THIERRY BOUTS ET SES PEINTURES HISTORIQUES
par leur attitude imperturbable : les juges contemplent, calmes et rigides, la scène du supplice. La torture ne contracte même pas jusqu'à un soupçon de grimace le visage simplement de'sole' du patient. Les bourreaux sont plus impressionnés que lui.
Dans l'ensemble, la tonalité du tableau est plus froide que celle de la Ccnc, et il y manque aussi le jeu des clairs et des ombres.
Les deux grandes compositions que le Musée de Bruxelles possède de Thierry Bouts, FInjusiice Je l'Empereur Othon (fig. I 76) et la Réhabilitation (fig. 1 78) sont les plus importantes peintures historiques que nous a laissées la vieille école flamande. Les personnages se distinguent par leurs corps et leurs visages allongés ; la plupart portent un haut bonnet tout uni et sans bord qui les fait paraître encore plus minces et plus élancés. Une fois de plus, tous les personnages semblent du même rang et de la même condition ; le bourreau en pourpoint jaune et en maillot bleu est rond et lisse, sans accident de rehef ni plis à ses vêtements. Il est aussi impassible que
la femme qui tient la tête du supplicié. Néanmoins ces tableaux ont de grands mérites. Certaines têtes sont d une exécution merveilleuse. Les arrière-plans sont traités aussi soigneusement que ceux des miniatures. Le peintre a voulu représenter un fait historique, et il s est acquitté de sa tâche avec le scrupule d'un chroniqueur.
La femme de l'empereur s'éprit d'amour coupable pour un seigneur de
Fig. 192 — Mkmi.inc— L'Ai^oraiion des.Mageî
(lirufrcs, Hôpitiil Saittt-Jcan.J
(Cliché Hruckmaini.)
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Fio. 193. — MEMListc. — Saints
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la (our : après avoir vainrmrnt Icnlë
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double sujet traite dans le pr<-mier
tableau. Le second nous montrela veuve du supplicie- tenant la tête
de son mari et aiçenouillee devant
1 empereur pour lui re'clamer vengeance, iîlle subit victorieusement
I e'preuve du fer rouge, et Olhon lui
donne gain de cause en faisant brûler
I impératrice coupable.
Le C hrist dans la maison du
Pharisien Simon, appartenant au
Muse'e de Berlin (tig. 179). compte
aussi parmi les principaux tableaux
de Thierr>' Bouts. Le Sauveur attable' avec deux disciples rappelle
celui de la Cène; a gauche est agenouille' le donateur, un Carme;
à aroite, la Madeleine verse sur les pieds du Chnst des aromates.
Les attitudes sont un peu gourme'es. comme toujours, chez Bouts, mais la peinture en elle-même est admirable. Lne œuvre précieuse est encore la Madone entre Saint Pierre et Saint Paul appartenant à la National Galler>- de Londres, où la \ lerge pose la main sur un li\Te que Saint Pierre tient ouvert et où Saint Paul pre'sente une fleur au Di\in Enfant.
On attnbue généralement à
Bouts /c Martyre de Saint Hip-
polyte (hg. 180). qui se trouve a
1 église Saint-Sauveur, a Bruges. Si
FiG. 104. - Memlinc. - Sainte cette œu\Te n'est pas de lui. elle est
Urslle reçue par le Pape. certainement due à un de ses disci-
(Chdsse de Sainte Ursule.) 1 i.»i. * ^ Cl..
(Bruges. Hôpital Saint-jean.) P f ^^ peut-etre même a son fils, tant
(Cliché Hermans. Anvers.) elle rappelle la manière du maitre.