LE CHEF-D'ŒUVRE DE QUENTIN MASSYS
FiG. 23q. — Marinus van Roymersvvael.
Le Changeur.
(Londres, National Gallery.) (Cliché Ilanfstaenffl.)
de lui s'empressent tous ceux
qui lui furent le plus cher; ils
expriment avec des gestes diffe'-
rents la même affliction. Par la
disposition systématique des personnages, par leurs attitudes balancées, cette scène se rapproche
de 1 archaïque Légende de
Sainte Anne ; mais, par ailleurs,
l'art de Massys y manifeste une
liberté nouvelle. Son Christ mort
est une merveille de justesse par
le dessin comme par la couleur ;
les autres figures sont vêtues dha-
bits de fête dont la splendeur
éblouissante est quelque peu
déplacée dans cette scène de
deuil. Les nuances les plus
tendres jouent harmonieusement
avec les tons les plus éclatants et les plus rares. La facture est
d'une ampleur étonnante ; les traits du visage ne sont plus dessinés,
mais bien coulés et parfois un peu effacés. Le peintre a renoncé au
procédé des primitifs, qui faisaient rivaliser leur peinture avec l'émail :
il accentue ses coups de pinceau, il s'amuse à mélanger et à brouiller les couleurs ; il prend plaisir à les faire chatoyer et scintiller ; mais il sait aussi en opposer l'éclatante bigarrure a la pâleur froide du cadavre, et cette puissante lividité parvient à dominer la plus effervescente confusion de tons.
Enfin, dans son arrièreplan où la nature et la c , ^ vie sont traitées aussi mi-
riG. 240. J0ACHIM DE Patinir. , ,
Le Baptême du Sauveur. nutieusement que chez le
(Vienne, Mus<^e Impérial.) (Cliché liriickmann.l plus habile de SeS de-
FLASDfiE
Fia. 241. — JoACHiM DK Hatimr — Lc Paradis
ET L'KNrER.
(M.jJriJj (Cliché AnJer$on.)
vancien. il pr^Hivc qu'il Mit peindre avec autant ùr (irlicatcftie que le» tm»
niaturifttri du \mtic.
\ A'* voirt» lcmoi|{nenl de la même tubtilite et de la même virtu^^ile' de colons. Devant et demcre la nappe L4anche du Hanqucl JHcrrxJc (fi^.
230). reMorter.t le vêtement rouge du i>ctit page et la robe ncKemefit brodée de Salome. Le vokt de droite. Saint Jean dans F huile Ixjuil' lante (hg. 232), est remarquable avant tout par l'interprétation re'aliste des bourreaux qui alimentent le feu. .Notre art n'a pa» de figures plus energi(|ues; {impassibilité solennelle des juges s oppose violemment à l'exaltation mystique de Saint Jean.
Massys ne se bornait pas à faire intervenir quelques scènes réalistes dans ses compositions historiques ; il consacrait aussi des tableaux entiers à 1 interprétation des mœurs populaires. Par exemple le Banquier et sa Femme (fig. 231) du .Musée du Louvre, qui date de 1514. et la Courtisane et le Vieillard (fig. 234). Le premier tableau représente un banquier à côté de sa femme pesant son or ; l'autre ndiculise un vieux céladon ; tous deux sont admirables d'observation, de rendu, de colons.
, Massys appK)rte dans
ses portraits la même justesse d'observation et la même probité de facture.
Ses têtes sont frapf>ées comme autant de médailles. Le portrait d'un chanoine dans la Galène de Liechtenstein (hg. 235) ; le vieillard a figure déplaisanté (hg. 236) peint en
1 5 1 3 et qui se trouve au Fig. 242. — JoACHiM de Patinir. — Le Repos , t si'
DANS LA Fuite en Egypte. musee Jacquemart Ar.dre,
(Madrid.) (Cliché Anderson.) à Paris ; le pOftrait des
FiG. 243. — Henri Blés.
L'Adoration dks Mages.
(Munich) (Cliché liruckmann.)