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AU BORD DU FLEUVE

(Musée de nruxelles.f (Cliehé Ilermans }

chatoiements de la lumière viennent s'apaiser et s ëteindre. Et cette peinture magistrale prête parfois comme une vie tragique à ces toutous. Certes ils se résignent à leur sort, mais combien leur destin est morne et pitoyable comparé à celui des ruminants de Verwée.

Jean Stobbaerts (Anvers, 1838) (fig. 636), en peignant les vaches, leur donne une peau barbouillée de crasse et de boue, dans le clairobscur de l'étable aux litières converties en fumier, et il dégage des tons précieux de cette lumière qui agonise dans une atmosphère de bourbier.

En Belgique, comme partout, notre époque fut l'âge d'or du paysage. Sauf quelques maîtres, comme le vieux Breughel et Rubens, le paysage n'avait pas été pratiqué par des artistes supérieurs. Au début du XIX' naquit et se développa en France et en Angleterre le paysage, s adressant autant à notre cœur qu'à nos yeux, un genre de peinture interprétant l'impression produite par les aspects de la

nature. Désormais, on nous dira l'âme du paysage. Avant d'énumérer nos paysagistes les plus remarquables, mentionnons nos deux plus célèbres marinistcs Clays (Bruges 1819-Bruxelles 1899), qui se distingue par le mouvement houleux de ses vagues (fîg.

637) et la chaude tonalité de ses ciels et Louis Artan (La Hâve 1837-Nieuport 1896).

qui rend magistralement

Fig. 635. — Joseph Stevens. — Marché

DE chiens a Paris.

(Musée de liruxelles.) (Cliché llernuits.)

/ 1 AsinnE

FiG. 636. — J. Stobbaerts. — Le bétail

QLITTANT LÉTABI.E.

(Musûe de liruxelles.) (Cliché llermans.)

la pcK^sic de Wxiéàu.

lourmois (Preslct

181 4- Bruxelles 1871) ouvre la lorijçuc Mrric cJcb vrais [paysagistes ; il f>eint en admirateur de Hoblxma. mais en admirateur et en observateur jJus fervent encore de la nature : colons robuste, avec une prédilection pour les paysages richement étoffés et les radieux effets de lumière. François Lamonnière (Anvers. 1828- 1911), fut l'interprète le plus scrupuleux de l'aspect extérieur du paysage; on dirait d un œil lucide au service d'une âme ardente, détaillant jusqu'aux moindres parcelles de l'écorce et des bnndilles d'un arbre, au service d'un poète qui s'enthousiasme ou s'attendrit aux spectacles riants ou mélancoliques que lui offre sa bruyère préférée (fig. 638). Edmond De Schampheleer (Bruxelles. 1824-1899) s'abandonne a la joie qui s'exhale de la campagne (fig. 639) ; Alfred de Knyfï (Bruges 181 9- Pans 1886), de facture plus sobre, affectionne les vastes espaces et la plaine infinie (fig. 640). Moins retenus et moins simples d'impression, comme aussi de mise en œuvre, sont Joseph Coosemans (Bruxelles, 1828-1904) et Mane Collart (Bruxelles, 1852). Ils peignent la nature péU" des temps chauds, vaguement orageux, qui ménagent des effets de lumière veloutée. Un peintre de race, décédé prématurément, fut HippoKle Bou-

lenger (Tournai 1837- Bnixelles 1874) (fig.

641). Un charme tout particulier se dégage de son œu\Te. 11 est toujours ensoleillé, toujours éblouissant ; soit que dans sa Vue de Dinantil dresse la haute Fig. Ô3-. - Cl.^ts. - La côte d Ostende. montagne comme un

(Musée de Bruxelles.) (Cliché Herm ans.) bloc de granit aU bord

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