GERARD DAVID CLOT L'ECOLE DE BRUGES
dence dont l'art recevait le contre-coup. Comme nombre de ses pre'dëcesseurs, David était ver.u de l'autre rive de l'Escaut, de Oudewater, où il était né vers 1460. En 1483, nous le trouvons dans sa nouvelle résidence ; la gilde de Saint- Luc le reçoit comme maître en 1 484 ; il meurt en I 523. De son vivant, il fut le peintre le plus renommé et le plus recherché, mais sa gloire s'éteignit au cours des siècles, à tel pointqu'il y aune cinquantaine d'années aucune œuvre ne lui était plus attribuée et qu'on n'a retrouvé sa trace et reconnu ses peintures que grâce à des découvertes faites dans les archives. Nous savons maintenant que le magistrat de Bruges lui commanda pour la décoration de la chambre de justice de l'hôtel de ville deux grandes compositions représentant des exemples fameux de l'équitable justice, conservées au Musée de Bruges. La première nous raconte comment Cambyse, roi de Perse, fit arrêter Sisamnes, un juge prévaricateur (fig. 2 1 0) ; la seconde, comment il le fit écorcher vif pour qu'on recouvre de sa peau le fauteuil sur lequel le fils, successeur de son père, était appelé à siéger (fig. 211). Cet art calme et paisible s'ingénie a représenter les personnages dans des attitudes dignes et réservées plutôt qu'avec des gestes agités et en des actions impétueuses. Les courtisans se tiennent rangés derrière le roi qui accuse le coupable et derrière les bourreaux qui écorchent le condamné. L'angoisse qui contracte les sourcils du mauvais juge
Fig. 220. — Jean Prkvost.
Donateur et son saint Patron.
(Musée de liruffes.) (Cliché Daled )
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FiG. 231. — Jea» PiiÉro&T.
Femme dv Dokaiel'h.
Mhux de îtrugnj (CtUht haUd /
rcfvèlc seule le drame ()uî va »c jouer . !<• ^u|)pllcic grimace pluA<{u'il ne Miufirc. les Injurrcaux » applujuenl pro(>remcnt et mellio(ii(|uemef»t a leur atrtKe lx:«ogne comme d<-» tliirurgiens prudents.
Inexécution dar.s cette œuvre parait infeneurc à celle des maîtres antérieurs ; la netteté des traits, l'e'clat du coloris ont diminue ; mais le [)eintre n'a FM-n perdu des riches colorations de 1- laiidre ; les teintes sont oi)ulente8 et veloutées, la facture délicate. L/ornementation de 1 arcliitecture trahit 1 avènement du goût italien dans l'art flamand, car de petits amours tenant des guirlandes de fleurs décorent l'une des parois. L'un des tableaux porte la date 1498.
Vers 1501. Gérard David peignit un Mariage de Sainte Catherine pour Richard de \ isch-\^an der Capellen. qui en fit don a l'église de Saint-Donatien, à Bruges (hg. 212). Ce tableau se trouve aujourd hui à la National Gallcr>' de Londres. A gauche,
s'agenouillent Sainte Catherine et le donateur : à droite, sont assises Sainte Barbe et Sainte Mane-Madeleine. L influence de Memlinc est ici manifeste.
La \ lerge en extase, les bijoux délicatement traités, les nches costumes, les magnifiques édifices a l'amère-plan n'ont pas changé ; mcus la vie réelle, l'existence maténelle ont repris leurs droits ; le Mséige du chanoine est bien en chau" ; les Saintes Femmes, par leur teint flonssant, étalent 1 éclat de leur santé ; ces habitants du ael n'ont pas re-
FlG. 222. — AmBROISE BeNSOX. . , • i i
Deipara Virgo. "0"ce ^^^ t)iens de la terre.
(Musée dWnvers.) (Cliché G. Ilermans.) En I 50 1 . Gérard David peî-