PAIX
La dédicace de cette pièce, et sa duie recaire , aixusant l'extrême jeuneste de l'auteur, expliquent suffisamment son excentricité d'une part , et de l'autre les imperfections dont clic e«t pleine
J'aime à reparcoarir , du vol de la p; nsée ,
Mon ivresse, si prompto et si viti* effacée ,
Mes troisjourssans repos, mes hois nuits sans sommeil ;
J'aime àredemand«M' à mtm âme flétrir
(>lte fougue d'amour pour le mol de patrie , Ces élans de juillet , plus chauds que son soleil.
Jaime ces souvenirs à demi-fantastiques ;
Ces chants et ces bivouacs sur les places publiques ,
Cette unanimité , mère des grands travaux ;
Et cette France , enfin , se dressant , libre et fière .
Pour tendre à ses voisins , par-dessus la frontière,
Ses mains , pleines de vie et de destins nouveaux.
C'étaient des vœux géants, d'ardentes sympathies : Se parant à Tenvi de leurs couleurs chéries.
Toutes les nations se tenaient par la main ; Et , faisant retentir leurs hymnes de victoire , Elles dansaient en rond , radieuses de gloire , Le chœur sacré du genre humain.
Cn sourire animait les vieux traits du vieux monde , Sourire de bonheur , auréole d'espoir ; Et le peuple , tiré de sa fange profonde ,
— 83 ^ Secouait ses baillons et leur poussière iinmondo Sur le trône où . vàiiiqueur , il aurait pu s'asseoir.
Ce qu'il voulait , le peuple , au Jour des barricades^ Ce n'était pas un Iceptre , un fauleuil , un scrutin , Oripeaux vermoulus , royales mascarades ,
Jouets , qu'il brisa sous sa main } Ce qij'il voulait , le peuple , au jour des barricades ,
C était du travail et du pain.
Je le demande à tous : lorsqu'en mil huit cent (renie, Une même pensée animait tous les cœurs ;
Lorsque la foule palpitante , Se ruait, une et forte , autour des trois couleurs , Quel mobile entraînait et guidait son courage ? Quel était son lien, son mot de ralliement ?
Et le cri , qui planait sur le champ de carna<?e ,
Etait-ce un cri de sang ?
Malheur k qui s'aveugle ; k qui peut méconnaître La hante prophétie écrite , ou près de l'être ,
Pans ce ciel y toujours bleu , brillant sur nos C(»mbats ! Malheur à qui ne voit Télément pacifique y S'étendre et s'affermir sous le sol volcanique Où naguëres tremblaient nos pas !
Oui , l'heure de la paix a s'mné pour la terre : £t , si l'Ancien Régime est tombé solitaire y S'il n'a fallu qu'un mot pour le rendre au n^éAni^ C'est que la guerre était sa vie^ et que la guerre N'est plus française y maintenant !
Silence donc , silence aux paroles de haine ! Silence à qui voudrait dans la famile humaine
Jeter le désaccord î Mais que les voix d'amour y les lyres de ()oètes , Elèvent jusqu'aux cieux leurs cantiques de fêtes : — )^e monde marche à l'âge d'or.
Janvier 183.:.