‹ Fleur des ondes [microforme]Chapitre 3 sur 5 · SCÈNE IT · texte numérisé non relu

SCÈNE IT

L'intérieur d'un lutte où l'on voit un bûcher, et une longue traîne scueage appuyée au mur. Le-Careois entre portant Fa Source el suivi de la vieille. I couche la blessée par terre ét lui soutient la tête sur son

bras, tandis que la vieillk prépare une tisane et donne des soins la je ue

La SOURCE. —(onvrant les yeux et s'adressant à Ve-Carcois :) Tu m'as suivie ?....Tu as voulu me sauver. ......... Tu es bon autant que brave. (Avec un soupir :) Ah! c'est à

ton cœur vaillant que la faible liane aurait dû se suspendre !...

.. Il est trop tard,...... maintenant, .,...je.... TOUT ENS Fr res Emporte moi dans mon pays, is qnand....je ne serai plus........,... Je veux que mon père me revoie..,.encore... .une....fois. Il n'aura plus d'enfant. ..... LU DE ON D... Console-le protège-le....dans....sa vieillesse. ...,....... Peut-être

le reverras-tu, lui aussi, le visage pâle, tu lui demanderas de me pardonner. ..........afin que je puisse... .sans entrave m'en aller au pays de la félicité... où je t'attendrai. ,...... Ah ‘comme je lai haï, et plus encore cette femme dans la grotte,

Es .quand j'ai découvert. ...sa HORS ra U0 l'ai détesté de toute ma fierté humiliée pour ce que tu as souftort de mn foie: : toi. te plus dévoué des amis.

LE-Carcois.- (avec no :) [te pardonnera.

LA SOURCE.--Ah! mon ami, c'est au moment de te quitter que j'apprécie dans son étendue le malheur de te perdre. (D'une voix plus faible :) Un éblouissement passager à pu

détourner de toi ma pensée, ..,...... mais mon cœur. . t'est resté. ..... fidele par tous. ..... les souvenirs de notre Lu. TIC L'enfant ne.....s'arrache-til pas aux “aresses de sa mère pour courir après un papillon qui passe ?.. Cette fois... l'enfant s'est tuée en courant. .....

LE-Carcois.— (attend quelque instants, puis, il abaisse son bras de manière à faire tomber la lumière du foyer sur le visage de La Source, Zl se penche pour la regarder de plus près, et dit simplement, en se retournant vers la vieille) Elle est morte.

Lt étand le cadarre par terre et rt gard autour de lui. La vieille, sans parler, lui montre le toboggan appuyé au mur. LH le porte dehors. Pendant ce temps, La Vieille ra chercher dauxs un coin de la cabane un large peu d'ours el l'éli nd (21 côté du cadavre. Le-( arcois r'e ut ne,

et sans parler, il en enveloppe La Source ef l'emporte.

Le rideau tombe.

Mme décor qu'au pr mure r acte, Que lepiue SAMPUUER s'aqité ul, diseutent, poraissunt très excité. Le-Carcois arrive traluant La Source sur le toboyaqnn Les sauvages Rentipressnt «autour de lui et se mettent à

pousse 2 di 8 CPS ON PÉCOMHEISRANE Lu Source

D'autres SOUPER, (eriant au lotir ) ; Voici nos amis les visages pâles que nous erovions perdus. (Fleur des Ondes, Philippe et Paul ptrissent. Le-Carcois LATE! de rant d' ux.)

Pairippe. (à Le-Carcois) Qu'as-tu donc, mon ami, je ne t'ai Jamais vu cet air triste !

Le-Carcois.-(l’'amenant auprès du cadavre) Vois, elle est morte, dis que tu lui pardonnes.

Purrirre. - Morte! La Source est morte !

LEe-Carcots. —(APec ur grande triste ss") Oui, elle est morte, jure que tu lui pardonnes.

Purnipre. Lui pardonner? Mais elle était le modele des filles de la nation et je ne fis toujours qu'admirer sa vertu,

Le-Cancois.-(hésitant) Tu ne las pas reconnue ? (Pointant une blessure que Philippe Œ au poiqguet) C'est elle qui A fait cela. (Philippe fait un geste d'horreur) Elle est morte et tu vas la maudire. Tu n'as seulement pas deviné le secret de la pauvre petite.( Avec hésitation) Je vais te faire de la peine, mais il faut que tu saches. Tu n'as pas compris que son cœur

s'était tourné vers toi..... Nous nous aimions depuis l’enfance, mais tu est venu... elle a été éblouie et elle m'a oublié.

