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* d'Anto-
FLEUR DES NFIGES 233
— Ah ! pourvu que ce ne soit pas son image à lui qui se soit déjà gravée dans le cœur de Monette ?...,
[is ont grandi ensemble, et comme ils ne sont pas frère et sœur, est-ce que peu à peu leur affection de tout petits ne s’est pes transformée en un sentiment plus tendre ?
Cette idée l'avait énormément fait souffrir dans ces derniers jours, alors même qu'il ne croyait jamais revoir Monette.
Et maintenant, voilà que du premier coup d'œil, au visage indifférent de la fillette, à la joie expansive de Marguerite, aux traits expansifs d'Antoniet, tous ses doutes étaient levés, et il se sentait heureux, oh! heureux. :
Pris subitement d’un grand courage, il poussa la porte et entra.
Au bruit qu'il fit, Marguerite se retourna et poussa une exclamation.
Mais Roliand n’entenslit rien, il ne vit rien...
Ses oreilles ne perçurent pas plus la voix de Marguerite, criant : — Voilà Rolland, mon cher Rolland, mon ami d'enfance !.. qu'il ne vit l’expression vraiment attendrie de /a jeune fille voulant le présenter à ses nouveaux amis. ...
- Non, il ne comprit, n’entrevit, ne sentit qu’une chose : c’est que Monette, à sa vue, s'était subitement redressée, et ses joues s'étaient aussitôt couvertes d’un nuage pourpre ; mais ce nuage lentement s'était effacé pour faire place à une pâleur de cire, tandis qu’elle le regardait avec des yeux si heureux et si doux que Rolland ne fut plus capable de trouver une seule parole à lui adresser.
Marguerite, heureusement, était là : Marguerite, avec sa verve endiablée et son gentil bavardige, auquel il fallait pour l'arrêter des émotions de premier ordre.
-—Arrive vite, mon ami Roliand, lui ait elle, que je te présente à Mlie Monette Escaméla et son frére Antoniet, déjà le meilleur élève dû célèbre Mathelin.... Tu suis, celui qui est de Toulouse, lui aussi, Saperlotte !.
Maman a déjà décidé que tu serais le meilleur ami d'A utoniet, et que tu le guiderais dans la grande Babylone moderne, en préservant ses pas inexpérimentés des pièges et des abîmes que toi, paraît-il, tu connais !....
Rolland s'était entin ressaisi, et tau, qu'il regardait Monette avec cette même expression de visage qu'il avait laissé un ineffaçable souvenir dans le cœur de la fillette, il saisit, en se redressant, les mains ouvertes qu'Antouiet lui tendait :
—Je ne demande pas inieux que d'être votre camarade, monsieur, dit-il, mais je ne suis pas un gai compagnon, et j'ai un triste caractère, plutôt mélancolique, n’aimant pas beaucoup les lieux où l’on fait la fête...
Je dois même vous confesser que je les ai toujours fuis comme la peste.
Alors je ne saurais guère vous les montrer !... '
-—Oh ! je ne les aime pas non plus, dit vivement Antoniet, et ce n’est pas dans ces enroits-là que j'ai envie d'aller... plutôt duns les musées ...
Cela, par exemple, me ferait légèrement tourner la tête, j'en conviens,
——Je les aime aussi, dit Rolland, et j'adore l’art dans toutes ses manifestations.
Nous irons voir ensemble toutes ces admirables choses, et ce me sera une bien grande Joie, dont vous serez cause, car je vous avoue que quoique né à Paris et élève moi aussi de Mathelin, je ne connais pas nos richesses artistiques comme je devrais le faire.
Marguerite intervint,
—Rolland ne vous dira pas pourquoi il ne les connaît pas, dit-elle : mais moi je vais parler pour lui.
-— Marguerite, que tu es bavarde !....., glissa doucement Rolland.
-- Écoute, lui dit-elle, j'ai été élevée avec toi, et je t'adore...
Devant le tressaillement douloureux d’Antoniet, elle se reprit aussitôt et ajouta :
— Jamais sœur n'aima plus ardemment son frère que je t’aime ; et je veux dire À mes deux amis ce que tu vaux. ;
Si Rolland, continua-t-elle, n’est pas allé visiter les musées et les théâtres, et tous les lieux qu'adorent d'ordinaire les jeunes gens de son âge, c'est qu'il a consacré sa jeunesse à une tâche admirable, et pour laquelle il n'a eu ni défaillance, ni découragement.
Mon Dieu, Marguerite, tu paries en des termes bien pompeux de la chose la plus naturelle du monde... interrompit encore Rolland, très gêné.
— Possible, mais n'empêche que ta conduite a été le dévouement même...
En effet sa mère adoptive, la comtesse de Villamblard-Mussidan, que vous avez vue tout à l'heure, a êté la plus malheureuse des femtnes.
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