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LA COULEUR DE BREUGHEL

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perpètrent ou subissent les pires attentats sans la moindre emphase ; on pourrait même découvrir le burlesque dans les mimiques de ce petit monde suppliant et éploré. Mais quel coloris magnifique ! Quelle indicible douceur dans la tonalité étrange de ce ciel et les teintes caressantes de ces maisonnettes !

Le Portement de la Croix (fig. 267) nous montre une foule bigarrée qui monte sur la pente d'une montagne gris bleu, verdoyante par places et plantée çà et là de quelques arbres grêles : le tout éparpillé et rappelant plutôt une cavalcade de kermesse qu'une marche au supplice. Mais les figurines d'un rouge éclatant ou jaune ou d un blanc bleuâtre nous ménagent des notes vives, resplendissant sur l'harmonie de brun et de vert du sol.

La Chute de Saùl {(ig.

266) se passe dans un site rocheux planté de sapins d'un vert sombre, où l'on retrouve appliquée dans une page de plus grand format toute l'émotion de Henri Blés devant les beautés de la nature. La poésie des couleurs, l'heureux mélange de vérité et de fantaisie tiennent vraiment du prodige. Des scènes populaires comme ses Noces cillageoises du Musée Impérial de Vienne (fig. 268) valurent à notre artiste le sobriquet de Breughel des vr-»?

Paysans. L'appétit proverbial et la goinfrerie des Flamands servent de prétexte au peintre pour déployer toutes ses splendeurs coloristes ; les bonnets rouges d une demi-douzaine

de rustres, les coiffes

L 1 L j 1 Fig. 203. — Pierre Breughel le Vieux

blanches de leurs .,

^ Kermesse villageoise.

commères, les gran- (Londres. IhUish Muséum.)

TiG. 202.

Pierre Breughel le Vieux.

La Fer.me.

(Londres liritish Muséum.)

I I.AShKh

1 10. 204. — l'IKHKI liHKI (ilIKL LE S IfcUX.

Les Apicii.tkl'rs.

(Londres, lirilith Muteum.)

des tAchct de couirur dr»

valcU et dc« muticicn».

le jaune apfxftutar.t dct omrlrttc*. tcHJl etl du.

Iirnbrc c( latûr.t et harmonieux. Chez Brrughcl.

la douce melfxiic 6r^ pijieaux de Ble* te»!

chanjjcc en de tnompliales sonneries de trompettes.

La Kcrmcau^ du même Muse'e se rapproche du tableau précèdent (fig. 269). Un joueur de cornemuse, dts danseurs villageois et des enfants ; au fond l'auberge et le village. Les masures d un brun marron et le drapeau rouge de lauberge fournissent à Breughel ses couleurs préférées, qu'il dispense ici dans leurs nuances les plus robustes.

Le paysage proprement dit représente la partie la plus noble de 1 œuvre du maître. Deux tableaux du Musée Impénal de Vienne nous en fournissent des exemples. Les Chasseurs et le Retour des 1 roupeaux. Le premier nous transporte dans une contrée ensevelie sous la neige (fig. 270). Au premier plan la plaine, blanche, moelleuse avec des chasseurs et des chiens noirs ; plus loin des étangs gelés avec la jeunesse patinante. Au fond, des terrains s élevant et se terminant par des roches pointues. Le Retour des Troupeaux

(hg. 272) nous fait voir la hn de 1 automne ; les bergers descendent des hauteurs et chassent devant eux le bétail. La tonaJité sombre du premier plan, à peine relevée de quelques taches d'un blanc éclatant, produit une impression apcurante. A lamère-plan, le paysage argenté baigné d une ten-

FiG. 2o5. — Brelghel le ViEi X — Le Massacre

DES Innocents.

(Vienne. Musée Impérial.) (Cliché Bruckmann )

dr

'élè

e lumière s eleve comme une pnère vers un cie!

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