‹ Flaubert, sa vie, son caractère, et ses idées avant 1857Chapitre 4 sur 28 · THEATRE · texte numérisé non relu

THEATRE

Comédie-Française : M. Vanderbuck a fait un drame intitulé Jacques 11 (ordinaire) .

— Victor Hugo a fait un nouveau drame.

— Ango de Dieppe a paru.

— Nous avons dans notre ville un violoniste norvégien dans le genre de Paganini (au dire du père Fournier) surnommé Old-Buck,

— On répète en ce moment sur notre gentil thé.âtre de Rouen Angelo et le Cheval de bronze, encore des perles aux pourceaux (2).

La variété des lectures de Flaubert n'est pas une preuve moins suggestive de sa vive curiosité : ses lettres indiquent les auteurs ^ dont il fait alors sa nourriture intellectuelle. Il connaît Berquin, Scribe, et les proverbes de Marmontel (3), les drames de Hugo (4), V Histoire des ducs de Bourgogne de Barante (5), Antomj qu'il recommande à Chevalier (6), ainsi que Catherine Howard du même Alexandre Dumas (7), et les Enfants d'Edouard (8) ; enfin Shakespeare, Walter Scott et Voltaire (9).

L'ensemble de ces faits est, on le voit, suffisant, pour que dès avant sa quinzième année nous apercevions une orientation très nette de son esprit vers la littérature. Il faut se demander

(1) Lettre inédile à Chevalier (18 juin 1835).

(2) Lettre inédite à Chevalier (23 juillet 1835). Voir encore renseigaerneûts analogues, Corresp., 1, 11 (12 juillet 1835).

(3) Corresp., I, 5 (3 avril 1832).

(4) Lettre inédite, août ou septembre 1833 : il parle de Marion Delorme à propos d'une visite au château de Nangis.

(5) Corresp.^ I, 11 (12 juillet 1835).

(6) Lettre inédite (18 juin 1835).

{1) Catherine fîoward : première représentation Porte-Saint-Martin, 2 juin 1834. (S) Lettre inédite (23 juillet 1835) (voir Corresp., I, 12; 14 août 1835). (9) Corresp., I, 12 (14 août 1835).

maîntenaRt si cette vocation précoce n'a pas été provoquée ou modifiée par l'influence de sa famille ?

Quant à M"^^ Flaubert la question peut être tranchée par la négative. Elle fut une excellente mère, mais très simple, nullement artiste, et même passablement bourgeoise. Telle du moins nous la montre le portrait que Du Camp a tracé d'elle. Il est possible que Gustave lui soit redevable de son « impressionnabilité et de cette tendresse féminine qui débordait de son cœur ))(!). Mais pour le reste elle est restée sans action sur la formation intellectuelle de son fils (2).

Ses biographes avouent qu'elle n'était point une lettrée (3). Elle eut ce mérite incontestable de laisser à ses enfants leur pleine liberté de conscience : élevée elle-même dans un milieu déiste (4), elle en conserva l'esprit de tolérance et la largeur d'idées. Cette remarque est importante : elle explique en partie pourquoi Flaubert, même dans sa jeunesse, n'a point été, au sens catholique du mot, un croyant, et pourquoi, traversant vers la vingtième année une crise de profond découragement, il n'a pas cherché dans la religion le principe consolateur qu'on lui demande souvent; mais le fait ne touche en rien au développement de sa vocation littéraire ; l'empreinte de M™*^ Flaubert fut à cet égard sans effet.

Son fils l'a beaucoup aimée ; il garda toujours pour elle des paroles câlines et des caresses de petit enfant (o). Mais presque

(V; .Vl"« uoiumaiiviU-:, Souv. intbncH, p. x.

(2) Au inoHJS .1 cette époque (1838) alors que sa vocation n'a encore rien de détinitif. La famille Flaui)ert e^t alors très heureuse; ce n'est qu« plus tard aitrès la mort du doct-uretde Garoiiue (i846) que Mn»e Flaubert seule à Croisset deviendra Tadmirable « Mère d'artiste » qu'ele fut, sachaut à merveille éviter à Gustave les soucia de la vie matérielle et Teutourer «le siltnce dans la liberté de son travail.

