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— Hum! flatteur... comme tu sais faire!
— Capitulez, tante Lucienne.
— C'est peu raisonnable, mon enfant.
— Je vous en aimerai davantage.
— J'ai déjà fait tant de concessions! Elle ne va Jamais à là cuisine, mange à notre table...
— L'école lui manquait pour que vos bontés
fussent complètes.
— Il est vrai! Que me demandera-t-on
pour elle ensuite? | .. JIl'eut envie d'ajouter « l'affection », mais il retint cette réflexion intempestive.
— Accordez cela pour le moment, sans vous préoccuper de la suite.
— Tu te réserves?
— Non, ma tante, répondit-il en riant; mais
à mon âge il n'est pas prudent d'engager
l'avenir.
— Langue dorée, va! J’accorde ce que tu demandes. Puissions-nous ne pas nous en re- ‘pentir! Je perdrais une petite fille qui m'aidait et j'aurais satisfait le caprice d’un enfant gâté. — Etle mien, ajouta le docteur en riant.
— De deux enfants gâtés, alors, reprit-elle de bonne humeur. |
Le bras de Louis s'appuyaïit toujours tendre-
ment sur son cou, et cette caresse donnait à sa tante des trésors d’indulgence et de douceur. Heureusement il ne s'en doutait pas, sans quoi il eùt abusé et demandé pour sa protégée des choses impossibles, un lot de poules Padoue, deux litres de liqueur de framboises, — de ce fruit exquis encore si rare, — et même cette croix d'or bénite par le pape, que la vieille demoiselle portait toujours et qui préservait de mort violente.
: Le docteur souriait avec malice, ravi de la finesse et de l’audace de son fils. Non, jamais lui n'aurait eu ce courage! M°° Saenz si majestueuse, si digne, avait de ces répliques plus incisives que des dénts. Et lui, de petite taille, presque timide, causant seulement en apartés avec sa conscience, se sentait inférieur — en assurance — et rien n'en donne moins que de le constater.
Seul avec sa belle-sœur, depuis la mort de sa femme, son fils étudiant à Buénos-Ayres, il s'était senti peu à peu une tendresse de père pour cetté gamine qu’il voyait grandir. Maintenant le succès de Louis lui donnait une envie
de siffler, de chanter; mais il s’abstint. Après la victoire, il n’est pas prudent d'irriterle vaincu. | Ilse contenta d'emmener son fils sur la terrasse, soi-disant pour admirer la campagne, sous cette belle lune qui se levait.
Le jeune homme retira alors son rés et le charme s’évanouit.
M'° Lucienne secoua brusquement la petite * fille :
— Au lit, dormeuse, et pas sans avoir prié Dieu.
Elle ajouta, quand les autres se furent éloignés. | — Tu n'as pas honte, à dix ans, de grimper comme un petit singe, sur les genoux d’un jeune homme? Et du fils de la maison, pardessus le marché! Quel respect! Comme si tu étais de son rang! Ah! c'est bien de leur fattenE S'ils ne te cajolaient pas autant, tu ne prendrais pas ces libertés!.… |
Inconsciemment, mais toujours douce, sa tête un peu branlante, ivre de sommeil, Flor récita sa prière à genoux devant son crucifix. Avant de terminer, elle avait recu tant de taloches pour ses distractions, qu'elle était tout à fait
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éveillée. Dans l'obscurité, sans peur, elle pen-
sait à sa mère perdue, ne pouvant arriver à ! comprendre — puisque Dieu est bon — pourquoi c'était fini, pourquoi elle ne reviendrait jamais. Dans la nuit, elle se réveilla haletante : — Maman! maman! viens par ici... je suis HET ou Dans son cauchemar, il lui semblait voir une forme blanche. Confiante, au milieu des ténèbres que les enfants redoutent d'ordinaire, la pauvrette l'appelait.
Anita Kerven entra donc à l’école du village fondée seulement l’année précédente et fréquentée par les filles de riches fermiers, d’éleveurs et de simples colons. |
Comme à Buénos-Ayres, — où les grands collèges de religieux n'étaient pas encore fondés pour les enfants des riches, — les écoles de campagne avaient un cachet de démocratie peu commun, dont pouvait s'enorgueillir la jeune république. | |
Nécessité fait loi : c'était la seule raison de ce mélange. |
Dans ce pays, pas plus que dans d’autres, les … patrons et les capitalistes ne sont meilleurs et
moins vaniteux, ni les pauvres plus endurants et plus amis de ceux qui possèdent.
Ce rapprochement du jeune âge aurait cependant donné des fruits, cette intimité partant de l'école étant la plus douce, celle dont on se souvient le mieux et qu'on entretient avec le plus de ferveur. Inconsciemment, Îles préférences, les antipathies éprouvées dans l’enfance grandissent en nous et se développent à notre insu. On ne pardonne jamais à un ennemi de collège et on n’en oublie jamais un ami.
