‹ FlandreChapitre 5 sur 173 · ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE

FiG. 8. — Tournai. — Porte

Mantile. (Cl. Rousseau.)

la construction en 965, mais il ne fut probablement achevé qu'au XI siècle. Le monument dans son ensemble est un exemplaire remarquable de l'art roman par la pureté', la majesté, la régularité de ses dispositions et de son style.

Notre-Dame de Tournai (fig, 4) contient des parties romanes qui remontent au XI' siècle. Le chœur, de style gothique, ne fut construit qu'au XIII' siècle. Le portail principal, qui masque la façade primitive, date du XIV'. Le vaisseau de l'église, sa partie la plus ancienne, appartient au style roman et se divise en trois nefs. Le triforium est composé d'arcades en plein cintre. Les transepts sont de style très différent, plus léger et plus fantaisiste. Là surtout l'architecte a su charmer sans porter atteinte à l'impression solennelle que doit produire le saint lieu. Des colonnes hautes ou basses, massives ou légères, des arcs tour à tour surhaussés et surbaissés alternent

avec des architraves rectilignes. L'architecte a multiplié et combiné tous ces éléments de manière à produire le plus harmonieux des ensembles.

L'église possède cinq tours, qui montrent des fenêtres où le plein cintre subsiste encore à côté de l'arc brisé (fig. 5). Liège possède plusieurs églises construites à l'origine en style roman, mais qui subirent de telles transformations dans le cours des temps qu'elles n'ont presque plus rien conservé de la construction primitive. La partie la plus importante de ces vestiges romans consiste en l'un des deux chœurs et en la tour de l'église Sainte-Croix

(fig. 6).

Fig. g. — Bastogne. — Fonts

BAPTISMAUX. (Cl. itOUSSiilU.)

FiG. lo. — l.KITKK L.

(livanfjik ) ilUbliothcquc Knyale

de nrnxcllcs, tHAH3.t

(C.lichC i\in Ihiiumc }

11 r/a fMU fubtUté d'abbaye rornanc. Nou» avoni K^rclé ictt- Icrncnt fjuciquct partict de cloître» : 'a Saint -Ba von de (>and.

a Nivelle» et a Tongrc* (fig. 7).

O dernier c»l le mieux conicrvé.

L-r plut rennarquablc dct édifice» civil» subsistant» est le < hâtcau des Comte» de Gand (fig. I ).

fjui date de I 180 et que l'on restaure depuis des années. La porte d'entrée, flanquée de deux massives tours octogonales, donne accès sur une esplanade oii se dresse le formidable donjon. Audessus de cette porte, les fausses fenêtres et les tnples arcades qui soutiennent les faites des tours forment un puissant ensemble de

lignes sévères. Parmi les rares maisons de cette époque qui ont

survécu aux destructions des hommes et du temps, il faut citer la maison de 1 étape " à Gand, avec sa large façade unie, dont les

deux étages inférieurs ont des fenêtres cintrées divisées en deux par

une colonnette. Le pignon est bordé de gradins. A Tournai, il

existe encore deux maisons romanes.

d'ailleurs fort endommagées.

Durant la période qui s écoula

entre la chute de 1 Empire romain

et les invasions des Normands, les

églises lurent ornées de peintures et

de sculptures dont malheureusement

rien n'a été conservé : les pirates

Scandinaves ont tout détruit. Au

commencement du X siècle, les

cirts se reprirent à \i\Te, et tout de

suite apparurent des œu\Tes de

sculpture. Vers cette époque on

construisit dans l'abbaye de Liessies,

située dans l'ancien comté de Hai-

naut. un mausolée représentant un

FiG. II. — Lettre E.

(Saint Augustin.)

iBiblioth. Royale de Bruxelles, 21843 J

(Cliché pan Itamme)

MINIATURES

sarcophage sur lequel un gisant est étendu. Les porches des églises s'encadrent de bas-reliefs figurant des scènes de la Bible. L'un d'entre eux, très bien conservé et datant du XI" siècle, se trouve dans TégliseSainte-Gertrude de Nivelles ; on y voit des épisodes de la vie de Samson oîi les figures sont encore d'un art rudimentaire, mais dont l'ornementation romane est admirable.

Un des portails de la cathédrale de Tournai, appelé la Porte Mantile (fig. 8), quelques débris sculptés ^ de

Fig. 12. — Lettre M.

(Itinerariim SancH Pétri.)

(Anuers, musée Plantin-Moretus.)

