‹ Fleur des neiges [microforme] (volume 4)Chapitre 2 sur 13 · I] RENCONTRE IMPRÉVUE · texte numérisé non relu

I] RENCONTRE IMPRÉVUE

Le lendemain et les jours suivants, l'existence de Lise s'organisa régulière et presque

heureuse, si ce n'avait été le souvenir de celui qu’elle devait pleurer toute sa vie. Antoit allé le matin même dans l'atelier dont lui avait parlé M. de Gesdres.

Un peu troublé et fort timide en présence de l’un de nos plus illustres peintres, le

céicbre Mathelin, de Toulouse, Escaméla avait vite, la palette à la main, oublié son augoisce, et s'était mis à dessiner, comme il le faisait jadis, dans le chalet de la montaune, ertre Monette et Grillon, tellement absorbé par son art que tout ce qui n'était pas einture disparaissait alors pour le jeune homme -Oh !oh!..., dit Mathelin, en s'approchant, nous somties. du Midi, nous autres si!.... Mille Dious!.... Et Toulouse nous à mis sa foucaële endiablée dans les veux ?.... Si tu travailles, mon petit, tu seras digne, je te le jure, d'en faire partie de la

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Que voila dons des arbres bien campés..., et déjà de l'air dans ce

N'y revint, le petit guide ?..,, Ah! oui, on peut le croire, et du matin au soir, sans se lasser juranis.

La-bas, de l'autre côté de cet admirable jardin en fleurs, deux grands yeux, semblables à de pures étoiles, ne rayonnaient-ils pas en lui montrant le but !....

Pendant ce temps, Marguerite comme jadis, à Toulouse, s'occupait de Monette, la conduisnit avec elle dans les cours qu’elle suivait elle-même, et où Mille Escaméla, merveil leuseiment doute, faisait de rapides progrès.

Il n’y avait que ce terrible accent qui ne se modifiait pas.

Muis il était si joli avec sa rapidité nerveuse ! Les r, en sortant de cette si gracieusepetite bouche, avaient une musique si douce que nul ne le trouvait ridicule.

—Clémence [saure, pour sûr, parlait ainsi, n'est-ce pas, Monette ? demandait malicieusement Mile de Gesdres à son amie, en prononçant nerveusement comme elle, et en évoquant ce nom que le frère et la sœur avaient censtamment sur les lèvres.

Et elle, la Monette jolie, en prenant l'accent pointu, celui que dans le Midi on appelle l'accent parisien, répondait avec un pincement de sa bouche adorable :

— Certainement, mademoiselle, qu’elle parlait comme moi.... Et quoi d'étonnant à cela, puisque son pays est le mien?....

Lise, devant les yeux irradiés d'Antoniet, ses rêves fous et si assurés de bonheur et de gloire, devant la joie de Monette, extasiée de Paris, de ses cours, de ses leçons, surtout de Marguerite, se trouvait paisible et calme, dans sa petite maison, avec la conscience qu'elle remplissait son devoir maternel,

Elle allait quelquefois à l'hôtel de Gesdres, mais plus souvent encore ses amis venaient la trouver chez elle, :

— Un mois demain que tu es arrivée, lui dit un jour Abeille, il faudrait fêter cette date heureuse en venant dîner avec nous.

Monette restera à l'hôtel après ses cours, Antoniet arrivera tout droit de son atelier et toi viens de bonne heure, nous causerons tant que nous pourrons.

Mme Esciunéla accepta ; et le lendemain, elle quitta en effet sa maison aussitôt que possible, :

Dans le Luxembourg, qu'elle traversa, pour se rendre rue de Vaugirard, la musique jouait, et il y avait un monde extraordinaire.

Par cette lumineuse après-midi d'été, les toilettes claires ‘g jeunes femmes, les tabliers blancs des nounous et des bonnes, par dessus tout ces beaux Enfants, frais et roses, habil. lés de dentelles et de broderies avec ce goût que l’on rencontre à Paris seulement ; ces enfants qui faisaient des pâtés de sable tout le long des allées, ou qui lançaient des flottilles, toutes voiles aehors, dans le bassin, tout cela séduisit Lise et dilata délicieusement son cœur.

Ce fut avec des idées très douces, encore plus paisibles, qr'-lle arriva à l'hôtel de Gresdres. Mais dès les premiers pas qu'elle fit dans le petit sai, »récédant le boudoir de la Marquise, elle chancela .

Une femme, en effet, une femme qu’elle voyait distinctement entre les d aperies relevées de la porte, était assise à côté d’Abeille, tenant ses mains, pleurant la tête appuyée contre l'épaule de Ja marquise, avec l'abandon d’une sœur, Et cette femme, en robe de noire noire, aux larges revers Directoire, garnis de point de Venise ;: avec ses cheveux bruns couronnés d'une minuscule capote en tulle changeant gris et bleu, semblable au cou d'üns tourterelle ; cette femme, Lise, malgré la différence de toilette, la reconnut aussitot

C'était ceile de la montagne !.

