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LES PEINTURES DE GENRE

FiG. 253. — JOACIIIM DE BeuCKEI.AKR.

Lk marchand de gibier.

(\'tenne. Musée Impérial.) (Cliché Lûwy.)

11 se distingue de la plupart de ses contemporains par ce qu'il a de commun avec l'ancienne école :

l'observation pénétrante, la sympathie sincère pour la nature saine et fruste de l'ouvrier vaquant à ses occupations journalières, pour la belle carnation, le teint réjoui et les formes plantureuses de nos maritornes flamandes ou hollandaises. Les deux cuisinières du Musée de Bruxelles se tiennent près de leurs fourneaux ; lune, parée du bonnet blanc et du tablier immaculé traditionnels, porte un chou-fleur sous le bras ; l'autre brandit la broche avec sa guirlande de poulets. Toutes deux exercent dans leur royaume une autorité énergique et sans entraves, et l'éclat de leur coloris s'adapte on ne peut mieux à leur vigoureuse personne (ftg. 249). A rattacher à ces deux tableaux des scènes de la vie populaire tels que le Flirtage Populaire du Musée d'Anvers (fig. 250), la Cuisine de Copenhague (fig. 251). un Marché à Aix-la-Chapelle, un autre à Vienne, un Estaminet également à Vienne et datant de l 550, la Danse des Œufs d'Amsterdam, toutes œuvres agrémentées d'une profusion de savoureux accessoires.

11 traite de même les scènes de la Bible. Ainsi pour cet épisode cher à tous nos bons peintres d'intérieurs : le C hrist chez Martheet Marie (fig. 252), qui se trouve au Musée de Bruxelles.

Le Christ s'installe en commensal de la maison, entre les deux sœurs, dont

1» • ^ l'IG. 2b4. — JOACHl.M DE BeLCKELAER.

l une continue a vaquer LEnfant Prodigue.

aux besognes du ménage, (Anvers.} (CHchà g. Ilermans.)

P'iU. 200. — PJERRK M CVS. — Le JOUEUR DE CORNEMLSE.

(Mtis^c de licrlin.) (Cliché Phot. Gnell. Berlin i

^vA\% que l'autrr ■'♦fcl

i i»/* ï*rc» dr Irui \\'àc, \ la même conception cminrmmcnt familictc et rr'aliBtc »c rattache le Portcmcnl Je la C roix de Berlin, oii le Sauveur gravit le Calvaire accom- [>agncde tout un concours de peuple.

Des liens artistiques autant que des liens de famille apparentent Joachim de Beuckelaer a Pierre Aertscn. qu'il avait eu pour maître et qui e'p)ousa la tante de son élève. De Beuckelaer rwiquit à Anvers vers 1 530. passa maître en 1 360 et mourut en 1373.11 traita les mêmes sujets que son maître, c'est-a-dire qu'il se consacra surtout aux mœurs populaires: un Marchand de Gibier pemt en 1367 et qui se trouve à Vienne (fig. 233) ; un Etal de poissonnier ddlant de 1368; un Marché de 1361 ; tous deux à Munich ; un Marché de Gibier a Stockholm ; quantité d'autres scènes du même genre. Comme Aertsen, il se sent attiré pour les choses et les gens de la cuisine. Si la gourmandise flamande est proverbiale, la faute en est beaucoup à nos peintres. De Beuckelaer peignit aussi des scènes de la Bible et de préférence celles qui lui prêtaient matière a festins ; par exemple l'Enfant Prodigue (hg. 234). dont on fête le retour en immolant le veau gras et dont il existe deux versions, l'une à Anvers, l'autre à \ lenne. \ an Hemissem ne se lassait pas de peindre la Vocation de Saint Mathieu ; De Beuckelaer peigr.it quantité d'Ecce Homo qui servent de prétexte pour montrer le marché avec ses étalages de légumes et le grouillement des maraîchers. Le .Musée de Stockholm a lui seul possède trois de ces tableaux. Au même groupe appartient encore Pierre Huys, représenté à Berlin (iig. 233) et a Tournai (fig. 236). qui traite d-" préférence les scènes comiques de nature triviale dont il souligne encore la tendance égrillarde par des inscriptions nmées.

Avant de s'éteindre avec ce groupe de réalistes, l'école primitive

Fie. ■2bÙ. — PlF.KKE HlVS. — Lk i' AJJKICAN'i

DE SOlîKKKETS.

(Musée de Tournai.)

(Cliché I\ liecker.)

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