BREUGHEL PAYSAGISTE
FiG. 266. — Pierre Breughel le Vieux.
La Chute de Saul.
(Vienne, Musée Impérial.) (CAiché Lôwy, Vienne.)
plein de rêverie. Breughel est un paysagiste sensible à tous les aspects de la nature et qui en rend les nuances les plus subtiles avec une sympathie toujours éveillée.
Ce n'est pas seulement dans ses dessins destinés à la gravure, c'est aussi dans ses tableaux qu'il a traité des moralités ".A celles-ci se rattachent les Aveuglesdàg.n \ ),undes
deux tableaux du Musée de Naples qui représentent l'un et 1 autre cette particularité que Breughel les peignit à la détrempe, ce qu'il ne fit que rarement. 11 s'agit d'une illustration du proverbe flamand : " Quand un aveugle en mène un autre, tous deux culbutent dans le fossé ". Breughel a même peint six aveugles. Leur meneur barbote déjà dans l'eau ; le second est sur le point de l'y rejoindre ; les autres dévalent du talus à tâtons. Ce sont de pitoyables épaves humaines, d'un aspect lamentable et grotesque, qu on ne saurait oublier quand on les a vues. La saine et paisible nature dans laquelle se traînent ces fantômes ne fait que rendre leurs infirmités plus déplorables. Le coloris de ce tableau est délicieux, très clair : du jaune, du bleu et du vert, le fond grisâtre, le tout d'un ton plus doux que ses pemtures à l'huile. L'œuvre fut peinte en 1 568, c'est-à-dire un an avant lamort du peintre.
C'est encore l'illustration d'un proverbe que / Oiseleur du Musée de Vienne (fig. 274). Un gamin juché dans un arbre enlève un nid d'oiseaux.
Passe un paysan qui le montre du doigt. C'est le commentaire médiocrement clair d'un proverbe
Fig. 2Ô7 — Pierre Breughel le \ieux.
Le Portemknt de la Croix.
(Vienne, Musi'e Impérial.) (Cliché liruckmann.)
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FiG. 268. — PlERHe BUEI-OHEL.
Les Noces villageoises.
(Vienne. Mutée Imp&rialj (Cliché Uruckmann.
/ t. ANDRE
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liisc :
le sait tient
répandue sur tout ce paysage !
Dans le Pavs Je C ocaiinc (lig. 273) ap[)artenant à M. von Kaufmann de Berlin, Breuî^liel a illustre un conte poj)Ulaire. C est la peinture du pays où les cochons rôtis.
accourus aux appels de la fringale, vous apportent, plante' dans leurs flancs, le couteau qui servira à les découper. Ils sont éminennment suggestifs, les quatre gros épicuriens allongés sur la pelouse : un anquième engloutit encore des chapelets de boudins longs de sept lieues. Et la couleur est superbe, éclatante, moelleuse, non plu« appliquée par taches pleines et compactes, mais délayée, onctueusement fondue et lubrifiée. Ce tableau, daté de 1 367. atteste qu avec les années le talent et le métier du grand peintre allcuent encore en progressant.
Pierre Breughel avait un fils. Pierre Breughel le Jeune ( I 364- 1639), appelé aussi Pierre avec le qualificatif d'Enfer, parce qu'il peignit plusieurs tableaux sur lesquels étaient représentées les
flammes de l'enfer ou d un incendie. Il passa la plus grande péutie de sa vie à imiter ou à copier les œuvres de son père : il le fit avec une habileté et un talent incontestables. Il ne se bornait d ailleurs pas toujours à des imitations serviles, et il ne s'assimila souvent que la manière
paternelle. Ln de ses
FiG. 2Ô0. — Pierre Breughel. h 11 1
I» v,rr.x..- -,. ,-,.. ^^^T-r- meilleurs tableaux dans ce
La Kermesse villageoise.
(Vienne. Musée Impérial./ (Cliché Lùwy, Vienne.) Stj'lc CSt le PaX^SOge d Hi-
FIG.27O. — PlKRRK BhKUGHKI.. — LeS (> MASSE 1RS. (Vienne, Musée Impérial.) (Cliclié Lûwy, \'ieniie.)