Entre ces diverses classes de la société, un lien formé si tôt, au milieu des Jeux, des complaisances d'étude et des espiègleries enfantines, aurait été difficile à briser et se serait transformé plus tard en une aide matérielle et morale des uns envers les autres. Mais peu à peu les riches délaissent ces écoles, les uns cherchant une éducation plus spécialement religieuse, les autres voulant éviter à leurs fils le contact journalier du pauvre.
Filles de maîtres et de serviteurs se rendaiént ensemble à l’école du village. Entassées dans
une petite charrette à un seul brancard, le
r' cheval attelé de côté (/adero), elles partaient
dans ce primitif équipage. À défaut de garçon, une fille, avec crânerie, montait le /adero à califourchon, sans nul souci des convenances.
Les aventures abondaient en chemin. Quelquefois le cheval se mettait de la fête et se refusait à marcher. D'abord, on tapait dessus, — le cheval n'étant pas chez nous un animal de luxe, — puis on le persuadait par des caresses. L’animal entendant rire le Joyeux essaim, ne bougeait pas. Alors ils poussaient tous la charrette vide, et la bête repartait, comprenant que les écoliers ne voulaient pas, ce jour-là, d'école buissonnière.
De temps en temps on rencontrait des camarades seuls ou montés en croupe. Les garçons entouraient les charrettes, des fillettes se mêlaient au convoi, coquettement assises de côté, sans selle, sur une simple peau de mouton retenue par une courroie, ayant à la main leur fouet à manche court et à lanière de cuir plate (rebenque).
Beaucoup venaient de très loin, de dix à douze kilomètres à la ronde. L'école étant obligatoire depuis l’âge de six ans, les petits cavaliers, pour se mettre en route, devaient s'ac-
crocher de toute leur force à la crinière de la bête, et se hisser à la force du poignet.
Jamais ces petits hommes n'avaient pris de lecons d'équitation; jamais ils n'avaient bètement tourné dans un manège à la queue leu leu, et tous ces habitants des campagnes, dans les deux Amériques, sont les premiers écuyers du monde. Le seul jouet qu'ils aiment, à peine savent-ils marcher et parler, est un vieux pelit cheval très doux, sans être ferré, que les parents leur donnent sans crainte. Quelquefois il est bien cause de quelques fractures, mais c'est l’âge où elles se raccommodent facilement.
Flor, bien heureuse au milieu de tant de compagnes, étudiait mieux qu'aucune. Dans l'étude comme dans l'amitié, elle portait une étrange ardeur.
Elle adorait la directrice de l'école, qui le lui rendait certes bien; aussi ses camarades l’appelaient-elles : la préférée. Le père de l’une d'elles — propriétaire influent — avait fait des démarches auprès du Conseil d'éducation pour avoir une école. C’est ainsi qu'était venue M°* Esther Bravo, nièce d'un général très en cour, vétéran
de la guerre du Paraguay.
Par faveur et considérant sa position d’orpheline, on la nomma avant qu'elle eût ses diplômes. Chaudement recommandée au docteur Mendel par le vieux général, vivant à Paris du produit de sa retraite, la Jeune fille ne fréquentait que la maison du docteur. Tous les soirs, elle dinait chez lui, à la mode créole, où jamais un convive de plus ne dérange ni n’incommode.
Laure Gimenez, une petite camarade, parta-’ geait avec la maitresse d'école l'affection de Flor Kerven. Elle était de son âge, aussi fluette qu'elle, mais promettait d’être remarquablement jolie. On le devinait au nacrage lent que prenaient ses joues, au-dessus desquelles les yeux brillaient immenses et noirs, longuement frangés.
Elle ressemblait beaucoup à Esther Bravo.
C'était une miniature en rappelant une autre, bien que celte dernière possédât dans sa physionomie un détail singulier: sa bouche, attirante au possible, était de la même grandeur que ses yeux. Instinctivement, c'était elle qu’on regardait et dont on suivait les inflexions, quand la jeune fille causait. Les lèvres, un peu
épaisses, lui donnaient un sourire franc et délicat, à la façon délicieuse des poupées. La ressemblance s’arrêtait là : M" Bravo étant très en chair, bien plantée et d’une haute stature.
Les Argentines ont une beauté régulière, classique. Elles semblent avoir choisi, avant de naître, ce que leurs pères avaient de mieux afin de se l’approprier, et encore, en le corrigeant, en le modelant, pour le fondre en une gracieuse harmonie. Elles semblent s'être pétries elles-mêmes — comme un maître combinant ses flammés artistiques — de chair aux tons laiteux ou mats, couleur d'ivoire clair ou de lys, teintée de ce rose qu'ont les fruits ou l'intérieur des coquillages.
