‹ Fleur d'orChapitre 11 sur 13 · LA DESCENTE · texte numérisé non relu

LA DESCENTE

Et le gouffre ainsi qu'un être affreux À semblé l'engloutir en son sein monstrueux ; Le torrent, dans le fond, de son cri sourd de bête Affamée, a rugi comme un hymne de fête.

Tout se taisait d'émoi. La nature semblait Avoir cessé ses bruits ; chacun restait muet, Haletant, effrayé d'une audace pareille. . . .

O sainte Liberté, quoi donc, quelle merveille N'accomplirait-on point sous ton souffle puissant ?

Or le noir, prudemment, avec lenteur descend,

pareil à l'épave en la mer qui s'abîme, Doucement, soutenu par l'espoir qui l'anime, Il descend. Tous en haut, oubliant leur horreur,

ancent près des bords du gouffre, sans frayeur ; A l'admiration l'épouvante a fait place.

Ils iw songent qu'au noir, à sa sublime audace !

Et lui descend toujours. — Il sent que le trépas Aifronté, l'accompagne à chacun de ses pas ; Impassible, il descend.

Hélas ! pour qu'il arrive A la fleur, il lui faut atteindre l'autre rive De l'abîme effroyable. Or un arbre abattu • Par la foudre, au, travers du vide suspendu, Lui doit servir de pont aérien. — L'esclave L'atteint bientôt, se signe et s'aventure, en brave Qui ne craint le danger, sur ce frêle support.

Chacun ferme les yeux, s'attendarit à sa mort, A cet effondrement horrible d'une audace Qui tente le destin ! . . .

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