‹ Fleur des belles épéesChapitre 5 sur 9 · OUVRAGE DE VENISE · texte numérisé non relu

OUVRAGE DE VENISE

Appartient à M. C. Ressman, munistre plénipotentiaire de S. M. le roi d'Italie.

outes les parties de la monture de cette belle épée, ses branches de garde à rouelles et son pommeau, dit à oreilles, sont d'acier très finement ciselé et doré en plein.

Cet ensemble est décoré d'ornements dans le style veneto-moresque.

La poignée présente une garniture de corne blonde renforcée de

quatre petites bandes de soutien, ornées de rinceaux grimpants en ferme

relief.

La lame ayant toute la fraîcheur de son poli primitif, porte gravés et dorés sur chaque face

de son talon, des sujets formés de figures drapées à l'antique, disposées dans des motifs

d'architecture.

Cette arme, de beauté étrange, fut rapportée d'Italie après notre dernière campagne de Lombardie, par un officier d'infanterie qui mourut quelques années plus tard à Versailles où son régiment était alors en garnison.

Là elle fut vendue aux enchères avec les objets banals que contenait le coffre de bagage de l'officier défunt et adjugée pour la somme de cent francs à un parisien marchand d'armes. Il l'acheta de compte à demi avec un de ses confrères qu'il venait de rencontrer, et l’un des deux la vendit peu de jours après dix mille francs à M. Louis Carrand.

Aujourd'hui, elle figure dans la collection de belles armes que possède M. C. Ressman.

Page 1