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PAYSAGISTES MODERNES

FiG. 638. — LAMORiNiÈnE. — Etang a Putte. (Musée de lirttxelles.) (Cliché Ilermans.)

du fleuve d'argent fondu et répande les maisons et les prairies comme autant de rubis et d'emeraudes le long des rives ; soit qu'il darde les rayons d'or du soleil entre les nue'es et les arbres grêles courbés vers le sol.

A Anvers se développa une école de peintres voués aux tons clairs, inaugurée par Jacques Rosseels (1828) et comptant entre autres adhérents : Florent Crabeels (1835-1896), Isidore Meyers (1836), Adrien Heymans (1839). Le dernier surtout s'imposa. Il nous faudrait encore nous arrêter à plus d'un paysagiste de marque ; mais ils sont légion. Bornons-nous à citer Henri Van der Hecht (Bruxelles, 1841-1891), Alphonse Asselberghs (Bruxelles, 1839), et le plus jeune et l'un des plus puissants d'entre eux, Victor Gilsoul (Bruxelles. 1867).

D'autres peintres mettent en scène le paysan et son bétail. Théodore Verstraete (Gand 1 85 1 -Anvers 1 907) est le chantre de la vie agreste telle qu'il la remarqua dans le polder, dans la bruyère et sur l'estran ; il avait frayé avec les humbles ; il était initié à leurs mœurs ; il participait à leurs tristesses et à leurs joies et savait nous les communiquer par son art naïf et d'une émotion contagieuse (tîg. 642). Emile Claus (Vive-Saint-Lloi, 1849) ne nous raconte ni le paysan fruste et borné, ni la bruyère aride, mais bien les féeries de la lumière dans la campagne des Flandres arrosées par la Lys, aux rives verdoyantes où les vaches au pelage bigarré paissent l'herbe humide des prairies ou se plongent dans le courant

de la rivière (fig. 646). De

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ondées de soleil. Frans Courlens (Termondc, 1854) est le peintre ptir excellence des futaicf luxuriantes et des prestiges du soleil (fig. 645).

Il intitule lune de ses toiles la Pluie d Or en songeant a la chute des feuilles jaunies de l'automne ; mais elle mentait mieux d être appele'e ainsi a cause des rayons de soleil filtrant a travers les épaisses frondaisons de la clairière. Il nous montre aussi les paysans longeant le sentier à la sortie de l'église (fig. 644), un de ses plus anciens chefs-d œuvre, et il interprète de multiples sujets toujours pittoresques avec la même virtuosité et le même lyrisme. A ses côtés se rangent Hendrik Luyten (Ruremor.de, 1859), évocateur des ouvners en révolte ou résignés dans leur paisible intérieur familial (fig. 643); Frans X'^an Leemputten (Werchter, 1850), qui a épié nos villageois a. l'ombre de leur clocher ou au retour de leurs travaux quotidiens et qui nous a dit en une peinture aimable et claire la simplicité de leurs mœurs et le pittoresque de leurs costumes (fig. 647).

Le réalisme de Courbet rencontra quelques adhérents chez nous. Le plus remarquable fut Charles De Groux (Commines 1825-

Bruxelles 1870). Bien qu'apparenté au grand maître français, il eut son style et sa \ision propres, et il fut un créateur dans toute l'acception du terme. Il pnt ces sujets dans la vie des humbles ; il retrace la détresse et les souffrances des misérables, la résignation des petis t;.,^ r V, A- i^ avec des accents vraiment

Fig. 641. — BOULENGER. — \ LE DE DlNANT. ^ .

f M usée de Bruxelles. f (Cliché Hermans.) pathétiques; SUf sa pa-

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