((Uiché Ilermans)

Fig. i3. — Lettre E.

(Vulgate) (Séminaire de Liège.)

((Uiché ,J>inssens )

l'ab-

baye Saint-BavonàGandetles Fonts baptismaux de Bastogne (fig. 9), œuvres naïves et frustes, prouvent que la sculpture est née spontanément sur notre sol et a servi de bonne heure à la décoration des églises romanes.

Mais les plus anciennes œuvres d art conservées sont les miniatures ou enluminures illustrant les manuscrits. I 1

Cet art

nous vient de l'étran-

ger. Son histoire est 1 introduction indispensable à celle de la peinture sur panneaux. Sans cet apprentissage plusieurs fois séculaire, nos peintres les plus anciens, nos admirables primitifs seraient inexplicables. C'est seulement en suivant les progrès graduels de l'enluminure que l'on s'initiera a la lente éclosion et à la croissance régulière de la peinture.

Fig. 14. — Lettre B.

(liible.) (Liège, l'niivrsité, l)

(<'.lichv.laiissens.)

/ LASD/il

Fio. i5. — Saint Mathieu.

(Èvcingilc de Maeseyck.f

i/art de U minialurc. antérieur au ChriAltanitmc. fut utilué par la rclit(ion nouvelle : il te propagea (l'Orient en Occident par le» Uvrc»

Saint» qu'avaient enlumine» le» moines byzantin». Nou» ne conniu»son»

point dan» se» détail» l'hiktoiie de a-Wr émigration, mai» elle fut. »an»

doute, l'oeuvre de» moine» qui enncKircnt les bibliothèque» de leur»

abbayes de» trésor» rapporté» de leur»

pèlerinages. La Grande-Bretagne et l'Irlande semblent surtout avoir accueilli et prop2U?é cet art d Onent.

Des religieux passaient de ces ile»

sur le continent pour y fonder de»

abbayes dans lesquelles ils introduisaient l'art de la miniature. De bonne heure, de puissantes abbayes avaient été fondées dans nos contrées. Celle de Saint- Martin a Tournai au \ I siècle, celle de Saint- Amand près de Tournai en 638, celle de Saint-Bertin à Saint-Omer en 654, Stavelot en 635. Lobbes dans le pays de Liège en 638, Seunt-

Trond vers 690. Saint- Pierre

et Saint- Bavon à Gand sous Charlemagne. En 670, Sainte- Gertrude de Nivelles fit venir nombre de précieux manuscrits de Rome, de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. Le pays de Liège représentait un des plus anciens ateliers des miniatunstes du pays ; de remarquables œuvres d'art y furent exécutées, notamment dans les abbayes de Stavelot, Saint-Hubert et Floreffe.

Les plus anciennes productions de nos enlumineurs sont des

BL]^ 1 r- 1 j ' i FiG. i6. — Saint Jean.

ibles. des Lvangiles. des ecnts ,^ , ^ „ t, - ,

1 D^ J l'r- 1- 1 (Evangile, Bruxelles, II, xjD.)

des reres de I Lslise ou de (cuché pan uamme.)

MINIATURES

l'iG. 17. — Lk Christ en croix.

iÈvangile, liruxelles, 35-3. t

(Cliché vaii Dammc)

théologiens. Le principal motif d'illustration de ces ouvrages con<iistc dans les lettres ornées, et celles-ci peuvent même être tenues pour le plus ancien témoignage de notre vocation artistique. Elles contrastent de façon saisissante avec les représentations de personnages rencontrées dans les mêmes livres. Alors que ces figures pèchent longtemps par la maladresse et la barbarie du dessin, les lettrines sont des modèles de bon goût et d'ingéniosité. Elles semblent se substituer aux figures condamnées par l'Eglise d'Orient et rappellent la grâce capricieuse des arabesques musulmanes.

Un de nos plus anciens manuscrits est un Evangile latin du XV siècle, provenant de l'abbaye Saint- Laurent à Liège et probablement exécuté dans cette ville. Cette relique, appartenant aujourd'hui a la Bibliothèque Royale

de Bruxelles (n' 18383), fait ressortir vigoureusement le contraste entre les figures grossièrement traitées des évangélistes et les quelques lettres ornées avec un goût déjà délicat (fig. 10).