Puicippe.-Moi !

Le-Carcots.—Oh ! je ne t'en veux point, je sais bien que tu n'as pas voulu jouer avec le cœur d'une pauvre fille des bois. Elle était adorée de tous ici, comment aurait-elle su comprendre que tu pouvais ne pas l'aimer? Mais toi, tu aimais ailleurs. Quand elle s'en est aperçue, su fierté n'a pas su supporter un tel désappointement. .. (Le-Carcois regarde Lriippe et Ss aper(out qu u «des larmes Us Les yeux :) Non frère pleure, c’est done qu'il pardonne ?

PHiLiPpPE.—(tombant à genou auprès de La Source S Ah! naïve enfant, comment ai-je pu sans le savoir, te faire

IS

tant de mal. C’est à ton âme aimante à me pardonner main > tenant. (Se yels vant, il dit à L: C'arcois :) Mon ami, tues le plus brave et le plus généreux, toi seul était digne de celle que nous pleurons. Il est un autre monde où tu la retrouveras,

Lé-Carcors. Je le Sais, et Son cœur est à moi Sans par tage, maintenant, elle me la dit au moment suprème de la séparation, à Pendant L diuloque, les femmes de la tribu procèdent à la du rhièrt toilette. Les unes apportent sn lit de brunches r leque lon installe la morte, les autres lui mettent <a robe di peau de ca uw brodée, d'autres

Deiqnent ses chere ur, lui nettent des collie: s, des bracelets.

NCÈNE TITI

La forét ait clut) dl lune. Une fosat el Creuse dl ranrée Quatre querriecrs paru isse n£ portant un cerceuil d'écorce sur leurs épaule s Des , D FD 1 $ y | ] Il PA »

saurages suivent en suence, puis Fleur des On es, Philippe, Paul et

enfin les femines qui chantent

Afin qu'elle aille en paradis

Sans craindre la faim, la froidure, À . L4 Jetons sous ses pas un tapis De grains, de fleurs et de verdure.

Elles jetlent des fleurs. du grains et divers obj ts dans la fosse. Une jeune fille S'ATunce, lenant nn Oise. El chante 3 La Source joyeuse chantait t Dans la forêt toute fleurie.

it la fauvette l'écoutait.

L'écoutait jalouse et ravie.

El! je tte l'oiseau dans la fosse .

Une autr: jeune fille, tenant un Je ur .

La Source rèveuse passait Insouciante ou receuillie, Et la rose se redressait Pour être par elle cueillie, Elle Î tte lt H ur dans la foRse = FLEUR DES ONDES, fenant un papillon.

La Source amoureuse avait dit Âu päpiiion de douces choses, Mais le secret qu'il entendit Est caché sous ses ailes clôses. {

Elle jette papillon dans la fosse.

AT ‘ Le-( ARCOIS lenant deux bracelets :

Ces bracelets que je te donne, Amie, te parleront pour moi :

L'un te dira qu'il te pardonne, L'autre : ‘Je n'aimerai que toi.” 1! je tte les brace lets.

d , ; IE ” PHiLLiPpe plante une Cros di bois blanc sur le lertre, et FLEUR DES ONDES 1 attache tn lié rre que lle va chercher dans le bois. Pendant ce te ps, le s fi mines se Tant ut autour de la fosse el exécuté nt la danse funèbre 2 ACTE II] NCÈNE I La plage à Québec. Au fond, © Habitation.

P. FSOH TE S: LE SIEUR DU Parc, FLEUR DES ONDES, ; LE-CaRCOIS, PHILIPPE DE SAVIGNY, UN MATELOT, CHOLAS (le cuisinier), QUELQUES FRANÇAIS. Des sauvages.

ds Du Parc.--(sortant de l Habitation et courant audevant

de Philippe, de Fleur des Ondes #1 Le-Carcois qui arrivent en canot d'écorce.) Vous voie? donc enfin. En avons-nous eu de l'inquiétude à votre endroit : depuis des jours que nous promenons notre lunette sur le fleuve pour découvrir vos canots. Et voila que vous arrivez sans tambours ni trompettes, au moment où les camarades et moi nous commencions à prier pour le repos de votre âme.

Parrippe.-—Continuez toujours vos oraisons, cela ne peut nuire à mes affaires.

Du Parc. Ho! avant cela, nous verrons ce que vous en méritez de nos oraisons. En attendant, je me contenterai de vous donner l’accolade. (11 soyre la main de Philippe, et apercevant Fleur des Ondes, il se découvre et la salue profondément.)

