LA COULEUR CHEZ LES VAN EYCK
l'iG. 142. — Petrus Curistus.
Portrait d'homme.
(Collection Slaltin^, Londres.)
(Cliché liruckmann, Munich.)
les personnages et les ont représentés tels qu'ils les ont vus. Les anges et des bienheureux sont des êtres terrestres aux allures et aux physionomie bien ir.dividuelles ; Adam est un jeune et robuste homme de structure irréprochable, évidemment peint d'après nature ; le nu d'Eve est moins étudié dans ses détails, mais joost Vydt et sa femme sont par contre des portraits qui sont la vérité même. Un esprit plus noble et plus puissant était venu animer l'art; la facture était plus vigoureuse et plus parfaite, et néanmoins la parenté restait étroite entre la miniature et la peinture sur panneaux. La miniature avait rehaussé et illustré les textes sacrés ou profanes; la peinture sur panneaux magnifia les mystères de la religion et les gestes qu'il importait de mettre sous les yeux et d'évoquer à l'esprit des fidèles. Les Van Eyck furent de puissants novateurs. Les trouvailles de leur génie et la perfection de leur métier sont inexplicables. Leur coloris a des douceurs caressantes et une vigueur extraordinaire ; ils savent rapprocher les tons les plus éclatants sans préjudice de la plus prestigieuse harmonie. Cinq siècles après avoir été appliquée, leur peinture conserve encore l'éclat des premiers jours. Il est certain que la préparation de cette couleur contribua pour beaucoup à en assurer l'impérissable beauté.
Autrefois on alla même jusqu'à attribuer au seul procédé matériel le secret de la prodi-
KiG. 143. — Petrus (^iiristis.
La Lt«.KM)K DK Sainte (joukukrte.
(Amérique.) (i^liche Itnickmann, Munich.)
FiG. 14^. — Pétris Christus.
L'Annonciation.
(Musc'e de Iterlin ) (Cliché l'hot. Getelltichaft )
f I » SbfiE
Riruic rimilriM: cici \ ûj» i-^ytk.
Jean Van Kyck aurait cirr linvcnlcur de la pcinlurc a l'huile et par là. autar.t cLre. I I invcnirur de ccl art n:cfne.
■„ ^^^^^^^^UéT B ^^H ^^*»*^'i. i liutoricn de l'art ilal^flr J^^H^BHMB ^^1 ayant prf>claine Jean de
Bruges l'inventeur de la cou- Kur à riiuile. durant de» siècles celle opinion fut un article de foi : mais de* documents établissent que l'on peignit a riiuile bien avant l'an 1410.
Le moine Euraclius enseigne dès le x' siècle l'utilité de mêler de 1 huile aux couleurs.
Les Van Eyclc n'eurent sans doute qu'à perfectionner le
mélange. Ils prouvèrent en outre par un chef-d'œuvre la supériorité
du procédé nouveau.
Quand nous parlerons encore de l'œuvre des V^'an Eyck. ce ne
sera plus que de celle de Jean. En dehors de sa participation à
/ Adoration de l' Agneau, son œuvre la plus importante est la Madone du Chanoine l'an der Paele (fig. 1 39). qui lut peinte pour le méiitreautel de la cathédrale à Bruges : elle se trouve actuellement au Musée de la même ville. Georges \'an der Paele, chanoine de Saint-Donatien, commanda en 1434 ce tableau, qui fut achevé en 1436. Il représente la \ ierge avec l'Enfant entre Saint Donatien l'évêque et Saint Geor- ^ . , , ges. avec le donateur ase-
FiG. 14.-). — Petrus Christls. h - - 1 1 1 \ '•
La naissance dv Christ. nouille a droite de la \ lerge.
(Mitscc de Berlin.) (Cliché l'iwi. Gcsciischaft.) Le visagc de Marie exprime