La voyageuse qui accompagnait Rolland !....

Celle à qui Grillon avait fait tant de caresses !.,

Enfin, Dieu de colère, celle qui avait appelé Monette, Blanche ! f} FE Tout tourna autour de Lise..., La malheureuse, pour ne pas tomber, fut oblixée da

Abeille, au léger bruit qu'elle poussa, leva les yeux.

Effrayée de l’excessive décomposition des traits de Lise, elle abandonna Germaine et s'élança vers son humble amie,

—Oh ! ma pauvre chérie, s'écria t-elle, qu'as-tu ?,,, Que t'est.il arrivé? Ton visage est altéré comme si tu allais mourir,

Mme Escaméla ne put pas répondre.

Les lèvres tout à fait décolorées, e* les jambes molles, elle tomba sur un canapé, Lu syncope, alors, arriva rapidement, et fut complète, Néanmoins, l’'évanouissement ne dura pas, et les soins dont la malade fut entourée en eurent rapidement raison, Quand elle ouvrit les yeux, Lise sentit les petites mains de Germaine qui lui frottaient encore les tempes, tandis que de ses belles et droites prunelles bleues, Mme de Villamblard la regardait avec une douceur extraordinaire,

Jusqu'au fond des entrailles, la pauvre Lise tressaillit.

Ah! comme c'était bien là les yeux de Monette !.

Mais tout le monde devait les reconnaître ces yeux, sans un doute ni une hésitation possible !....

Tout le monde, alors, se lèverait contre elle, l’appelleruit voleuse, surtout, on lui prendrait son trésor !....

Ah ! elle aimait mille fois mieux être morte!. ...

—Mon Dieu ! s'écria Germaine, voilà que son évanouissement la reprend... Abeille, viens vite m'aider, je t'en prie....

Et s'adressant à Lise, elle ajouta :

— Voyons, madame, reprenez un peu de courage !.... Pourquoi avez vous l'air si malheureux ?.... Est-ce qu'il est arrivé quelque chose chez vous? Vous ne me connaissez pas, mais je suis la sœur d’Abeille, et elle vient de me dire tout ve qu’elle vous devait !.. Ne vous gènez donc pas avec moi, je suis disposée à vous animer comme Ja marquise elle même !....

Lise fit un très grand effort. Chose‘bizarre, cette voix de Germaine l'attirnit, la ber. cait, lui faisait éprouver, dans l'état nerveux où elle se trouvait, une sorte de bien-être extraordinaire. Ce n’était plus la voix indifférente, un peu sèche de la comtesse de Vil- Jlamblard, là-bas dans la montagne, quand elle interrogeait Lise.

Non, elle n’avait plus rien d'autoritaire ou d’absolu, cette voix ?....

C'étaient au contraire des inflexions d’une bonté très douce, empreintes d’un intérèt sous lequel on sentait des larmes prêtes à jaillir, des larmes d’une personne qui, ayant beaucoup souflert elle-même, compatit à la peine d'autrui.

Instantanément, sans avoir la force d'analyser encore ses impressions, Lise” se dit qu'elle ne détesterait jamaig la femme qui lui parlait ainsi, celle qui avait les beaux yeux tendres de sa Monette !... Elle fit appel à toute son énergie.

—Merci, dit-elle, vous êtes bonne, madame, je vais mieux, grâce à vos soins !....

— Mais tu as eu quelque chose de particulier, s'exclama Abeille. Pas possible que l’on soit dans un semblable état sans cause. Il n'est rien arrivé aux enfants, au moins ?

Lise sourit,

Son sang-froid et sa volonté revenaient.

—Dieu rierci, non, dit-elle, il n’est rien survenu à personne. Mais j'ai marché vite pour venir ici. Il fait très chaud, aujourd’hui, et le soleil, dans le Luxembourg, m'aura sans doute indisposée, car je n’avais pas d’ombrelle,

Et désignant son grand voile de veuve.

-— Et puis, ce crêpe est extrêmement lourd, continua-t-elle ; et moi, qui étais toujours nu-tête dans nos montagne, je m’accoutume difficilement.

Germaine s’approcha avec un verre d’eau sucrée à la main.

—Buvez encore ceci, dit-elle, j'y ai mis une forte dse de menthe ; ça achévera de vous calmer, cas vos lèvres tremblent toujours, et vous n'êtes pas certainement tout à fait remise.

Lise obéit.