Au siècle suivant, les lettres sont beaucoup plus riches. Voici un E (fig. 1 1) extrait d'un manuscrit de Saint Augustin du XIl' siècle provenant de l'abbaye Saint-Martin à Tournai et appartenant à la Bibliothèque Royale de Bruxelles (21842). Au lieu de bandes plates à extrémités fleuries, le corps de cette lettre présente un entrelacement de branches de fantaisie ' ~ dont les rameaux et les feuilles s'agré-

FiG. i8. — Saint Jean. mentent de jolis détails.

x/''?"n/'''V M , . Dans le même goût est dessinée la

(Anvers. Musi^c l'LintiiiMorctits.) a i /" - i t • v-v, .*•

iciichà ncnii.nis.) lettre M (lig. 1 2), qui se trouve en tête du

FiG. 19. — Abraham et MELcatsioRcn.

(t'rudenliu», Hruxellr», 10066.)

tCtufU ran lumme f

I i.Asnni

mar»u»(nl Ilincrarium Mncii Pclri du XII* licclc. a\)\>aTtcnant au Mu^^rc Plantin-Morctus d'Anvers, h i le» brandies torit plus viKoureUîCS, le feuillage plus fourni, fon entrelacs plus serre. Les flancs de la lellrc ne parviennent pas à contenir la végétation exubérante.

D'un ornement plus sobre, mais d un t,'(Hit r.on moins noble, sont les capitales d une Vulgate appartenant à la bibliothèque du séminaire de Lie'içe et exe'cutee en I 248 .lu couvent des Frères de la Vie commune à Lèau (fig. 13). Certaines lettres pre'sentent des têtes ou des corps de bêtes ; d'autres ne sont composées que de Heurs. La plupart se détachent en rouge brun sur un fond bleu. A la même

époque se rattachent les majuscules ornant une Bible appartenant à la Bibliothèque de l'Université de Liège (fîg. 14). L'agencement plus léger, la fantaisie plus spirituelle, témoignent d'un rajeunissement de l'eul décoratif.

Les plus anciennes lettres rappellent Tornementation sculptée des chapiteaux romans ou gothiques. Plus tard, le style Renciissance introduira parmi le feuilleige des fîeurs, des figures d'hommes et d'animaux.

De bonne heure et dès l'âge gothique, les lettres encadrent souvent de véritables petits tableaux. Au commencement de la Renaissance se produira la séparation de la lettre ornée et de la miniature. La première restera un caractère exclusivement alphabétique nchement coloné et doré, et la miniature se développera en de petites scènes arrangées par des mains beaucoup plus artistes.

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6u*l ifiad f^erun <(t.

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FiG. 20. — Scènes

DE LA VIE DE DaVID.

^ (Hible de Stavelot. loij-.) " (Brit. Mus. AdJ. 28106.}

MINIATURES

FiG. 21. — Le Ciikist kn croix.

(SacramcHtaritim, liriixelks, 2o34-3.)

(Cliché van Dammc)

concordants des Evangiles.

Le plus ancien des manuscrits

enluminés dans nos contrées et

qu'on y conserve encore, quoique

en très mauvais état, est l'œuvre

des sœurs Herlinde et Relinde,

venues de Picardie en 730 pour

s'établir sur les rives de la Meuse

à Ajdeneik, oii elles fondèrent

un couvent. Elles copièrent des

manuscrits qu'elles illustrèrent de

miniatures. Leur biographe du

IX siècle vante les magnifiques

ouvrages qu'on leur doit dans ce

genre. Il n'en subsiste plus qu'un

Evangile appartenant a l'église de

Maeseyck, et orné dans le style

byzantin avec les figures des

Evangélistes et accompagné des

Canones indiquant les passages

Des quatre Evangélistes, il ne subsiste que la figure de Saint- Mathieu (fig. 15). Les couleurs offrent quelques tons plats

avec un peu de noir et de blanc pour indiquer les lumières.

Les accessoires, le siège et les arcades sont traités avec un goût

naïf. Bien que d'un dessin rudimentaire, cette figure n'est pas dépourvue de style : héritage des modèles anciens , dont les copistes maladroits n'ont pu complètement faire oublier la beauté.

Du X siècle nous trouvons à la Bibliothèque Royale de Bruxelles (ni 1, 1 73)unlivred*Evangiles sans doute exécuté en Flandre ; en dehors Fi.i. 22. -- Lk Christ okhinoant a Mari..- ^^^ Canones, il Contient

(io5o, Municii) (Hib. c.dcx. dm. s3jr,, ) Cinq ugurcs de Saints dont

/ / 1 '. Itl/ 1

FiG. 23. — L'Ascension di- Christ.

