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LA MAISON DE RUBENS

On a nommé avec quelque raison ce style

le style Jésuite '*, quoique ce fût celui de

presque toutes les églises du XVII^' siècle, mais

ce sont les Jésuites qui l'ont lixé et propagé.

On lui a donné aussi le nom de ' ' style Ru-

bens ", sous prétexte que l'église des Jésuites

d'Anvers aurait été édifiée en grande partie

d après les plans de l'illustre peintre, ce qui est

inexact.

Rubens ne traça d'autre plan d'architecture

que celui de sa propre maison. Son amour de

l'antique s'y concilia avec son originalité créatrice : il sut combiner la beauté décorative des

palais italiens et particulièrement génois avec les

exigences de la nature septentrionale, et il en

résulta son admirable hôtel d'Anvers (fig. 394).

Dans ce style luxuriant de l'arrière-Renaissance

furent aussi construites nombre de maisons de

gildes, dont la plus élégante est celle des

7 anncf/r.s (1644), acquise depuis 1755 par les

menuisiers, sur la Grand' Place d'Anvers. Il

existe dans les principales villes, et notamment

à Anvers, quelques maisons de maître construites dans ce style. Leur

principal ornement est la porte cochère à large encadrement en pierre

de taille, munie de solides armatures et décorée de capricieuses volutes.

L'aspect général en est cossu mais imposant. Les œuvres les plus re-

. .^ marquables créées a cette

époque ont pousse a I extrême la licence et la bizarrerie de l'invention, ainsi pour les maisons encadrant la Grand'Place de Bruxelles. En 1695, lorsque le maréchal de Villeroy, commandant l'armée française, bombarda Bruxelles, une grande partie de cette ville et presque toutes les maisons de corpora-

FiG. SgS. — Anvkus.

Tour de l'église

des jésuites.

((Cliché llermans.)

Fig. 3q4. — La maison de Ribens, a Anvehs. (Clichi' llcrwaiix )

/ai.

de U Gfand i'iacc I ificrndiérf. L'Hc^

i^l^tmL

fio.

Î95. — Bki XEI.I.KS. — MaISUNS DK LA GraND'PcACE.

(Cliché Sfti.)

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furrnt

t<l cjr VMIr et une »ruJc maiton dr ^ildr drmrurèrrnt intacts : la maiu>ri du Roi ( Brfxxihuu). un U)ou

du plu» drliciru" ;ue

trriiairc, fut v\. . en

partie. L'administration communale ordonna aux ;?ildrs dr reconstruire immcdialcrnent leur» maisons, ce qui (ut fait en quelques anne'es. de 1696 à 1699. Avec r Hôtel de Ville et la maison du Roi, elles transforment la Grand* Place de Bruxelles en un forum qui pour la beauté', l'originalité et le pittoresque. n*a d'autre rival que la place Sair.t-Marc à \ enise. Toutes ces maisons se le disputent en richesse et en fantaisie. Les pignons pointus ont disparu, ici comme partout, et sont remplacés par des frontons vanés. triangulaires ou arrondis, orne's de fenêtres, de moulures et de sculptures . surmonte's souvent de statues , de vases ou de ligures allégoriques ; les façades sont décorées de colonnes, de cartouches, de balustrades, de figures et de guirlandes. On s'ingéniait à mettre de la vie et du mouvement sur les murs froids et raides ; on voulait faire péirler et chanter les édifices, et on parvint à réaliser cette gageure sans tomber dans un luxe de mauvais goût. Une de ces maisons, celle des Bateliers, se couronne d'un pignon exactement copié sur la poupe d'un navire (fig. 395).

Le xviii* siècle n'a pas édifié de monument de grand ca- ^ ^ . .

V j ^ 11 1 f^'G- 3*^- — Antebs. — Palais dl" roi.

ractere ou de réelle valeur ar- ' (ciiché Hermans t

FiG. 397. — Artus Qlki.lin.

Cariatidks.

(Hùlel de Ville dWmslerdatu.)

(Clichù llcrmans.)

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