— Je ne vous ai pas présentée l’une à l’autre, dit la marquise de Gesdres lorsqu'elle vit Mine Escaméia plus caime.

Ma chère Lise, continua-t-elle, voilà Mme la comtesse de Villamblard-Mussidan, mon amie d'enfancs, celle qui m'a aimée comme une sœur, lorsque j'étais une humble petite

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FLEUR DES NEIGES 229 fille, très pauvre et très malheureuse, Germaine a un cœur de diamant,et ceux qu’elle aime, savent quelle incomparable amie ils ont en elle... ,

Mu chère Germaine, continua Mme de Gesdres, celle-ci est mon autre sœur, Lise Escaméla, dont je t'ai tant purlé, Ton mari est mort en sauvant le mien... Figure-toi alors ce qu'elle est pour Pascal et pour moi!...,

Germaine tendit ses deux mains ouvertes à la veuve de Jean-Marie.

— Abeille, dans sa délicatesse infinie, dit-elle, vous a racconté ce que j'avais fait pour elle, Elle ne vous a pas dit ce qu'elle avait fait pour moi, J'ai été, je suis encore extrêénement malheureuse,

La vie m'a réservé bien des heures désespérées, je crois même que j'ai été folle pendunt

La fille du capitaine Ferras était vaineue. Elle serra la main qui se tenduit vers la sienne et, sans un mot, elle éclata en sanglots. Cette émotion, dont aucune des deux femmes ne pouvait soupeonner la cause, fit plus sur le cœur da Germaine que toutes les

Une grande, une irrésistible sympathie entra en elle, pour cette femme qui avait perdu un mari qu'elle adorait , et qui, Abeille le lui avait dit, n'avait jamais eu une parole de reproche où d’amertume pour ceux qui le lui avaient pris... Les deux amies laissèrent couler ses pleurs, n'insistant plus, et parlant, —à présent que ce qui devait être dit l'avait été, —de choses presque insigniliantes, avec une délicatessse infinie. Antoniet arrivait le premier, les présentation recommencèrent : et comme il jubilait extrêmement heureux du travail qu'il faisait sous la direetion de Mathelin, Lise sourit, et l'intimité du petit cercle devint encore plus étroite,

Ce grand garçon aux yeux droite, à la physionomie si expansive, qui disait si franche ment, si gentiment ses impressions, plut tout de suite extraordinairement à Germaine,

— Moi aussi, dit-elle, j'ai un fils qui a les yeux aussi bons et aussi honnêtres que les vôtres ; et puisque votre mère et moi, nous somines déjà amies, je pense bien que vous vous lierez également avec mon Rolland,

— Il te donnera des conseils, dit Abeille, et il t'empêchera de te fourvoyer à Paris dans des milieux très attirants pour un artiste comme toi, mais bien dangereux en même temps.

Au fait, continua la marquise en s'adressant à Germaine, viendra.t-il te chercher, Rolland, ce soir ?

— Je ne le suis pas, mais comme je ne lui ai pas dit que je dînerais avec toi aujourd’hui, il se pourrait bien que non, ne sachant pas me trouver ici.

— Eh bien, je vais lui téléphoner que nous l’attendons tout de suite; ce sera le meil. leur moyon pour ces enfants de faire connaissance.

Germaine ne protesta pas. Elle, toujours si froide, se sentait attirée par un invincible aïnant, vers cette humble fa::i:., dont Abeille lui avait presque exclusivement parlé, depuis qu’eller étaient ensembe Pendant que la marquise était allée dans la pièce voisine où se trouvait le téléphone, afin de prévenir Rolland, un grand bruit se fit entendre dans l’antichambre, puis des éclats de rire résonnèrent comme des fusées de cristal, s’entrechoquant les unes contre les autres ; enfin la porte s’ouvrit, et Marguerite avec un grand cri de joie s’écria :

—0 Germaine, tu es donc enfin de retour, dis, maman chérie !

Souvent, par affection, elle donnait ce nom à Germaine, qu'elle appelait le plus souvent matante, comme Rolland donnait à Abeille et à Pascal le même titre familiel.

Germaine la reçut dans ses bras et couvrit ses cheveux de baisers, tandis que Monette était devenue subitement très pâle, en reconnaissant instantanément cette jolie femme au regard doux et triste. C'était elle, en effet, qui quelque temps auparavant accompa. gnait dans la montagne ce jeune homme qui s'était arrêté devant elle, et lui avait si dou-

cement demandé si elle n’était pas la fée de son torrent et de ses grands arbres ?.... {

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Lise, par un mouvement plus fort que sa volonté, s'était levée, avait entouré Monette de ses bras, et pendant que Germaine était occupée de Marguerite, elle la pressait eur son cœur comme si un grand danger la menaçait,

Abeille revenait,

— Eh bien, Marguerite, que fais-tu donc? lui dit-elle, Tu n'as pas fait embrasser la sœur M, Nonette pur tante Germaine. ... Tu oublies tous tes devoirs, ma chérie,

— Ne te fâche pas, maman, J'étais si heureuse, si heureuse de revoir ma Germaine tant aimée, que j'ai tout oublié, Mais je vais réparer ma faute, tu vas voir.

