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ÉPÉE DITE DE BOABDIL

Cabinet des médailles. — Bibliothèque Nationale.

pée mauresque. C'est une de celles qui, d’après l'opinion espagnole, passent pour avoir appartenu au dernier roi de Grenade, Abou Abd-Allah Mohammed, plus connu sous le nom de Boabdil. — Détrôné en 1492, il mourut à Fez, l'an 1533.

La monture d'argent doré de cette belle arme rappelle dans le style

oriental des compartiments de filets perlés, des fines torsades et des

fleurettes en filigranes qui la décorent, les arabesques et les fleurons du palais de l'Alhambra.

Le bas et le haut de la poignée, ainsi que le pommeau et les petits écussons qui occupent le revers et la face des gardes présentent entre deux têtes d'animaux chimériques, sur fond d’émail soit noir soit vert, des inscriptions en caractères coufiques émaillées blanc.

Une d'elles, phrase musulmane adoptée au XV: siècle comme devise par la dynastie des Nasrides de Grenade (nous devons ce renseignement à l'obligeance aimable de M. Henri Lavoix), se traduit par : # n'y a de vainqueur que Dieu.

La longueur de cette belle épée, rivale du glaive que possède le marquis de Villaséca, est de 95 centimètres à partir du sommet de son pommeau jusqu'à la pointe de sa lame qui est droite, plate et façonnée vers le haut à deux cannelures. Elle porte comme marque distinctive celle du peri/lo « du petit-chien », une des marques adoptées par le fameux espadero Julian del Rey, vers 1491, époque à laquelle il travailla pour le roi Boabdil. — Juliam del Rey, d'origine moresque, se fit chrétien et eut pour parrain Ferdinand le catholique.

Le fourreau de cette arme toute royale est en cuir de Cordoue: il est décoré d'inscriptions et d'entrelacs en fils d'argent doré tordus et figurant une tresse. Ces motifs, cousus sur le cuir, occupent les intervalles qui séparent entre elles les parties d'argent doré formant sa garniture ouvrée et décorée d'émail et d'inscriptions, comme la poignée de l'épée.

En 1812, cette pièce de premier ordre était à Grenade dans l'arrière-boutique d'un marchand.

M. A. de la Borde l'a citée et décrite dans son Voyage pittoresque et historique de l'Espagne. Elle fut plus tard achetée 2,500 francs par le duc de Luynes qui l'a offerte au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, un peu après avoir fait don à ce merveilleux trésor de l'État, d’une

collection d'objets précieux, alors estimée à 1,200,000 francs.

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ÉPÉE DE PAREMENT

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