‹ Fleurs de pommier: versChapitre 12 sur 23 · PAIX · texte numérisé non relu

PAIX

La dédicace de cette pièce, et sa duie recaire , aixusant l'extrême jeuneste de l'auteur, expliquent suffisamment son excentricité d'une part , et de l'autre les imperfections dont clic e«t pleine

J'aime à reparcoarir , du vol de la p; nsée ,

Mon ivresse, si prompto et si viti* effacée ,

Mes troisjourssans repos, mes hois nuits sans sommeil ;

J'aime àredemand«M' à mtm âme flétrir

(>lte fougue d'amour pour le mol de patrie , Ces élans de juillet , plus chauds que son soleil.

Jaime ces souvenirs à demi-fantastiques ;

Ces chants et ces bivouacs sur les places publiques ,

Cette unanimité , mère des grands travaux ;

Et cette France , enfin , se dressant , libre et fière .

Pour tendre à ses voisins , par-dessus la frontière,

Ses mains , pleines de vie et de destins nouveaux.

C'étaient des vœux géants, d'ardentes sympathies : Se parant à Tenvi de leurs couleurs chéries.

Toutes les nations se tenaient par la main ; Et , faisant retentir leurs hymnes de victoire , Elles dansaient en rond , radieuses de gloire , Le chœur sacré du genre humain.

Cn sourire animait les vieux traits du vieux monde , Sourire de bonheur , auréole d'espoir ; Et le peuple , tiré de sa fange profonde ,

— 83 ^ Secouait ses baillons et leur poussière iinmondo Sur le trône où . vàiiiqueur , il aurait pu s'asseoir.

Ce qu'il voulait , le peuple , au Jour des barricades^ Ce n'était pas un Iceptre , un fauleuil , un scrutin , Oripeaux vermoulus , royales mascarades ,

Jouets , qu'il brisa sous sa main } Ce qij'il voulait , le peuple , au jour des barricades ,

C était du travail et du pain.

Je le demande à tous : lorsqu'en mil huit cent (renie, Une même pensée animait tous les cœurs ;

Lorsque la foule palpitante , Se ruait, une et forte , autour des trois couleurs , Quel mobile entraînait et guidait son courage ? Quel était son lien, son mot de ralliement ?

Et le cri , qui planait sur le champ de carna<?e ,

Etait-ce un cri de sang ?

Malheur k qui s'aveugle ; k qui peut méconnaître La hante prophétie écrite , ou près de l'être ,

Pans ce ciel y toujours bleu , brillant sur nos C(»mbats ! Malheur à qui ne voit Télément pacifique y S'étendre et s'affermir sous le sol volcanique Où naguëres tremblaient nos pas !

Oui , l'heure de la paix a s'mné pour la terre : £t , si l'Ancien Régime est tombé solitaire y S'il n'a fallu qu'un mot pour le rendre au n^éAni^ C'est que la guerre était sa vie^ et que la guerre N'est plus française y maintenant !

Silence donc , silence aux paroles de haine ! Silence à qui voudrait dans la famile humaine

Jeter le désaccord î Mais que les voix d'amour y les lyres de ()oètes , Elèvent jusqu'aux cieux leurs cantiques de fêtes : — )^e monde marche à l'âge d'or.

Janvier 183.:.

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