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18 Saint-Cyr de Rayssac
En Route> à des Moissonneurs d'Arezzo
VOTRE toit se rapproche et vous chantez plus fort, Vous chantez vos amours en passant les collines, La santé du blé mûr dilate vos narines, Et, travailleurs contents, vous vous riez du sort.
Versant sur vos haiUons ses ondes purpurines, Le soleil calciné resplendit et s'endort, Et l'air va jusqu'au fond dans vos larges poitrines, Comme un vin parfumé dans un cratère d'or.
Moissonneurs, moissonneurs, je pleure et vous envie ! Pauvres et demi-nus vous trouvez dans la vie Ce que mon cœur d'enfant demandait à genoux,
Ce que je n'attends plus, mais ce que j'aime encore,
L'espace libre et pur qui fait la voix sonore
Et l'écho tout en pleurs qui fait les chants plus doux.
Saint-Cyr de Rayssac 19
Le Génie funèbre
DE ses flancs ondulés quand j'ai vu la blancheur, Quand j'ai vu ses deux bras relevés sur sa tête, Comme au sommet vermeil d'une amphore de Crète Les deux anses du bord qui s'élèvent en chœur,
O mort des anciens jours, j'ai compris ta douceur, Le charme évanoui de ton œuvre muette, Lorsqu'insensiblement tu couvrais de pâleur Un profil corinthien de vierge ou de poète.
Le calme transpirait sur le front déserté, Du sourire perdu la grâce était plus molle, Tout le corps endormi flottait en liberté :
On eût dit une fleur qui distend sa corolle, Tandis que de sa bouche une abeille s'envole, Emportant ses parfums et non pas sa beauté.
IIe Série LES PARNASSIENS