LA PEINTURE REALISTE DE L'ECOLE D'ANVERS
encore chez Martin le Zëlandais, mais son goût exagéré pour la vérité brutale l'a fait tomber dans lartifice. Il a peint a différentes reprises des Changeurs dans le goût du Banquier de Quentm Massys. La National Gallery possède un de ceux-ci (fig. 239). Une face grimaçante d'usurier rapace aux doigts crochus en face d'un homme de proie d'aspect plus rassis : bref l'humanité dans ce qu'elle a de moins aimable. Divers autres peintres de l'école d'Anvers persévérèrent dans cette voie ultra-réaliste. Nous les rencontrerons plus tard.
11 nous faut d'abord mentionner deux artistes qui s'illustrèrent par un style tout à fait original.
Ce sont Joachim de Patinir et Henri Blés, tous deux nés entre 1480 et 1 485, dans la province de Namur, aux bords de la Meuse, l'un a Dinant, l'autre a Bouvignes, sur la rive opposée. Leur biographie se réduit a peu de chose. Patinir fut reçu en 1515 dans la gilde de Saint-Luc, a Anvers, en même temps que Gérard David, ce qui donne a supposer qu'il avait été l'élève de celui-ci. Albert Durer le rencontra à Anvers en 1521 et fit son portrait. Il mourut dans cette ville en 1 524. Les renseignements sur Henri Blés sont encore plus rares.
Au xvr siècle, Lampsonius, qui traça une épigraphe en vers latins sur son portrait, confirme qu'il naquit à Bouvignes, qu'il vivait vers 1 550 et qu'il était peintre de paysages.
Ces deux artistes wallons
r . . ^ Fig. 248. — Jean Van Hemissem
se tirent surtout un nom , , ^
La Joyeuse Compagnie.
comme paysagistes, quoi- iMus<^c .1c Carlsruhe) (CUchô Uruckvuiun )
Fig. 247. — Jean Van IIkmissem.
L'Eni'ANT Prodigue.
(Musée de Bruxelles.) (Cliché G. Ilennans.)