INFLUENCE ROMANISTE SUR LA PEINTURE
Urbin par le duc Frédéric de Montefeltro, il y peignit pour la Confrérie du Corpus Christi une Cène (fig. 295) qui se trouve encore au Musée d'Urbin. Il exécuta en outre d'autres ouvrages pour le duc : une série de portraits de philosophes et de lettrés, au nombre de vingt-huit, dont une moitié se trouve a Rome au palais Barberini (fig. 296) et dont l'autre appartient au Louvre ; puis une série d'allégories des sept sciences, dont deux sont au Musée de Berlin et deux autres à la National Gallery. La Galerie Barberini possède en
outre le portrait du duc d'Urbin et celui de son fils Guidebald. Le portrait de ces hommes
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l'iG. 297. — JoSSE, DE GaND.
Frédéric de Montefeltro
et son fils.
(Rome, l'alais liai berini.)
(Cliché Aiidersun.)
Fio. 2g8. — GossAERv OU Mabuse. — Saint Ll'c
PEUiNANT Marie.
(Mtisi^e lnipt*rial de \'ieitnc.)
(Cliché L(t)i'\-.)
célèbres se distingue par des tons doux
et harmo- .
nieux et pai une noblesse de formes
évoquant plutôt l'art italien que l'art flamand, d'où il résulterait
que cet homme du Nord, appelé dans le Midi a cause de sa supériorité sur les peintres de là-bas, y aurait répudié le style de son pays d'origine pour prendre celui de son pays d'adoption. Les portraits du duc Frédéric de Montefeltro et de son fils (fig. 297) sont pourtant rendus fidèlement d'après nature, sans souci d'em-
Fig. 299. — Gossaert
OU .Mabuse.
Adam et Eve.
(liruxelles, Sfusàe)
(Cliché Lévy.)
I l.ANUHE
FlO. 3<X). — GoSSAKKi ou MaBI SK.
Danae kic<:evant ia pu ik dor.
(IHnacitthùquc de Munich)
(ClicM HruLkmann.)
tio. 3oi. — (jossAKur OU Marc SE. .M MKjyy..
(!• -ir de Munich f
• itckmann f
bellir. avec une exactitude toute flamande, maigre une ampleur décorative a 1 italienne.
Dans l'ordre chronologique, le second italianiste que nous rencontrons est Jean Gossaert, appelé le plus souvent Mabuse (Maubeuge) du lieu de sa naissance. 11 y aurait vu le jour vers 1472. \'an Mander note qu'il fut " un des premiers qui rapportèrent
, d'Italie la véritable manière
>^^^^*^. d'ordonner et de compxjser
des histoires, plemes de figures nues et de toutes sortes de poésie, ce qui n étcut péis d usage avant son temps dans nos contrées .
Aux Italiens il emprunta leur prédilection pour la beauté du corps humain : il prodiguait les motifs de leur architecture Renaissance dans la décoration de ses panneaux. Mais des pnmi- FiG. 3o2. - Van Orley. - Les Epreuves ^f^ flamands il conserva la
(Musée de BruxeUell ^"^ (Cliché HermansJ gTàvité et l'intimité du sen-