures sont sculptées et rapportées. Dans les plus anciens de ces triptyques, le travail de l'encadrement est très compliqué, mais le dessin en est régulier ; plus tard, ce travail dégénère de plus en plus dans les cr.prices du gothique fleuri. Les plus anciens et les plus célèbres jont les deux retables commandés
en 1 390 à Jacob de Baerse de Termonde par le duc de Bourgogne Philippe le Hardi pour la Chartreuse de Champmol, près de Dijon, et qui se trouvent au musée de cette ville.
Le panneau du milieu de l'un comporte trois sujets : le Calvaire, V Adoration des Mages et la Mise au Tombeau ; chacun des volets présente cinq figures de saints. L'autre tnptyque montre au milieu la Décollation de Saint Jean-Baptiste, un Martyre et la Tentation de Saint Antoine et dans chaque volet également cinq figures de saints. Les personnages sont de proportions un peu lourdes, d'allure un peu gauche et comme perdus dans les plis multiples de leurs robes. Du XIV siècle aussi est
FiG. 5q. — flAI..
Fonts baptis.maix.
(Cliché Rousseau.)
/ 1. wniii.
Fio 60. — Didier
I) HotFKAl.IZK.
\/i(s«.V liruxelles.
!♦• rttalilr de I lakendovcr (fig. 67). actuellcmcnl au Mumtc <jcf Antiquitét à Bruxrllcf, < insistant en treize groupes reUtant l'édificaiion de rcgli»c du village. L'encadrement Kodiujue avec se» niches et ses baldarjuinsest d une opulence extraordinaire. Ln dcpit de leurs formes peu affinées, les figurine» sont vivantes, cnveloppc'es de robes amples, mais drapées avec goût. Flutieurs autres imporlanls retables du X\" siècle nous ont été' cr^nservës : d'abord celui d'Audcrghcm, remontant au milieu de ce siècle ; celui de l'église Saint- Mai tin de Fongres, exécuté en 1481 à Anvers : celui de Pailhe et cclu; de Hulsthout ; enfin celui de l'église Saint- Léonard, a Léau.
par .Arnold \ an Diest.
Beaucoup de retables de la première moitié du X\' siècle ne sont que des produits de 1 art industriel, mais, aux dernières années du XV* et à la première moitié du X\'l'^ siècle, le style devient de plus en plus libre et gracieux. Les encadrements sont toujours dans le style gothique fleuri : les figures montrent toujours la même élégance empruntée ; pourtant, de loin en loin, une personnalité se manifeste comme un véritable artiste dans des œuvres originales. Ainsi Passchier Borremans, auteur du retable de Notre-Dame de Lombeek, et Jean Borremans. le meilleur sculpteur de retables que nous connaissions. Il exécuta en 1493 celui de Xotre- Dame-hors-la- Ville de Louvain. qui se trouve à présent au Musée de Bruxelles. Cette œuvre admirable comprend sept compéirtiments : au milieu, Saint Georges suspendu par les pieds au-dessus d'un brasier (fîg. 66) et un autre mart\Te dans chacun des autres panneaux. Les figures se distinguent autant par la correction de leurs formes que par leur expression dramatique (fîg. 65). Dans le même
Fig. 61. — Monument
DE Jean de Croxoy.
Musée du Louwre
iChcne Hachette.)