REACTION CONTRE LE STYLE BAROQUE
Louvain. Les haies de clôture y furent ajoutées en I 780 par Théodore Verhaegen.
Mais les statues de Saints, le long des piliers des églises, ne gardaient pas cette réserve ; le geste était devenu déclamatoire, la musculature houleuse ; les draperies semblaient vêtir des acteurs. Pour sauver la sculpture, une réaction contre le style baroque était devenue indispensable. Cette réaction s'annonçait déjà au milieu du XViir siècle ; elle était provoquée parle mouvement archéologique, que venaient accentuer les découvertes d'Herculanum(l 737) et de Pompéi ( I 738) ; elle fut renforcée et poursuivie scientifiquement par Winckelmann (1717-1 768). Un des premiers monuments inspirés par ce style néo-antique fut la fontaine élevée par Jacques Berger aux frais de Lord Bruce sur la place du Grand-Sablon, à Bruxelles (fig. 403). Lambert Godecharles (Bruxelles, 1 750-1835) (fig. 404), le premier des artistes de valeur engagés dans cette voie nouvelle, acheva ses études à Pans et à Rome ! En I 780, il était rentré à Bruxelles, où il exécuta quantité d ouvrages : le fronton du palais du Parlement, les bas-reliefs et les sculptures du château de Laeken, des statues pour des églises de
Bruxelles. Il n'adopte pas la noblesse classique et modèle ses figures avec un sentimentalisme qui confine à la langueur.
Mais c est encore une fois surtout par son école de peinture que la Flandre s'est illustrée au XVU siècle. Avec Rubens commence un nouvel âge d'or.
Il naquit le 28 Juin
Fie. 407 — RuBKNS. — L Adokation uts MA<ij;s. (Musée du Prado, Madrid.) (Cliché .XnderxnnJ
FlO. 408. — RUBENS. — L'ÉRECTION
DE LA Croix.
(.\nvcrs. Cathédrale.} (Cliché Hermans 1
1577 a Sicyrri, petite villr dr WcftphtiJic. ou Kl famille vivait ri exil. Apre» la mort du pèfc.
la mcfc revint à Anvcrt avec urt rnfanls. Le )eune Picrre-I^aul y frc(|uenta jusqu'à sa quin/jcmc année l'école latine, puu entra en apprentissage chez To^jic Verliaeclit. un [>aysagiste ; inl.
dans le goût de Jos»c iJ ...>m- IJt'T. Ensuite, il devint lélcvc d'Adam Van Noort (1557-1641).
dont nous ne connaissons fx^inl de tableau authentique et qui. a en )uger par ses dessins ou par les gravures exécutées d'après ses tableaux, nétéut qu'un médiocre et doucereux imitateur des Itéilianistes. Le troisième et le seul véritable maître de Rubens hit Otto Venius, dont 1 influence est manifeste dans ses toutes premières œuvres. En 1600, à l'âge de vingt-trois ans. Rubens partit pour l'Italie, le pays de ses rêves : il y demeura huit ans. transporté d'enthousiasme pour les chefs-d'œuvre des grands artistes des XV*' et xvr siècles et étudiant aussi avec une admiration passionnée les vestiges de l'architecture et de la sculpture antiques. Il fut le peintre attitré de \ incent de Gonzague, duc de Mantoue. et il
exécuta quantité d'ou\Tages pour ce pnnce. entre autres la Sainte Trinité, adorée par les parents du duc, avec le Baptême et la Transfiguration du Christ, A l'occasion d'une mission dont le duc de Mantoue le chargea en Espagne en 1603, il exécuta divers tableaux pour Philippe III. Plus tard il brossa en Italie quantité d'ou\Tages. Par-
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Fu;. 409— Rlbens. — La Bataille des A.mazones. (Munich. Pinacothèque.) (Cliché Bruckmann.)
PIERRE. PAUL RVBENS
KiG. 410. — RiiiKNS. — L'aiieur
i;t sa kemme.
(Pinacothèque de Munich.)
Cliché liruckitiaun.
mi ceux qui nous sont parvenus, il faut placer le tableau dit des Quatre Philosophes (fig. 405), qui représente Rubens lui-même, son frère Philippe, son ami Jean Woverius et Juste Lipse, professeur des deux derniers ; Ronwlus et Rémus (fig. 406) au Musée du Capitole à Rome ; les Deux Satyres de la Pinacothèque de Munich et d'autres encore. Le dernier tableau qu'il exécuta en Italie fut un Saint Grégoire avec d'autres Saints, qu'il rapporta à Anvers lors de son retour et qui se trouve aujourd'hui au Musée de Grenoble.
Il peignit pour la Chiesa Nuova, à Rome, trois tableaux traitant le même sujet. En octobre 1 608, il revint
à Anvers. Il était alors en pleine possession de sa personnalité artistique, doué d'une imagination prompte et hardie et d'une main capable d'interpréter tout ce qu il voyait ou rêvait. Nous n'avions plus chez nous un seul artiste de haute valeur : la vieille sève flamande allait s'épuisant, et les efforts isolés pour raviver l'ancien foyer d'art avaient échoué. Rubens survint, apportant une force nouvelle, et l'on vit le fervent naturalisme de la Flandre ancienne rehaussé par la prestigieuse fantaisie des maîtres italiens, amplifié par une puissance créatrice, dont les prodiges n ont jamais été renouvelés.
Ce merveilleux don d invention s'alliait chez lui à un empire sans bornes exercé sur la couleur et sur la lumière, empire qui s'assagit et s'affina
avec le temps, mais qui
., . ^ /i . • iMG. 411. — Rubens.— Diane revenant
s était révèle tout-puissant ^^ ^^ ^„^,3^
dès le début. A peine iMusée de Dresde.) (Cliché Hanfstaengl.)
b ctail-il lixc ù Anvers que les arcliiduc» se l'atlachcrcnl comme peintre de leur cour el que les commande»
affluèrerjl a son alelu-r. Ln \(W, le maKislrat d'Anvers lui commanda uik- Adorai inn des Maf^cs (lijç.
407) destinée a orner une salle de l'hôtel de ville, tableau (jui se trouve aujourd'hui au Musée de Madrid. Pour l'eglise Sainte- \V alburge, il peignit en 1610 une Erection de la Croix que possède actuellement l'église Notre-Dame d .Anvers ; de 1 6 1 2 à 1614, il exe'cuta pour la confre'rie des Arquebusiers la célèbre Descente de
FiG. 4l3. — RlBENS.
La Dernière Communion
DE Saint François.
(Musée d'Anvers.} (Cliché Hermans.)
F:G. ^12. — RfBENS. — La Descesje de Choix. (Cathédrale d' Angers.} (Cliché Hermatu.)
la Croix place'e dans la même église.
\J Erection de la Croix (fig 408) prend place parmi les chefs-d'œuvre du maître. Et pourtant ce tableau appartient encoreia sa première manière, celle qu il rapportait d Italie : une ardeur de tons oïl l'on sent couver une flamme mal éteinte: une composition fougueuse ; des corps d athlètes aux muscles déchaînés.
Les bourreaux cramponnés à la croix du Chnst l'erigent avec des efforts surhumains. Le Chnst lève les yeux vers son Père céleste avec une détresse poignante mêlée de confiance. Admirable contraste de l'élévation morale dans ce qu'elle a de plus sublime et de la violence physique dans ce qu'elle a de plus brutal ! Le Tintoret avait |