BERNARD VAN ORLEY
l'IO. 3o8. — l^ANCELOT BlONDEEL.
Scènes de là vie des Saints Cosme
ET Da.mien.
(liruges, h^lise Saint-J.icques.)
iCliclu' IhilcJ.)
bienheureux ont revêtu des formes et adopté des manières profanes.
Jean Gossaert avait encore travaillé pour les ducs de 'Bourgogne ; ceux qui vinrent après lui mirent leurs pinceaux au service de Charles-Quint. Bernard Van Orley est le premier de la série des artistes du nouveau règne.
11 naquit à Bruxelles en 1 493, d'une famille noble à laquelle on doit plusieurs peintres. On présume qu'il passa deux fois les Alpes : une première fois entre 1509 et 1515, une seconde fois après 1527. Van Orley fut le peintre attitré des deux gouvernantes des Pays-Bas : Marguerite d'Autriche et Marie de Hongrie. Il mourut en 1542. Il avait encore pu frayer avec Raphaël à
Rome, et on s'imagine avec quelle vénération le jeune Flamand
levait les yeux vers le prince des
artistes de son temps. Les Madones
que Van Orley peignit en grand
nombre dans sa jeunesse, c'est-à-dire
de 1515 jusque vers 1522, portent
visiblement des traces de l'influence
du Sanzio. Il partage avec Gossaert
le privilège de se voir attribuer
nombre d'ouvrages de son temps,
sinon de sa main. Il peignit avec infiniment de soin, et, chaque fois qu'on
parcourt l'histoire d'un de ses vastes
tableaux d'autel, on apprend qu'il
y a travaillé pendant quatre ou
cinq ans. Il doit à Michel-Ange
autant qu'à Raphaël. Il s'attachait
surtout à dessiner de beaux corps, et
il leur donnait plus d'élégance et de
Fui. 3tx). — I .^N(:El.OT Bi.ondeel.
Saint Lrc peignant i.a Vierge.
iHruirc^. Musi'c I (Cliché Daled)
l"Hi. 3lO. — La.HCKI.OT bl.U.HDKF.L. — La Lm.»
i>F. Sai.ht Gkouor».
(Mutée de liruget.) iCIUhi Uruchmann f
FiG. 3ii — Lancelot Blondeel.
Saint Luc et Saint Éloi, patrons
de la gilde des peintres.
(Église Saint-Siiuvettr. lirtiges.f
(Cliché Daled }
- rLANOHI
•vrllcBM? que Gos- •acrt : il Irur prêtait ausM pluH (le mou vcinciil (lrdiiiati(|ur.
Comme Gossacrt. il ihusait ticsornrrnrnt»
ci arclutrcturr. iMais son coloris picm et un» tend vers une lonaliti- plus sombre.
Un de ses chefsd'œuvre est le Jugement Dernier et les Sept G'iuvres de Miséricorde (tig.
304) du Musée d .Anvers, commandé par les Aumôniers de celte ville. C est un triptyque. Au milieu, Iinhumation des morts; sur 1 un des volets, trois des Bonnes Œuvres ; trois autres sur le second. Van Orley eut la singulière inspiration de peindre la première des i Bonnes Œuvres, l'inhumation des morts ". dans la vallée de Jo-
saphat. tout comme \ an der W eyden fait consommer l'un des Sacrements au pied de la Croix. Plus tard, il donna les têtes de Luther et de Melanchton a deux des assistants au Jugement Dernier.
Les Epreuves de Job (lig. 302).
un autre des ouNTages capitaux du maître, lui fut commandé par Marguerite d'Autriche pour le comte Antoine de Lalaing. Il se trouve au Musée Royal de Bruxelles. De multiples rappels des œuvres italiennes, des mouvements tourmentés, des attitudes audacieuses, montrent quelque emphase dans leur effet trop voulu ; telles . sont les critiques que l'on jx>urrait faire au panneau pnnapal. Le colons est un peu artificiel aussi, mais
I'k;. 3i2. — Van Coxcyen.
.Mahtvre de Saint Sébastien.
iMusée dWnpers.) (Cliché llcrmans.)