(3) Renée tl'Ulmès, Les Mères d'artistes : Midame Flaubert, dans la Revue des revues, 15 octobre 1902.

(4) Sa propre famille, et la famille du D"" Laumonier. Voir sur ce point Dr Pennetii'.r, Le chirurgien Laurrionier, 1748-1818 (Kouen, Lecerf, 1887).

(5) Voir entre autres ï^'» letlr»;» écrites par Flaubert à sa mère pendant le voyage d'Orif nt (1848-.'5u) et les Lettres à sa nièce.

Grjarles I..apierre {Esquisse sur Flaubert intime, p. 14) raconte que toute sa vie Gustave conserva l'iiabitude d aller le soir, à n'importe quelle heure, embrasser

jamais il ne reiitretenait de ses projets, de son travail, des théories d'art qu'il se plaisait à exposer dans ses autres lettres. C'est à croire que M'"^ Flaubert s'en inquiétait assez peu. Malgré son air sévère et froid elle était, comme l'appelle (justave, une brave femme, c'est-à-dire une femme de sens très droit qui voulait le bonheur de son fils, mais ne songeait pas à lui inspirer le goût de ce qui la laissait elle-même à peu près indifférente.

On a voulu au contraire attribuer au D"" Flaubert une influence considérable, prépondérante, sur le caractère de Gustave : la conception d'art de celui-ci, ses opinions littéraires ou philosophiques, toutes les particularités de son talent seraient uniquement le fait de son père, ou plus exactement du milieu médical représenté par le docteur et son fils aîné Achille. Telle est l'idée fondamentale du livre de M. Dumesnil.

A ce compte, c'est un grand bonheur que l'auteur de Madame Bovary soit né du chirurgien de Rouen, et non d'un rentier, ou d'un avocat, ou d'un autre. Peut-être M. Dumesnil a-t-il été entraîné bien loin par son désir de prouver la mentalité médicale de Flaubert (ce sont les termes mêmes qu'il emploie). Il a vu, si j'ose dire, du médecin partout, même où il n'y en avait guère (1). Sans doute il est souvent question de médecine dans ses romans. Sans doute encore il y a des descriptions d'opérations chirurgicales ; la thèse sur Flaubert et la Médecine développe avec abondance ces arguments. Mais suffisent-ils pour conclure que « s'il ne fit pas d'études régulières en médecine, il ne fut pas moins un médecin dans le sens le plus large et le plus élevé du mot » (2) ? On ne sait véritablement que penser de

sa mère endormie quand il rentrait ou se préparait à se coucher. Voir aussi Corresp., I, 166 une preuve de son affection filiale.

(1) Par exemple : Bouilhet, du Camp et Flaubert s'amusèrent un jour à écrire une tragédie burlesque intitulée Jenner ou la découverte de la vaccine, où tout était dit, même les pires grossièretés, en métaphores « nobles » genre Delille ou Pongerville (voir Corresp., Il, 99, et Du Camp, Souv. litt., I, 238 et sqq.) M. Dumesnil, tout en reconnaissant l'intention satirique de cet essai, y voit une preuve certaine du goût de Flaubert pour les choses médicales. C'est peut-être beaucoup dire.

(2) Dumesnil, op. cit., 125.

phrases comme celles-ci : « Chez Flaubert Thomme delettres est au service du médecin, Tun complète admirablement l'autre » . L'intérêt de Madame Bovary ne réside cependant pas uniquement dans répisode du pied bot où de Tempoisonnement, et la maladie du petit Arnoux, la mort de M. Dambreuse, ne sont pas toute V Education sentimentale. Il est regrettable que le point de vue très original de M. Dumesnil Tait conduit à de semblables paradoxes ; son résultat le plus clair a été de faire sacrifier l'écrivain et l'artiste à l'érudit soucieux des mots propres et des termes techniques. Peut-être en effet retouverait-on chez ce dernier le souvenir lointain de la profession du D^ Flaubert ; il est bien possible celui-ci ait donné à son fils le goût (( d'une observation minutieuse qui le faisait passer des temps infinis à se rendre compte du plus petit détail » (l). Mais il ne l'a certes pas encouragé, dès sa jeunesse, à porter cet amour de la précision dans l'étude des lettres. Il aurait bien plutôt dirigé la curiosité de Gustave vers les sciences où déjà il avait poussé son fils aîné (2). Parmi ces esprits trèè positifs notre auteur