UUbk. Urit. }lus , r--:iH )

d'un peu plus près (fig. 18). La figure est dessine'e a l'encre, la robe en partie rehaussée de vert :

ce n'est qu'une silhouette, mais elle fut trace'e d'une main feime et non sans élégance.

Jusqu'au ix' siècle, les miniatures ne nous montrent que des figures isolées : le plus souvent les Evangélistes ou Dieu le Père dans sa Majesté. Au X' siècle, les miniaturistes osent s'essayer a. des scènes bibliques. Un Evangile de cette époque et d'origine liégeoise, provenant de l'abbaye de Gembloux et appartenant aujourd'hui a la Bibliothèque Royale de Bruxelles (n' 5373). contient, outre les quatre Evangélistes, parmi d'autres peHts tableaux,

ii'rr Rvan(;éli»tc>.

\ ] ' iirfC vue. cruxd paraiieeni encore [>lu& barbaxet que ceux du VI II' liccle (fiR 16). l-a naïveté du destin va jusqu'il la rudetfte. et néanmoins le ttyle en c«t plus franc que celui du Saint .Mathieu de Macseyck. Ces figure»

:'rote»<^^ues ont du mou- \emcnt et leur auteur {possédait le sens décoratif. Le Saint Jean d'un Evangile du Musée Plantin-Moretus. ayant appartenu en 1113a l'Eglise Notre-Dame de Bruges, serre la vie

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Fig. 24. — Le sacrifice d Abraham.

FT LE SERPENT D'AIRAIN. ÈvangUe

ifAi'erbfMle.) t L'itiitTsUé de Liège, J63.) {('liché Janssens.)

MINIATURES

un Christ en croix entre la Vierge et Saint Jean (fig. 17). Les figures sont tracées à la plume, le Christ en simple silhouette, la Vierge et le Saint avec indication des plis des vêtements. L'attitude des personnages est gauche et anguleuse, mais les draperies sont traitées non sans désinvolture ; la rondeur des jambes s'accuse à travers le vêtement, et les traits ne manquent pas d'expression.

Un autre spécimen de cet art primitif nous est fourni par un Prudentius du X\ siècle, également venu de Liège et appartenant a la Bibliothèque Royale de Bruxelles (n^ 10066). Il représente le sacrifice d'Abraham et Melçhisédech (fig. 19). Le dessin en est encore plus sommaire et les têtes sont encore plus mal plantées sur les épaules. Cet art est encore bien fruste, mais révèle une recherche de vie et de mouvement, dont les

Fig. 25. — Les épreuves he Job.

(Paris, Hibliolhùqite Xationale, i56j:>.}

(Cliché licrthaiid }

écoles des lies Britanniques avaient Un ouvrage du même genre, encore bien plus intéressant, est connu sous le nom de Bible de Stavelot ", au Musée Britannique de Londres (Add. 28106). Cette Bible fut composée l'an 1097 par Gordeanus et Ernesto dans l'abbaye de Stavelot. Nous en extrayons une miniature représentant différentes scènes de la vie de David (fig. 20) ; elles sont saisissantes de naturel et de mouvement et s'opposent ainsi manifestement à l'hiératisme figé des Byzantins. Le British Muséum possède un missel du X' siècle provenant également de l'abbaye de Stavelot, aux lettrines d'une vénérable antiquité.

Mais il est rare que l'enlumineur 1 3

peut-être donné l'exemple.

Fig. 2ô. — Christ en croix.

(Londres, Hrit. Mus,, Missel lOmg.)

ri.A.\i}nr

FiG. 27. — Le Fapadis if ;•; I Liber h'iuridui / Gand, /il' /«S;

se Jiiissr allfi a &a \n<)\)j(: intf)iration. 1^ plupart du temps, surtout quand il lui faut exécuter des su)eta pour Ies(ju<-l8 il existe des rn(xJèle^ traites par la sculpture, il s'en tient ix une imitation minutieuse et impersonnelle. Ainsi, pour un Christ en croix dans un Sacramrnlarium du X\ siècle (fig. 21). exécute dans labbaye de Stavelot et appartenant à la Bibliothèque Royale de Bruxelles (2034-5). Le Christ, «uspendu au gibet de la croix, les jambes et les bras allonge's en angle droit, ouvre des yeux agrandis, mais sans expression.

11 y a plus de vie et de pittoresque dans les deux miniatures ornant un missel qui appartient à la Bibliothèque de Munich (Clm. 23261). Celivre. exe'cutèà Liège, fut donne' en 1050 au couvent

de Saint-Andrè. à hreismg, par son fondateur l'évêque EJlenhard.

