INFLUENCE DU RÉALISME DE COURBET
lette il trouve les tons appropriés à leurs guenilles, et il leur prêle on ne sait quel poignant prestige auquel s'ajoute un éclairage bien fait pour en accentuer encore l'émotion (fig.
648). Un autre grand réaliste, Alexandre Struys (La Haye. 1852) semble le commensal des foyers indigents que hantent les soucis et les privations,
FlO. Ô43. — LUYTEN. — RAvERIt, (Mu&iie de Litige.) (Cliché l.évy.)
lites gens, mais lui aussi s'entend à dégager la poésie et le pittoresque du paysan attaché à la glèbe, du tisserand rivé à son métier et des enfants qui errent sur le pavé de la grande ville.
A l'apparition de ses premières œuvres, public et critiques s'effarouchèrent ; cette intrusion de va-nu-pieds et
l'iG. O42. — J. TiiKO». \krstraeii:. — I..\ visite
DE LA MAISON DU DEl^lL.
(Musée dWnvers.) (Cliché ïlermans.)
aussi misérablement aérés qu'éclairés. La lumière avare caresse les figures souffreteuses et le pauvre mobilier ; ou si le soleil pénètre plus franchement par la porte ou la fenêtre du taudis, toute cette laideur est transformée en un foyer de couleurs radieuses et vibrantes (fig.
649). Léon Frédéric (Bruxelles, 1856) est encore un interprète des pe-
FlG. Ô44. — FraNS (.Loi-RTENS. — KETOI'R DE 1/OFFICE.
(Musée de liruxelles.) (Cliché nermans )
I LANonr.
FlO. 643. — i-RANS C>Ot-RTCKS.
Rayons uk !>olf.ii..
(Musée de liruxelleM.) (Cliché Hermant.)
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à I intime sentiment de vente du peintre et on adrnirc sa [)alette SI personnelle, ses tons si nouveaux, parfois un peu acres.
Ses Marchands Je Craie (fig.
650) participent de l'cpopee po|)ulaire ; le coloris en est aussi noble que la forme grandiose.
Eugène Laermans (Bruxelles, 1864) sonde peut-être plus profondement la misère et laffliction humaines. Ses modèles sont mvanablement des êtres gauches et mal venus, déforme's et voûtés par la corvée, qu il fait vaguer et se traîner par les grand'routes ; il les découpe en de larges et éclatantes taches de couleur, comme Pierre Breughel le faisait pour ses aveugles. Avant de sculpter les ouvriers du Pays
Noir", Constantin Meunier avait commencé par les peindre en des tons sombres. Gand vit se produire, en ces dernières années, un groupe original de peintres qui surent nous montrer les maisons et les canaux avec leur population topique : les masures, les quais, les eaux, les êtres, tout y donne une impression de délabrement, de vétusté, de misère et de stagnation, mais parée et transformée par la magie de l'art. A la tête de ce groupe, se placent Albert: Baertsoen (1866), puis Georges Buvsse (1864) et Ferdinand W'iilaert (1861).
En face de ces peintres de l'humanité souffrante et des demeures humbles et délabrées, voici maintenant les peintres de plein air, de la lumière, de
Fig. Ô4Ô. — Emile Claus.
Le vieux jardinier.
(Liège, Musée des Beaux-Arts.)
(Cliché Lévy.)