(1) 8ouv. intimes^ p. x. Cette idée a été reprise par Bourget dans ses Essaii de psychologie contemporain fi.

(2) La question de savoir si Flaubert avait fait Je véritables études médicales a été posée dans V Intermédiaire des chercheurs et des curieux^ t.. XX, p. 740, et à nouveau daus la Chronique médicale du l^r octobre 1896. On y a répondu, selon nous fort justement, que jamais Flaubert ne s'en ét^it occupé {Inte?'médiaire, t. XXI, p, 79). Des critiques très sérieux ont cependant décidé pour l'affirmative, et leur autorité a servi à accréditer cette légende. C'est ainsi que Taine écrivait en 1867 à propos de Flaubert (dans Vie et opinions de M. Frédéric Thomas Graindorgé) : « il a disséqué longtemps sous son père qui était médecin ». A son tour M. Jules Lemaître {Revue Bleue, 1879, t. XXIV, p. 343), rappelait à ses lecteurs que Flaubert « avait longtemps pratiqué les sciences naturelles avant d'écrire Madame Bovary». La même affirmation se trouvait encore sous la plume d'an Roueanais, au lendemain même de la mort de Flaubert {Nouvelliste de Rouen, du 9 mai 1880, art. signé Gh. F. L.) et dans les Notes et Souvenirs que M. J. Félix, lui consacrait peu après (brochure de 34 pages, Rouen, Schneider 1880, p. 12). On conçoit les raisons qui ont pu faire admettre une telle hypothèse : Flaubert est fils d'un médecin, et ses romans révèleut une connaissance pychologique du cœur humain tellement approfondie qu'on n*a jamais trouvé, pour en rendre compte, de meilleure comparaison que celle de « dissection anatomique ». Quelques années après l'apparition de Madame Bovary, une caricature, due à Lemot {La Parodie de décembre 1869, reproduite dans la Chronique médicale du l^f novembre 1900), représentait le romancier debout auprès d'une table d'autopsie devant un cadavre de femme, et br^dissaut au

serait sans doute resté longtemps étranger aux choses de Tart, s'il n'y avait eu que le docteur pour lui en faire apprécier les beautés . Vers 1845, lorsque Flaubert, après avoir achevé son droit, se résolut à confesser qu'il écrivait et ne voulait rien autre que faire de la littérature, le père Flaubert se montra fort mécontent, Max. Du Camp rapporte à ce propos (1) qu'il s'endormit à la lecture d'un des premiers romans de Gustave (2), et, réveillé,

bout d'un scalpel le cœur de sou héroïne. Le symbole est assez clair : il explique comment on a pu être entraîné naturellement à supposer que Flaubert avait dans sa. jeunesse, étudié la médecine sous la direction de son père. Il n'en est pas moins vrai que cette opinion ne repose sur rien : les biographes autorisés, Mme Franklin Grout, M. Du Camp, les Goncourt, Maupassant, n'ont rien indiqué en ce sens.

