‹ FlandreChapitre 50 sur 173 · partie jusqu'en 1 530. l'année de sa mort · texte numérisé non relu

partie jusqu'en 1 530. l'année de sa mort

Lart de Quentin Massys est très varié et complexe; il débute ■

par des figures du Christ et de la \ ierge. admirables par leur séré- |

nité céleste ou leur tendre rêverie : plus tard, il traduit les émotions .

humaines les plus profondes, les occupations et les soucis quotidiens,

les joies des humbles, ou bien il peint de solennels jx)rtrcuts de prudes

gens. Il parcourt tjut le cycle des sensations et des passions humaines. Il est le premier peintre complet, le premier artiste absolu que nous rencon- Inons dans son art. Sa technique, tout en restant personnelle, le rapproche de son contemporéun Gérard DaMd et de son prédécesseur Thierry Bouts.

Il Mt avec les derniers représentants de 1 école

FiG. 234. — QcENTi.N Massys. — L.\ Courtis.\ne

ET LE Céladon.

Paris. Coll. Pourtalès.'' 'Cliché Bluckmann. Munich.)

QUENTIN MASSYS

Fi(i. 235. — Quentin Massvs.

Portrait d'un Chanoine.

(Vienne, (îalerie Liechtenstein.}

(Cliché Bruckmann.)

précédente et avec les premiers de la suivante, mais il demeure primitif. C'est un superbe coloriste, mais il entend le coloris d'une autre façon que ses prédécesseurs. 11 pratique la couleur en virtuose ; il y introduit le caprice et la vie. Cet artiste de transition sert de trait d'union entre deux écoles.

Parmi les œuvres de sa première période, il faut compter le Voile de Véronique (fig. 224), le visage livide de \Ecce Homo mêlant ses larmes aux gouttes de sang qui ruissellent sur sa face ; puis la Face de Jésus (fig.

225) et celle de la Vierge (fig.

226). Le visage de Jésus, solennel, dessiné avec vigueur mais sans dureté, les yeux fixes et pourtant vivants, rappelle le Sauveur de la Cène de Bouts. Marie est de nature plus tendre ; les yeux sont plus clairs, les traits plus doux.

Ces trois tableaux appartiennent au Musée d'Anvers. Sa Madone du Musée de Berlin (fig. 227) est sans doute de la même époque; mais ici la peinture serre de plus près la nature. La Vierge semble inconsciente de sa vocation miraculeuse et de la nature divine de son fils ; elle n'est qu'une mère qui caresse son enfant ; tout recueillement mystique a disparu.

Les vêtements de Marie sont d'un éclat merveilleux. Sur une chemise blanche, elle porte une robe

bleue aux manches violacées et à ^■'°- ^36. — Quentin Massys.

reflets bleuâtres ; elle a jeté sur ses ,, . '^,^^'^'; ViE.ii.ARn.

1 ,, (l'ans, Musée Jacquemart André.)

épaules un manteau d un rouge {Cliché Bruckmann.'

'"'lO. 237. — Josm: \an «.lkkk

La \'ii:rge et i.'Em-ant.

{Fragment d un trypttquc) (Vienne, Musée Impénal) {('liché I.œu'v. Vienne.)

I I AMDHE

>rcirrit : mûu Ict toni «fcLiUiMi s'cntrrmclrnt et %c fondent avec une

doucrur inimitable.

I^ plu« ancien tahirau date de (^urnlin Maftsyt r%{ la Légende tic Sainte Anne, qu'il acheva en I 309 pour la confrérie de Sainte- Anne à 1 .ouvain rt qui se trouve au Musée (\r ijruxtilcs (lig. 228). Sur le panneau central, la Vierge terrant l'Llnfant Jésus sur ses genoux est assise auprès de Sainte Anne ; autour d'elles. Marie SaJomé. Marie ( lëophas, leurs maris et leurs enfants. Le volet de droite montre la rnort de Sainte Anne, celui de gauche Scunt Jcachim recevant la nouvelle de la naissance de Marie.

Le sentiment mystique distingue à

un haut degré le panneau central des autres. Les neuf Ê^çures

principales se répartissent en trois triangles nettement accusés. Des sentiments identiques animent ces divers groupes : les mères chérissent leurs enfants ; les hommes contemplent leurs épouses avec vénération. La composition est d'une ordonnance sévère et harmonieuse ; mais le colons a perdu sa fleur, a la suite des restaurations.

Le chef-d'œuvre de Quentin Massys est la Mise au Tombeau (fig. 229). commandée en ] 308 par la corporation des menuisiers d'Anvers pour décorer leur autel dans l'église Notre-Dame, achevée en 1511 et placée mamtenant au musée de cette \i\\e. Le Christ mort, personnage principal du panneau central, est étendu au premier plan ; autour

Fig. 238. — Marixus Va.n Roymerswael.

Saint Jérôme.

f Madrid.) (Cliché A nderson.)

Page 1