LE GOUFFRE
L enfant rit : i - Bah ! :o ue de n 5urrlcd î » Dit-elle en s'approchait près da gouffre béant. Tous tremblent.
Cependant comme il n'est point séant Honiase:, de reculer devant la folle audace D'une femme, à sa suite ils s'avancent, la face Pâle et l'âme inquiète. Au bord du gouffre noir, Ils s'arrêtent tous, comme effrayés d'entrevoir Le démon à l'œil fixe accroupi dans son ombre.
Majestueuse horreur! Beauté sauvage et sombre!... Des entrailles du gouffre arrivait une voix
Faite on dirait de cent beuglements à la fois, — Tel, en Crête, éclatait sur la plage sonore Le mugissement sourd du puissant Minotaure.
La vierge à. cette voix est émue un instant ; Mais elle reconnaît le fracas d'un torrent Qui, dans le fond, rugit son concert de tempête; Elle s'en réjouit comme d'un air de fête Nouveau. — ce qui lui plaît!
Elle s'avance au bord Du précipice, heureuse en ce suprême effort De goûter tout l'attrait inconnu de l'horrible. . . D'abord, elle ne voit rien, — tout est invisible. Mais à l'affreux bientôt l'œil se fait : elle voit L'ombre qui s'ouvre et montre ainsi qu'on fait du doigt Sa profondeur horrible. — Une/émotion douce Et nouvelle en son cœur, vers cet inconnu pousse L'enfant qui trouve un charme à ce spectacle laid.
Lasse du beau, son âme en l'horreur se complaît !
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