Une de ces vignettes reprefsente le Chnst ressuscite', feusant signe a sa mère de ne pas le loucher (hg. 22). Les personnages sont placés sous deux arcades de slyie romcmobyzantin. Les figures ont encore les cols raides, les mains sans cirticulations. les vêtements tuyautes des premiers siècles ; mais l'expression est devenue plus naturelle.

On constate un progrès saisissant dcins un manuscrit exécute dans la province de Namur au Xl siècle. Cet ouvrage remarqua- FiG. 2a— Charles LE Chauve. ble. tant par son colons que par (Liber Fioridus) gçg lettrines admirêibles et par sa

(Gand, Bibliothèque, i6) , 11 • 1 ■

(Cliché sjcré.) supcrbc Calligraphie, est connu

MINIATURES

ï .nnfnwiil. «tiu» k.„tiiictKnr Auivlu-uaiis nmr trn.vm- A,iiv *

FiG. 29. — Scènes de la vie rustique.

Le vieil Rentier o'Audenarde.

(liruxellci, /fj.ij (C.luhc l'an Itamme.)

SOUS le nom de Bible de Floreffe et appartient à pre'sent au British Muséum (17738). La miniature reproduite ici représente l'Ascension du Christ accompagnée de diverses allusions allégoriques des Evangélistes (tig. 23). L'invention des personnages et groupes symboliques est très heureuse, et les figures sont éloquentes. De la même nature sont les miniatures de la Bible d'Averbode appartenant à la Bibliothèque de l'Université de Liège (ftg. 24).

Un travail flamand, les Epreuves de Job ou Moralia in Job appartenant à la Bibliothèque Nationale de Paris (15675), est de même style et de même époque (fig. 25). Ici encore la mise en œuvre est assez décorative, mais le dessin est d'une grossière incorrection et la conception d'une simplicité indigente.

Un missel appartenant au Musée Britannique (n" 16949) et exécuté pour l'église Saint- Bavon à Gand, dans la seconde moitié du Xil siècle, nous fournit un remarquable échantillon de l'art de nos miniaturistes. Nous en extrayons un Christ en croix (hg. 26). Le

Sauveur a expiré, Marie et Saint Jean se tiennent au pied de la croix, au-dessus des bras de laquelle deux anges balancent des encensoirs.

La composilion manque de naturel, mais le sentiment est intense.

Depuis une époque reculée, les ouvrages scientifiques aussi sont

illustrés de vignettes Fig. 3o. — J. Van Maerlant. — Le festin 1 • . t t

d'Hérode. coloriées. Un curieux

(Bruxelles, i^ooi.) (Cliché van fhimmc) OUViage de Ce genre

noUR C5l fourni p.ir \r Lihcr / loriJus, une mAiiicrc d'c^wu d'cncycloï>cdic. '|ui fut Roûtfc k Ici point qu'il n'en existe pas moins de dix cofiics. L'oriKinal te trouve à la Bibli >thrr|uc de 1 L'nivrrsil»* de dand. (et rjuvraçfc. qui i»arut veri I I8(J. fut coin|)osc. comme le déclare I auteur, par un certain Larnlxrrt de Saint-Omer. avec des extraits cueillis dan» divers écnvains. L'un des deux tableaux que nous empruntons est le Paradis 7 errestre \ (lig. 27). 1 Ji deuxième miniature nous montre Charles le Chauve, assis sur son trône, la couronne sur la tête, le sceptre k la main (fig. 28). Ce ne sont pas des miniatures proprement dites, mau des dessins d'après nature très modestes, sans prétention à la saence. que les illustrations ornant le Vieil Rentier (T AuilcnarJc. appartenant à la Bibluithèquc Royale de Bruxelles (n I 175). Il y a pourtant plus d'art dans ces très rapides esquisses que dans les enluminures du Liber LloriJus qui les précèdent d'un siècle environ. Le scribe de ces contes faisait alterner son ande travail avec de menues scènes empruntées aux travaux des champs (fig. 29). Les pochades de ce grefher municipal sont les premiers dessins bien vus et prestement exécutés dont puisse se réclamer notre art flamand. Le festin dHcrodc que nous reproduisons (fig. 30) provient de la Bible rlmée de Jacques Van Maerlant, conservée a la Bibliothèque Royale de Bruxelles et exécutée vers 1290.

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(Cliché liruckmann.)

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