—Madane la comtesse, ajouta-t-elle mulicieuseruent, permettez-moi de vous présenter Mlle Monette Escaméla, ma nouvelle petite sœur, très adorable et très adorée, et qui descend en droite ligne de Clémence Isaure, ,,, sa grand'mère !,,.,

— Folle, répondit Abeille en souriant, tu ne seras donc jamais sérieuse ?. ..,

— Folle, parce que je dis qu’elle a du sang de Clémence Isaure dnns les veines ?.... Demande-leur donc, maman, si ça leur déplaît cette idée-là, à Antoniet et à elle ?...,

Toniet la regardait, extasié de sa gaîté et de sa bonne humeur, de la grâce adorable et facile avec laquelle Marguerite prenait l'accent gascon de Monette, parlant vite et ner veusement comme elle, ayant même attrapé merveilleusement les petites inflexions chantantes, si adorablement jolies,

— Ce n'est pas tout ça, répondit Abeille, je veux que Germaine embrasse Monette et qu'elle l'aime autant que je le fais moi-même,

— Viens ici, ma jolie, continua-t-elle en prenant la petite muin de la fillette ; viens embrasser cette belle dame qui est ma sœur et que j'adore,

La comtesse très émue, en pensant à la confidence que Rolland lui avait faute, régar dait cette petite créature, vraiment aussi belle que les amours ; et bien faite, avec ses admirables yeux, son profil délicat, ses cheveux d'or,et la grâce de sa petite personne tout entière, pour impressionner un jeune homme, épris comme Rolland de tout ce qui était beau, délicat et pur.

Ainsi, c'était elle qui la première avait fait battre ce cœur de diamant, et qui le remplissait ?.... Cette passion, à peine commencée, et bien plutôt une impression qu'autre chose, n’allait-elle pas dévolopper ses germes dans l’âme ardente de son fils adoptif? Et au contact perpétuel que Rolland aurait chez Abeille avec Monerte, n'allait-il pas éprouver pour elle quelque grand amour exclusif et fou, capable d'amener avec lui le bonheur du paradis ou les tortures de l'enfer ?

Et elle, cette enfant à peine née, cette petite fleur sauvage, si fraîche mais encore en bouton, comment l’aimerait-elle son Rolland, à l'âme d'ange et aux impressions si raftinées? Le lui donneruit-elle, ce bonheur que Germaine avait rêvé pour lui, ou bien Rolland souffrirait-il de l'amour comme elle en avait souffert elle-même ?.... Au moment ou Abeille poussait Monette dans les bras de son amie,ces pensées s'étaient faites si intenses, si angoissantes chez la comtesse, que son cœur subitement s'arrêta de battre,

Lise, sans paraitre y attacher d'importance, les dévorait toutes les deux du ragarc|, Elle vit pâlir Germuine, et elle en éprouva une impression si profonde, —de cette paleur, — qu'elle crut à son tour que la syncope allait la reprendre ; mais Mme ce Villlamblard avait malheureusement l'habitude de concentrer ses sentiments et d’en devenir la maitresse, aussi eile se raidit, et ce fut à peine si Monette toute seule put sentir, à la facon presque maternelle dont elle appuya ses lèvres sur ses cheveux, l'émotion de Germaiue. Cette sensation rendit la fillette très heureuse, mais elle connaissait la jalousie toujours en éveil de Lise, et comme elle l'aimait par dessus tout, elle gnrda son impression pour elle.

—Ma chère petite, dit en même temps Germaine, vous avez sans doute oublié que je vous ai déjà rencontrée dans la montagne là-bas, chez vous, il n'y a pas bien jlougtemps ?....

—Oh non ! madame, répondit la fillette en rougissant jusque sous la racine de ses jolis cheveux blonds, non, je ne l'avais pas oublié !....

Mais vous, avoir remarqué une pauvre petite montagnarde comme moi, c’est bien de la bonté, en vérité!

Vous voulez que je vous dise que couchée sur les racines de vos arbres, avec votre grand chapeau posé à côté de vous, et l’auréule d’or de vos cheveux que le vent rendait semblable à une mousse envolée, vous étiez tellement jolie qu'il n'y avait pas moyen dene pas vous remarquer? Eh bien ! non, mademoiselle, je ne flatterai pas ce vilain défaut de coquetterie en vous, et je ne vous le dirai pas...

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