Tout récemment encore, M. René Dumesnil a repris et tranché affirmativement cette question des études de Flaubert. L'appendice IV de son travail a pour titre : Les études médicales de FlaubeyH. Or M. Dumesnil n'apporte aucun argument nouveau à l'appui de la solution qu'il adopte. Les textes par lui cités (p. 45, 125, 336 et suivantes), sont des fragments de lettres où Flaubert raconte à E. Chevalier « qu'une femme n'est pas belle sur la table d'un amphithéâtre » (Corresp., l, 15; 24 juin 1837). à Louise Colet qu'il jouait avec Caroline dans l'amphithéâtre (Corresp., II, 268; 7 juillet 1853, etc.). Il n'y a rien qui permette d'interpréter de telles réflexions dans le sens d'études régulières et suivies. M. Dumesnil ajoute (p. 336) : « Sorti du lycée il dissèque avec Bouilhet et son frère Achille » ; encore faudrait-il nous en donner la preuve : elle n'est poiut dans l'ouvrage de M. Dumesnil. Plus loin : « quand il eut à souffrir de sa névrose il étudia avec ardeur la pathologie dans le but de connaître le mal dont il souffrait ». Or, en premier lieu, la névrose de Flaubert n'apparaît qu'en 1843, et ensuite les allusions qu'il fait à son mal dans ses lettres à Louise Colet, loin d'indiquer qu'il en ait compris la nature exacte, montrent bien plutôt son embarras à en décrire d'une façon précise les symptômes pathologiques ; il en parle par comparaisons, par images, et non comme aurait pu le faire un homme versé dans la pratique médicale où seulement familiarisé avec les connaissances techniques. En somme, la discussion de M. Dumesnil est, sur ce point, trop superficielle et ses affirmations très catégoriques (p. 115) nereposent sur rien. J'ai pour ma part vainement cherché, dans la Correspondance ou dans les Lettres inédites, un document authentique pouvant donner une apparence de réalité à l'hypothèse d'études médicales commencées par Flaubert soit avant, soit après 1840. J'ajoute même que pendant sa jeunesse, aucune de ses lectures ne paraît avoir porté sur des ouvrages scientifiques: ses lettres en font foi. Dans ces conditions, je crois que la solution négative est la seule exacte. Flaubert a été élevé dans un hôpital, et entre deux médecins, c'est vrai. Mais ce fait est l'explication suffisante des fragments de lettres qu'on trouvera citées ici même (1^* partie, chapitres I et V, Ile partie, chapitre ii). Il n'y a rien de plus à en induire.

(1) Du Camp, Souv. lilt., I, 220-221 : « La littérature, la poésie, disait le père Flaubert, à quoi cela sert-il, personne ne l'a jamais su ».

(2) Probablement VÉducation sentimentale première manière.

manifesta hautement son peu d'estime pour le métier d'écrivain, métier facile d'après lui, à la portée de tous les gens de loisirs et parfaitement inutile. « Esprit porté vers les choses pratiques, écrit un de ses biographes, tout ce qui n'avait pas en soi un caractère d'urgence, un but précis d'utilité, n'attirait de sa part aucun intérêt sérieux (1) ». C'est dire assez que le docteur n'était pas homme à beaucoup favoriser la vocation désintéressée de son fils : l'exactitude qu'il observait lui-même dans ses recherches médicales pourra servir un jour d'exemple au romancier. Mais dans sa jeunesse, Flaubert reste bien plus un Imaginatif qu'un analyste rigoureux. Pareilles dispositions ne pouvaient qu'être combattues par son père : celui-ci n'a, en résumé, aucune part dans l'éclosion et l'épanouissement du goût artistique manifesté, comme on vient de le voir, par les premières lettres delà Correspondance (2).

Et cela permet de conclure que l'influence de sa famille sur le caractère et les idées de Flaubert se réduit à bien peu de chose. Car une telle influence, lorsqu'elle existe autour d'un enfant, se traduit ordinairement par une orientation générale de ses tendances et de ses occupations. Le choix d'une

(1) D' A. Vedie, Notice sur M. Flaubert, p. 23; voir encore Maupassant, Étude, etc., p. 1. Le D"" Flaubert avait cependant une culture classique très complète et aimait à citer les anciens (Vedie, p. 6). Mais il suffit de lire le récit de ses travaux pour voir que son ardeur et son dévouement n'étaient tournés que vers la science. Du Camp {Souv. litt., 1, 178, in fine) écrit à son tour: « Cet homme intelligent et de vie ardue, ce travailleur, niait systématiquement les lettres et ne leur reconnaissait d'autre valeur que celle d'uae distraction. »

