‹ FlandreChapitre 57 sur 173 · JEROME BOSCH ET PIERRE BREUGHEL · texte numérisé non relu

JEROME BOSCH ET PIERRE BREUGHEL

produisit encore deux ar- , listes de premier ordre :

Jérôme Bosch et Pierre Breughel. Tous deux naquirent en Hollande. Le premier, qui s'appelait Jérôme Van Aken de son véritable nom, l'échangea contre celui de sa ville natale Bois-le-Duc, en flamand Hertogenbosch ou Bosch, il y avait vu le jour vers 1 460 ; il y passa la plus grande partie de sa vie et y mourut en 1516.

Mais il est fort probable que Bosch habita dans sa jeunesse les Pays- Bas du Sud. 11 se distinguait fortement de ses contemporains les réalistes. Ceux-ci cherchaient la vérité dans l'interprétation intégrale de la nature, quelle qu'elle fût, aimable ou répugnante, grossière ou distinguée. Lui ne se bornait pas à imiter, il inventait. Sa fantaisie fut inépuisable, audacieuse et déréglée.

Dans ses scènes de la vie réelle, il rehaussa la vérité la plus banale par des détails amusants ou y mêla la fiction la plus échevelée. Dans ses évocations de l'enfer, il créa des êtres de cauchemar qui semblent nés d'accouplements monstrueux entre les hommes et les brutes.

Pour représenter le mal et le péché, il inventait des êtres chimériques personnifiant des faiblesses honteuses ou grotesques. Mais le peintre était d'une extrême habileté. 11 poussa si loin le jeu des couleurs et des tons et raffina si bien sur les nuances les plus sensibles qu il s impose à l'admiration comme un des plus parfaits alchimistes de la couleur.

Son chef-d'œuvre est f Adoration des Rois du Musée de Madrid (fig. 257).

Fig. 257. — Jérôme Bosch.

L Adoration des Rois.

(Musée de Madrid.)

(Cliché Anderson )

f. LAN uni:

Le .Saint Mystère <lr la Nalivitc^ c»t tr»Mtr av#( tout Ir »rnrux dcrsitablc. mais la larUarir burlrwjur intervient ciani la fa^on dor.l les lustres prennent part a l'action. Lct uns sont grimpe* sur le toit de la K^anK*' : «1 autres «-picnt la »ccnc en %c dissimulant derrière le coin (lu l)âlim«iil ; l<s [)lus hardis se ris^juent a passer la tête j>ar les fcr.tet de la muraille. Dans le C hrisl aux outraga (lig. 238) de 1 Eacurial. la débauche et la canaillerie sont pres^^ue imprimées avec une sorte de volupté sur les faces des bourreaux et des juges.

Bosch f>arvient cr.cfjîc à surenchérir sur cette tendance dans ujtx Portement de la Croix (fig. 259) du Musée de Gand : la la crapulene et 1 ignonrunie confinent a la bestialité. Mais c'est dans le Jugement Dernier (fig. 260) du Musée de Bruges que la frénésie de ces métamorphoses grotesques atteint son péuoxysme ; les formes et les actions des hommes, les silhouettes et les mouvements des animaux, les objets les plus disparates, sont rassemblés pêle-mêle, sans la moindre logique, sans l'ombre de réuson, uniquement, semble-t-il. pour nous ouvrir une échappée sur le domaine des caucheméirs et des hallucinations. A qui donc ce Brabançon du Nord avait-il emprunté cet esprit de satire exaspérée et ce génie de la caricature la plus outrancière ?

De ce maître des épouvantes et des sabbats qui fut aussi un magicien de la peinture, procède un des plus grands artistes de 1 école flamande : Pierre Breughel. Lui aussi était venu delà Néerlande, du village de Breughel, où il était né vers 1 323. De bonne heure, il partit pour les Pays-Bas du Sud. En 1331, il voyagea en Italie : en 1 333, nous le retrouvons a Anvers : en 1 363. il est a Bruxelles, ou il meurt en 1 369. Il était un hdèle interprète de la nature : observateur attentif. i\ pénétrait le caractère des hommes aussi bien que leur aspect physique ;

Fig. 258 — Jérô.me Bosch — Le Christ aux outrages.

(EscurialJ (Cliché Anderson.)

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