PHiiippe.-Commandant, permettez-moi de vous présen ter ma cousine...

Du Parc.—(#tonné:) Votre cousine?... Il croît donc des fleurs de France aux pays des Algonquins ?...

Puinippe. Pardon, Commandant, celle-ci vient du pays des Froquois. . .

Du Parc.-—Du pays des Troquois !... De plus en plus étonnant: décidément, Savigny, vous n'êtes pas un homme ordinaire. M. de Champlain vous conduit, après mille périls, au pays des Algonquins, avec mission de chercher un passage vers le nord, et vous revenez du Pavs des [roquois, avec une belle cousine. Je le répète vous êtes un homme extraordinaire.

CHotvas.-(le cuisinier bas à Ph ilippe ) Si seulement vous vouliez me dire où c'est qu'on les déniche, les jolies cousines

comme celle-ci !..

UX MareLor.— (à Cholas) Ne te mets pas en peine de les chercher, Cholas, car à ton approche, il leur pousserait des ailes pour s'envoler.

Du PARC — (offrant le bras à Fleur des Ondes) Mademoiselle, veuillez dès ce moment, vous considérer comme chez vous à | Habitation.

FLEUR Des OKDES.— Votre bienveillant acceuil me touche profondément, Ménsieur, et je m'efforcerai de justifier votre confiance.

Tous se dirigent vers € Habitation.

= > SCÈNE Il Une salle de l Habitation où l'on appercoit une crèche rustique. pperce 1

P. FSOTIULYES : FLEUR DES { JNDES, PHILIPPE DE NAVIGNY, Du PARC, (QUELQUES MATELOTS, DES NAUVAGES, Tnouas, (un interpréte ) Paurs GUERTAL,

FLEUR DES ONDES.—(à Philippe :) L'œuvre est complete, nos amis peuvent entrer.

Pairipre.-— Soyez assurée qu'ils ne tarderont guère. Cholas, le cuisinier, a déjà été obligé de renvoyer les Montagas qui voulaient envahir trop tôt ia piace. (On enter.d des bruits de voix dans le corridor.)

ER

FLuvr pes ONDES.—(ouvrant la porte.) (Entrez.) (Un groupe de sauvages se précipite à l'intérieur, puis Du Parc et les Francais entrent.)

Ph ilippe fait éclater quelqu s fusée s et les pr tits sauvages crient d'un air rari. “GLoRrIA® mais sarrétent embarrassés.

Paul Guertal et Thomas entrent sans être aperçus. Is ent les épaule s couvertes de neige et leurs bonnets de Jourrure à la main.

Thomas, r'e marquent l'embarras des jeunes chanteurs,

entonne à pleine voir :

D'où viens-tu, Bergère, D'où viens-tu ?

Je viens de Fétable,

De m'y promener,

J'ai vu un miracle

Qui vient d'arriver,

Qu'as-tu vu, Bergère, Qu'as-tu vu ?

J'ai vu dans la crèche Un petit enfant

Sur la paille fraîche Mis bien tendrement.

Rien de plus, Bergère, tien de plus?

Sainte Marie, sa mère Qui lui donne du lait, Saint Joseph-son père, Qui tremble de froid.

Rien de plus, Bergère, Rien de plus ?

Yale bœuf et l'âne Qui sont par devant Avec leur haleine Réchauffant l'enfant.

Rien de plus, Bergère, Rien de plus?

Y a trois petits anges Descendus du ciel Chantant les louanges Du Père Eternel,

Les Français se retournent étonnés et reprennent en chœur

le chant de Noël.

Du Parc.—{(s'avancant vers Thomas la main tendue) D'où venez-vous donc si à propos !

PHiLiPpe.—(lui prenant l'autre main) Comment es-tu arrivé ainsi à point pour compléter notre petite fête !...

PLUSIEURS À LA Fois. — Voilà qui s'appelle paraître au bon moment. Il ny que Thomas pour nous causer de ces surprises.

CHOLAS.—(montrant la n ige sur Les cpaules de Thomas :) Défiez-vous de lui, c'est un magicien, Il s'est fait porter sur un tourbillon.

Tuomas.-—(riant:) N'en croyez rien, j'ai voyagé Sur Ines jambes bien plantées sur des raquettes. Il Y à quinze jours, en revenant du pays des Ouescarinis, je me suis arrêté chez les Algonquins, où j'ai trouvé Paul Guertal qui s'ennuvyait ferme. Nous avons décidé de venir passer les fêtes à Québec et nous voici. (Tapant sur l'épaule de Cholas.) C'est pas plus malin que ça, mon vieux.

