‹ FlandreChapitre 55 sur 173 · JEAN SANDERS · texte numérisé non relu

JEAN SANDERS

FiG. 25o. — Pierre Aertsen.

Le Flirtage populaire.

CM usée d\\tti>ers.}

(Cliché G. Hermans.}

d'épaisses futaies étoffant les parois rocheuses et se dégradant en un délicieux vert tendre. Les personnages sont colorés de tons éclatants et émaillés.

Le Pèlerinage à Emmaus (fig. 245), du Musée Impérial de Vienne, nous fournit encore un beau spécimen de sa façon de traiter de romantiques rochers et montre quantité de détails pittoresques avec des tons caressants londus en de délicieuses transparences.

A la suite de Martin de Roymerswael, comme à la suite de Massys, se place toute une légion d'interprètes de la vie réelle, héritiers des primitifs par la conscience avec laquelle ils observent leurs modèles, par la jouissance qu'ils éprouvent à représenter leurs contemporains sous leur aspect de tous les jours, en dehors de toute visée héroïque ou romanesque, en ne les parant que des seuls prestiges de la couleur.

Le premier de la série est Jean Sanders, appelé Jean de Hemissem, de son village natal près d'Anvers, oîi il vit le jour vers 1504. Après 1555, il mourut à Haarlem. De 1536, date la Vocation de Saint Mathieu (fig. 246) de la Pinacothèque de Munich, un sujet qu'il traita à plusieurs reprises. Le Musée Impérial de Vienne n'en possède pas moins de trois exemplaires. Ce tableau procède évidemment du Banquier de Massys ou du Changeur de Martin. Si les figures de l'arrière-plan semblent échappées dune cour de miracles, en revanche celles du premier plan respirent la noblesse.

Saint Mathieu n'est ni beau ni laid. Il a le visage épais et contracté, la barbe et la chevelure broussailleuses. L'artiste semble avoir mis tous ses r- c t> v i r-

^ . Fig. 25i. — IMerhk Aertsen — La Cuisine.

soins a bien géirnir sa (Musce de Copenhague.)

f t.AM)f<f

com|)0»ilion ; Ici accttumct %ot.\ mcmr plut pousM^ que les pcrsonnaKcft' l'^n I55f). il p* ij.Miit l'/:n/(tnl /^rftJiguc du MuMfc de liruxrllr». Comme le tableau prccrdcnt. cclui-ci fireicnlc un mélani^'c dr fiRurrs jçrossièrrs rt f><:»lialr» cl de |»crK)nragc« avcranU cl l)irii (lctoui»lc». I^c fond mamtcnu dan» une ^ixmmc claire montre divers épisodes delà vie de l'Enfant Prodigue (fijç. 247). La prédilection du peintre \youT la caricature e»t vuible dam cette rruvre. \ a- colons du i)rrmirr [)lan est riche, mais étrange; le* Ion* bruns y dominent.

Un maître que l'on croit pouvoir identifier avec Jean \ an Hemissem est desit^né stjus le nom du Monogrammiste de

HrumuicH'. à cause d'un tableau la Rc/cction des Pauvres, qui prcfcntc cette combinaison de lettres H. M. I. S. V.

A la rigueur, cette com- (HDsition. qui ne comporte pas moms dune centaine de petits personnciges se détachant sur un fond très clair, ne rappelle point immédiatement la manière de \ an Hemissem. mais d'autres tableaux attribues au maître inconnu présentent une telle analogie avec les œuvres du peintre anversois qu'ils pourréuent bien être de lui. De ce nombre est la Joveuse Compagnie (fig. 248) du Musée de Carlsruhe, une scène de séduction d un céladon par une jeunesse.

En somme, \'an Hemissem hésita toujours entre un réeilisme vulgaire et un idéalisme déjà conventionnel et académique, sans trouver la mesure entre ces extrêmes. Pierre Aertsen. surnommé Pierrot le Long " (Lange Peer), qui naquit à Amsterdam en 1307 ou en 1 508, se montra plus avisé, tout au moins dans une partie de son œuvre. A dix-sept ou dix-huit ans. il vint à Anvers, où il se fit recevoir en 1533 comme maître dans la gilde de Saint-Luc. L'an d'après, il retourna à Amsterdam, ou il mourut en 1575. Il peignit de nombreux tableaux d'église très prisés de son temps, mais qui ne nous touchent plus guère, tant ils manquent d'originalité. En revanche, ses peintures de genre lui assurent un rang plus honorable.

Fig. 252. — Pierre Aertsen.

JÉsis chez Marthe et Marie.

(Musée liruxelUs.) (Cliché Seurdein.)

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