M. Gimenez, Espagnol venu jeune à Buénos- Ayres, où il tenait une modeste épicerie, avait épousé une Argentine veuve, ayant une fille de son premier mariage. Il acheta du terrain dans la province de Santé-Fé, le paya par quotes comme les colons, et donna tout ce qu’il possédait pour satisfaire le prix des deux premières années.
Au lieu de suivre la routine où s'embourbent de plus en plus les colons, il résolut d'innover
quand il aurait retiré le premier bénéfice de ses
terres. Il sema d’abord du lin et le vendit. A la fin de la deuxième année, il monta une distillerie d'huile; les colons y portèrent leur graine.
Les livres et les traités d'horticulture assuraient que la région ne convenait pas à certaines plantes, telles que le coton, le tabac, etc. Il les sema cependant à titre d'essai et sans mettre personne dans la confidence. À son grand étonnement, le tabac poussa magnifique, avec peu de soins.
Il afferma du terrain, prit quelques émigrants à son service, et la culture du tabac commenca. Ceux-ci en rirent; mais la récolte où le patron gagnait deux cent mille nacionales les laissa stupéfaits.
M. Gimenez ne continua point, connaissant son monde : la moitié de la région s’occupa du tabac. Le prix baissa et une petite bête, au dos tacheté de vert, se chargea.….. d'en fumer ou d'en manger la moitié.
À cette époque, la fille aînée de sa femme épousa un négociant brésilien, venu à Santa-Fé pour acheter des bestiaux. Gimenez s’associa avec son gendre. Il lui expédiait des céréales, du beurre, de la volaille, des moutons, tout ce que
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le Brésil — si riche en autre chose — ne produit pas. | |
— Je vous donne le repas et le dessert, disait Gimenez et vous m'offrez seulement du café!
Et encore, qui sait si bientôt je n’en planterai pas moi-même ! |
— Alors, beau-père, je vous enverrai des diamants.
Mais, orgueilleux de ce pays d'adoption, où 1l s'était enrichi, Gimenez murmurait :
— Oh! mon garçon, nous devons bien en avoir par là!
La mère de Laure s'était très bien faite à cette situation. Elle la portait dignement, n'ayant point l'air d’une parvenue, grâce à la fierté naturelle des filles de cette terre, à leur port de tête superbe et indolent, à leur coquetterie native, qui leur font s’assimiler toutes les élégances. Arrivée facilement aux grandeurs, elle en serait, du reste, redescendue de même, comme ses compatriotes, sans en être {rop secouée, avec une résignation toute chrétienne ou toute fataliste.
Beaucoup d'ouvriers, de paysans, devaient leur bien-être aux Gimenez; mais, envieux
quand même, pour ne pas perdre le souvenir de l'origine de leur bienfaiteur, ils appelaient Laure « la petite épicière » et ses amis «la petite mouche ».
À mesure quelle grandissait — devenant belle — Iles premiers ajoutèrent au surnom qu'ils lui conservaient le qualificatif de Jolie. Laure ne se fâchait point : elle ne connaissait. pas l’orgueil, ou plutôt elle en connaissait un autre dans son intuition de femme précoce, devinant bien que la première richesse d'une femme n'est pas la naissance, ni la fortune, ni l'esprit, — quoi qu'on en dise pour consoler les laides, — mais la prépondérante, l’omnipotente beauté!
Et seulement de ce trésor Laure était vaniteuse. C'était bien pardonnable.
Elle n'avait rien d’aristocrate dans le sang, oh! non. Ses grands-pères ne l’eussent peut-être pas trop flattée; eh bien! malgré cette ascendance très plébéienne, son regard, son front, portaient la majesté d’une impératrice, tant ils étaient fiers de leurs lignes pures.
Ses parents, amis des Mendel, passaient souvent avec eux, les soirs d'été, quelques heures d'agréable causerie.
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Esther Bravo était plus assidue chez le docteur. Après le dîner, Flor plaçait sa chaise près du fauteuil de M'° Lucienne, sous la véranda, prenait un tabouret, et toutes Les trois s’occupaient, soit à broder pour le tapis de l’église des carrés de canevas, soit à tisser quelques dentelles de Aanduti, où la vieille fille excellait. M. Mendel s’asseyait devant une petite table, et donnait une leçon à la jeune institutrice.
Le docteur cédait au goût de l’enseignement qu'il avait en lui, à une vieille manie, croyant la science nécessaire aux autres, parce quil l’aimait. Mais il voulait rendre service aussi à cette jeune fille dont les études n'étaient pas terminées, et pour ces deux motifs, il y allait de tout son cœur.
