‹ "Fleur de l'air"Chapitre 25 sur 27 · PLEUR DR MAITRE · texte numérisé non relu

PLEUR DR MAITRE

La terre et ses moutons !... Il n’aimait rien autant! Vingt hectares de terrain lui appartenaient aujourd'hui... C'était peu cependant pour un héritier de la Pampa!... Et il faudrait les quitter... vendre le troupeau! la cahute!..…. Fini le rève! Mais si cette liste n'’arrivait Jamais ?.… puisque personne autre ne tenait à ce qu'elle parut:81.

Brusquement tous deux se levèrent : Arteaga

et M": Kerven.

[ls savaient la fin de l’histoire !... ; | La jeune fille n’ajouta pas un mot. Elle reprit la clef dans son corsage, ouvrit la porte, s’enveloppa de sa cape blanche très dignement et sor- Lips

La nuit tombait dans une douce fin d'hiver.

Les invitées, impatientes, prètes bien avant l'heure, se promenaient sur la route, attendant Laure. L'illumination commençait. Selon le désir de la fiancée, des chaînes légères, en festons, retenaient des lanternes vénitiennes orangées, en forme de boules. Et ces globes embrasés, dans la verdure des haies et des arbres, semblaient des étoiles terrestres, à portée de la main, tandis qu’au delà, dans l'obscurité, les costumes

blancs des jeunes filles tachaient le chemin comme des flaques mouvantes de lait. |

La bénédiction nuptiale devait avoir lieu à huit heures. Un vicaire général de la capitale de la République, évêque in partibus, ami de Lysandre, venait le bénir.

La mode n'avait pas encore introduit le ma-

riage à l’église où les époux arrivent aux sons.

des grandes orgues et entendent dévotement la messe, imposant un moment le silence à leur cœur. Le prêtre officiait au milieu du salon. C'était terminé en dix minutes, ce prélude d’une

si longue chose! Et l’on n’éprouvait pas ces

émotions solennelles, rendant si bien l’incommensurable grandeur de ce sentiment, liant deux vies. On entourait les époux en un groupe compact, les femmes en toilettes de bal, étincelantes de diamants, le cou et les bras nus, se haussant pour voir. On entendait à peine les

questions réglementaires, l'exhortation du prè-.

tre. Le diner et le bal laissaient plus de souvenirs dans l'esprit de cette Jeunesse que cette cérémonie hâtive, faite sans aucune pompe, sans aucun Chant, froide comme la suite d'un mariage Civil.

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