(2) Il faut même ajouter que si l'on trouve facilement des arguments en faveur de la mentalité médicale de Flaubert, la Correspondaîice fournit des preuves aussi suggestives du peu de sympathie qu'il éprouvait à l'égard des médecins. Non seulement il jugeait leur style « long et vide » {Corresp., III, 347; 18 décembre 1867). Mais il ne se gênait pas pour avouer qu'il les méprisait (Le^^re* à sa nièce, p. 238, 1872), qu'il avait pour leur science uue très mince considération {Corresp.,111, 5; 18 août 1854. — Voir encore ibid.^ 330; 16 juillet 1867, in fine\ — de même Journal des Goncourt, V. 107). On pourrait donc faire bien des restrictions à la conclusion de M. Dumesail.

Le seul poiut où l'intluence du père Flaubert se soit manifestée d'une façon visible est d'un ordre bien différent. Le docteur très nerveux était, paraît-il, sujet à de violentes et soudaines colères, qui s'apaisaient aussitôt (M. Dumesnil, op. cit. p. 4, 86). Gustave peut bien tenir de son père sa nervosité, son naturel emporté et facilement irritable, quoique foncièrement bon.

carrière est, notamment, déterminé souvent par l'exemple paternel et les traditions héréditaires. Ici au contraire, nous constatons sur ce point une divergence complète.

Peut-être devra-t-on, par la suite, reconnaître dans les théories de notre auteur le souvenir du milieu scientifique et posilif où il a vécu. Mais rien de semblable n'apparaît au moins jusqu'à sa vingtième année. Personne, dans son entourage immédiat, n'est alors à môme de favoriser ses aptitudes par des conseils autorisés, ni de porter grand intérêt à ses premières tentatives littéraires. Achille Flaubert, de neuf ans plus âgé (1), prépare ses études médicales; les relations des deux frères semblent d'ailleurs avoir toujours manqué d'une sympathie bien vive (2). Sa sœur Caroline s'occupe seule avec lui du théâtre du billard ; ils font ensemble leurs devoirs. Mais elle est plus jeune de trois ans : c'est-à-dire qu'à l'époque où nous nous plaçons sa personnalité est encore bien effacée (3).

Nous devons donc chercher en dehors du foyer de famille ce qui a pu laisser trace dans l'esprit et les sentiments de Flaubert.

L'honneur d'avoir éveillé et préparé sa vocation revient en grande partie à Julie et au père Mignot (4). C'est au collège, et au milieu de ses camarades, qu'elle va maintenant s'affirmer et se préciser.

(1) Achille Flaubert était né le 9 février 1813.

(2) Il est très peu question d'Achille dans la Correspondance surtout à l'époque dont nous nous occupons. Les Lettres à sa nièce en parlent à plusieurs reprises : mais l'on sent toujours une pointe d'ironie, sous la plume de Flaubert, qui considérait volontiers son frère comme un bourgeois (par exemple p. 238, 336, 337, 409), ils se voyaient rarement en dehors des relations d'affaires, et des visites de politesse. Ajoutons qu'Achille s'était marié le le-- juin 1839, et n'habitait plus la maison paternelle. Plus tard il restera seul à Rouen, tandis que M™» Flaubert et Gustave se retireront à Croisset.

(3) Sur Caroline Flaubert voir 11^ partie, chapitre m.

(4) En partie seulement car l'innéité y est assurément pour beaucoup. Sur ce point je partage entièrement l'avis d'un critique contemporain qui écrit :

« D'où son irrésistible vocation lui venait-elle ? Les théoriciens peuvent à loisir interroger son hérédité ou étudier son milieu, ils ne découvriront ni dans le caractère de ses ancêtres, ni dans les conditions où se développa son enfance, l'origine de la passion qui subjugua ce fils de Champenois et de Normand, élevé sur les genoux de la médecine {sic) dans une dépendance de l'hôpital. Le travail divin qui aboutit à Téclosion d'une intelligence contient toujours une part d'énigme » (Henry Laujol, Revue bleue, 22 février 1890).

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