La plus ardente fut celle à laquelle il s’adressait le moins. À treize ans, grâce à ces cours nocturnes, Flor connaissait passablement la physique, la chimie, l'histoire naturelle, l’anatomie. Seules, les mathématiques ne lui plaisaient pas : les x se multiplaient en les regardant; elle en voyait vingt au lieu d’un.
Depuis quelque temps, vers les huit heures, une fois la leçon finie, on entendait le roulement
du break des Arteaga. Jean, le frère de Lysandre, — qui dirigeait l’estancia depuis la mort de son père, — descendait, donnant la main à sa mère. Il s'asseyait au milieu d'elles, tenait des échevaux de laine, les dévidait, faisant des pelotons. Quelquefois, Esther chantait en s’accompagnant du piano ou de la guitare. Elle désirait apprendre à Flor, mais la vieille demoiselle avait opposé un refus formel : « La danse viendrait ensuite, je suppose », avait-elle dit. Personne alors n'avait eu le courage d'insister.
M. Mendel pensait garder sa pupille une année de plus avant de l'envoyer à l’école normale. Si elle justifiait les espérances que ses aptitudes laissaient concevoir, elle pourrait être autre chose qu'une institutrice, et alors, sournoisement, 1l vantaiït à Esther l'utilité du latin. On devait donc commencer à l’apprendre l’année suivante. |
Non seulement Flor était intelligente et profondément réfléchie, mais elle avait déjà des qualités exquises, — rares chez une enfant, — la patience et la bonté, sans aucune malice. Tendre et câline avec le docteur, elle l'avait conquis depuis longtemps, ainsi que Jean Arteaga, qui
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la lutinait toujours, s’obstinant à voir en elle une fillette de dix ans,
— Quand Louis sera fatigué de sa petite camarade, je la prendrai pour me distraire, disait-il.
— Louis non plus n’en profite pas! D'abord, si J étais un Jouet, je ne voudrais pas l'être pour tout le monde.
— Pas pour moi?
— Bien sûr que non. Ce serait pour Louis PA seul... tout seul!... Mais ses vacances sont si courtes! Je ne le vois presque jamais! ajoutaitelle avec un gros soupir.
— Et cela ne te console pas de voir ton ami
Jean ?,
— Ma foi, non! Si vous croyez que c’est la même chose!
— Attrape, méchante!
Et deux sonores baisers roulaient sur ses joues.
— Voulez-vous finir! disait-elle en se fâchant tout rouge.
Mais le docteur, content de voir cajoler sa petite gâtée, répliquait :
— C'est moi qui le lui ai permis, gamine; il
a dix ans de plus que toi. Tu es un champignon, Jean est un arbre. Grandis, si tu veux que l’on te respecte!
Jean Arteaga, descendant de Basques, avait hérité, comme tous ceux de sa famille, de la haute taille et de la musculature particulières à cette race. Ses traits étaient plus fins que ceux de Lysandre, ses yeux plus doux, son teint plus clair.
— Lysandre est un rustaud, disait Flor, il a des yeux bêtes de bœuf myope.
Bien entendu, le docteur recevait seul cette petite confidence.
Cependant, les projets si bien élaborés pour l'année suivante, s’en furent à vau-l’eau..
Depuis une huitaine de jours, Esther manquait aux réunions du soir, ayant dîné seulement deux fois chez ses amis pendant ce laps de temps. Jean, ne la voyant pas, s’en allait tout surpris, et revenait chez lui triste.
Enfin, un soir, ils allèrent la chercher tous ensemble; M°° Arteagea élait de la partie. Ils trouvèrent Esther les yeux rougis et l’air embarrassé,
— Pardonnez-moi, leur dit-elle. Je reculais
toujours pour vous annoncer... je n'avais pas le courage, mais vous venez au-devant de l'ex-
plication, et quand même je ne puis plus retarder. | |
Et pendant qu’elle avançait des sièges :
— Mignonne, dit-elle à Flor, va-t-en dans le jardin un moment, et vous... Jean, accompagnez-la, ajouta-t-elle avec douceur, sans oser le regarder.
Le jeune homme sourit, mais ne bougea pas.
— N'insistez pas, Jean...
Il s’en allait donc, et M. Mendel vit pàlir la jeune fille, ses yeux se mouiller, devenir vagues, comme pris par un songe,
— Elle l’aimait, pensa Me Lucienne; c'est drôle, je ne m'en étais pas aperçue!
Pour savoir bien lire dans le cœur de ceux qui aiment, il faut avoir pu, au moins un Jour, au moins une heure, écrire la même chose dans le sien. Et, soit fatalité, soit sécheresse de cœur, soit à cause d’un orgueil incomparable, la vieille fille n'avait jamais eu ce bonheur.
Esther, passant la main sur son front, où elle souffrait — après des heures d’insomnie probablement — leur lut la lettre suivante, qu’elle