Du Parc. —(d'une voir enrouce mais joy: :) Vous êtes quand même arrivés au bon moment.

Punirippe.— Sans toi notre petite fête aurait manqué de musique, notre seul chanteur, Du Pare, avant commis la maladresse de s'enrhumer.,

Taomas.--Je m'en suis aperçu, et comme jai l'habitude de parler pour les autres, j'ai pensé qu'il ne serait pas déplacé de chanter en leur nom.

Du Parc. Et tu sais t'acquitter de l'un aussi bien que de l’autre,

Tomas. (se rengorqeant d'une façon comiq :) Vous avez raison, Mon ami.

PAUL GUERTAL.—(railleur :) Voilà qui s'appelle recevoir un compliment avec modestie,

Tuouas.—{(d'un ton pate rnel, et lui tapant sur l'épaule 3 Mon jeune ami, ne t'imagine pas que j'ai fait trois cents milles sur des raquettes pour apporter un démenti au sieur Du Parc et avouer devant les camarades que je ne sais pas convenablement chanter un cantique de mon pays.

FLEUR DES ONDES.— (sort avec les sauvages et revient quelques instants après. Elle ouvre une porte au fond de la salle.) (Nos amis les Montagnais s'en vont contents avec leurs étrennes, c'est à votre tour à recevoir les vôt res.) (ÆZlle sort, tous le suivent.)

1) SCÈNE IT] Même décor. Fleur des Ondes seule et regardant à la J' nétre, chante :

O ma forêt, dans la dentelle

Des jeunes feuilles au printemps, Tu ne m'apparais pas si belle Que sous la neige des autans :

Et quand vos rameaux noirs s'agitent, O mes vieux pins, sous l’aquilon, Comme des ailes qui palpitent,

Des ailes sombres de démon,

Vous me parlez, graves augures, De l'avenir, rêve troublant :

Vos ombres tracent des figures Que mon cœur épelle en tremblant.

Puisse-tu prédire un mensonge, Sapin qu le vent a cassé,

Mon Di 4, ne brisez pas le songe Que dans mon cœur j'ai caressé,

PHILIPPE. (entre sans étre pereu et s'approche de la jeune fille :) Vous faites des vers et vous les chantez? Je ne vous connaissais pas ce double talent, Mais vos couplets sont mélancoliques, pourquoi ètes vous triste ? Je vous Crovais heureuse, ;

FLEUR DES ONDES.— Oh! je ne suis pas malheureuse, et je me contenterais volontiers, toute la vie, d'une félicité qui ressemblät à celle que j'ai eue, depuis que je vous connais, mais Je ne sais pourquoi, l'avenir me fait peur. Je ne vous le cache pas, lorsque vous m'avez annoncé que nous ne pourvions prendre passage à bord des bâteaux en partance pour la France, l'automne dernier, je me suis réjouie intérieurement. Mon cœur est partagé entre le désir de voir la France et le regret de méloigner pour toujours, peut-être, de la forêt, où jai vécu de si beaux jours de liberté et d'insouciarce, auprès

ae oil pere bien aline,

PHiLippe.-—Ma cousine, vous avez tort de sâter le bonheur présent par l'appréhension de douleurs futures et imagi Iitiros, Avi Z TOI ii l'a vi Hi >; Gi quand vous ferez cHcore ies

vers, que ce soit pour chanter l'espérance, voulez-vous ?, ...

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Et tenez, cette température inclémente qui interdit la promenade, me semble propice aux confidences : Je voudrais vous parler.

FLEUR DES ONDES. Mais qu'avez-vous done à me dire ? vous avez l'air bien sérieux.

PHiciprx,. —(<'asseyant et attirent l'a jeune Jette auprès de lui:) Acceptez cet anneau que vous avez déjà refusé. Vous le savez, il vient de mon père et ne peut être qu'à ma fiancée,

FLEUR Des Oxpes. Je n'ai pas de plus doux rève, je vous l'ai dit ; mais au prix de mon bonheur même, je ne voudrais point contrarier les projets de votre mère ; peut-être a-t-elle sur vous des vues plus ambitieuses.

PHILIPPE. Je me marierai selon mon cœur ou je ne me marieral jamais, je vous le jure.

FLEUR DES OxpEs. {prenant l'anneau :) Je serai votre femme si votre mère y consent : sinon, je reviendrai dans cette colonie, et je consacrerai ma vie à l'éducation de mes frères, les sauvages du Canada.

Le rideau tombe,

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