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liste dans tous les sens et féconder chacun selon ses aptitudes. Elle a dû en compléter quelques-uns outre mesure, faisant de Michel-Ange un statuaire, un architecte, un peintre, un poëte ; et, de Benvenuto Cellini, un statuaire, un ciseleur et un bijoutier. Ici, les hommes ont dû sentir l'harmonie qui, dans le beau, préside aux contrastes ; ils ont pu marier le riche et le simple, la vigueur et la grâce, le large et le fini dans toutes les créations de l'art, depuis la coupole du temple jusqu'à la coupe du festin. »
Si la pauvre belle Italie a perdu son génie créateur, si elle ne produit plus ni fulgurants artistes, ni merveilleux artisans, elle a, du moins, retrouvé le sentiment douloureux de sa grandeur déchue. Le regret est déjà un élément de vie, puisqu'il engendre l'espoir et le désir, précurseur de la force et de la volonté.
D'ailleurs, en fait d'art, les modèles du passé
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sont là pour l'avenir. Outre que les monuments de l'ère chrétienne sont encore debout, les musées des villes et les collections des amateurs ont recueilli tout ce qui a échappé aux dévastations de la conquête étrangère et au trafic des souverains. L'Italie était si riche, qu'il n'a pas dépendu du monde entier, rué sur elle, de la dépouiller. A Rome, il ne s'agit que de fouiller la terre, quelquefois à la profondeur d'un fer de bêche, pour en faire surgir des merveilles inconnues. Le Vatican et le Capitole ne semblent pas se ressentir de la fureur des barbares, et telle famille princière qui a vendu à la France, au commencement de ce siècle, de quoi remplir notre musée des antiques, a extrait littéralement, du sol inépuisable de ses villas, depuis cette époque, dix fois plus de statues, de vases, de groupes, de bustes, de sarcophages et de vasques qu'elle n'en avait cédé à l'empereur Napoléon.
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Et, par parenthèse, notre musée d'antiquités de Paris est très-inférieur, comme choix autant que comme étendue, je ne dis pas seulement à ceux du gouvernement pontifical, mais encore à ceux de certains particuliers de Rome.
En dehors de ces grands dépôts d'art, dont l'Italie regorge encore, elle conserve, sinon ses monuments, du moins ses traditions de goût sérieux et de brillante fantaisie dans de moindres sanctuaires. Après les galeries royales ou princières, il y a le cabinet de l'amateur, et, après le trésor des chapelles, cathédrales et couvents, il y a encore, et ceci n'est point d'un moindre intérêt, la boutique de l'antiquaire.
Longtemps avant que la mode du bric-àbrac se fût popularisée chez nous (et ce nom donné aux magasins de curiosités, dans l'argot parisien, prouve l'humilité de leur origine), le commerce des objets d'art anciens était répandu dans les ^illes . dans les bourgades, et jusque dans les caoanes -de l'Italie. Après que tous les nababs de l'univers ont rem-
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pli leurs palais et leurs galeries de ces débris d'une intarissable splendeur, les passants modestes trouvent encore de quoi remplir leurs poches, et rapporter, de cette terre sacrée, un petit souvenir attendu par les amis ou par la famille ; qui aura une médaille, qui une pierre gravée, celui-ci un petit fragment de mosaïque, celui-là une poterie étrusque ou romaine. Ces produits de l'antique industrie sont encore si abondants, qu'on peut se fier à leur authenticité, pour peu qu'on y regarde. Mais ceux qui datent des temps plus modernes, et de la renaissance particuhèrement, appartenant à une floraison de moindre durée et à une nationalité italienne beaucoup plus restreinte que la grandeur romaine, et sa domination sur le monde, sont infiniment plus rares et plus précieux dans le commerce pour les vrais amateurs.
Parmi ces derniers produits, uue certaine pré« dilection s'est attachée aux plus fragiles, par conséquent aux plus rares ; c'était dans l'ordre. L'art céramique, depuis les temps les plus reculés, avait doté l'Italie de modèles admirables en matières simples et solides, toujours à la disposition de l'homme, les marbres et les métaux. Mais l'art du potier, à force de dégénérer, s'était perdu.