‹ FlandreChapitre 37 sur 173 · THIERRY BOUTS · texte numérisé non relu

THIERRY BOUTS

prédilection pour les sujets dramatiques. Mais, chez Van der Weyden, lémotion est plus profonde, tandis que chez Bouts les personnages gardent des dehors calmes et imperturbables ; chez lui les lignes sont rigides, les attitudes figées ; chez tous deux le coloris est vif et clair, plus harmonieux chez le premier, plus opulent et plus brillant chez le second.

Le meilleur des tableaux encore existants de Bouts est la Cène (fig. 171) de Louvain. Nos artistes du Moyen Age avaient coutume de suivre, pour les sujets empruntés à l'Histoire Sainte, la mise en scène des représentations des Mystères. Thierry Bouts plaça le Sauveur et les Apôtres comme il les avait vus assis aux spectacles donnés par les Rhétoriciens. Le Christ, occupant le milieu de la table, face aux spectateurs, tient dans la main gauche l'Hostie qu'il bénit de la main droite. Il regarde devant lui, sans émotion et comme étranger à ce qui l'entoure ; les apôtres sont des personnages placides et pensifs, sans expression, à part Judas, dont la physionomie respire la félonie. Cette assemblée de Saints est celle de rêveurs mystiques plutôt que de prédicateurs militants dont la doctrine va bouleverser le monde. Leur attitude manque d'aisance, mais l'exécution est d'une habileté remarquable.

Les chairs sont claires jusqu'à la transparence ; les cheveux ont été peints poil par poil ; les pieds et

les mains ont une maigreur ascé- f"'G- '^- — Memlinc.

t.V,..^ . 1 „ A. il] « Le Jlgement Dernier.

tique les vêtements et la nappe , , . ,-. ,. ^. . ,

retombent en plis anguleux, mais en (ciLhé nhot. Geseiischaft. ucrUn.}

Fig. i88. — llroo Van her (ioes.

Portraits

de Donateurs.

(Bruges, Kfflise

Saint-Sauveur.)

(Clichà lirucktuann,

Munich.)

iLAShnr.

tiHiuiiM iiit (1rs otiiLrrs vc'Ioutcriï ; \c colorit ft\ cclatûfit ; |r niuv.f JUX tons varies y doriurx-. ( est en somme un clicl-d (ruvrr de méUer ex«^u»» cl de vente ennoblie. Le« volet», dont deux %c trouvent à Berlin, d< ux h Munich, sont dignes du panneau central. La Pâquc juive (fig. 1 72) 8 en rapproclie le plus. Une famille israe'lile de tix f>*-r»'innet ie lient debout autour d une table pour commémorer la »oj1ie d l'^^'pte. Les hommes barbus aux visages rêveur», le ton clair et discret du dallage, la blanc heur chatoyante de la naf)i>e, la couleur franche de» per»onnai^es traiicliant sur le ff)nd neutre. [)resentenl les même» caractéri»iKlues cjuc/a Ccnc. Le Prophète l'Jic (hj?. I 73). comme lepreccdent au Muse'e de Bcrhn, est aussi remarquable. Le prophète dorl , sur le sol : il porte un manteau vert par-dessu» une tunique, verte aussi ; l'ange qui le re'veille se drape dans une robe blar.che à reflet bleu ; lamère-plan consiste en un paysage rocheux au lointain verdoyant. Ici encore les couleurs Mves jouant 1 email sont superbes. Les deux autres volets, la Rencontre d'Abraham et Je MelchiséJech (fig. 174) et les Israélitesrécoltant la Manne (hg. 175), tous deux a Mumch, re'unissent les mêmes personnciges recueillis jusqu'à latorpeuretchezqui la vie semble s'être concentrée dans la nchesse de couleur de leurs costumes. Le Martyre de Saint Erasme (hg. 1 77) est un drame atroce s'il en fut ; le mcirt^T est allonge' tout nu sur son lit de torture, les reins seulement ceints d'un linge blanc ; par une étroite incision pratiquée dans le ventre, les intestins sont dévidés comme la laine d'un écheveau ou la soie d'un cocon. Deux bourreaux se livrent à cette horrible opération. Demère ce groupe se tient un haut dignitaire vêtu d'une toge nchement brodée et coifîé d'un bonnet de fourrure. A coté de lui. deux juges et un valet. Au fond, un cirque de collines. Ici encore les acteurs sont déconcertants

Fig. 190. — Memlinc — Le Mariage mvsiiqie

DE Sainte Catherine.

(Ilôpilal Saint-Jean, Bruges.)

(Cliché Ilanfstaengl.)

FiG. IQI. — Memi.inc. — La Madone.

(liriigcs.) (Clichû llachelle.)

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