‹ Fleurs de pommier: versChapitre 15 sur 23 · LA BIENVEILLANCE · texte numérisé non relu

LA BIENVEILLANCE

A M>« MAHim SOVmTBB.

L'homme qui haîl toujours et qui d<Hile sa oh cesiif • S*use et meurt leutemcnt au sein de la triatesiée : Aucun rayon de foi n'illunfrineson cœur.

Et la crédulité , naïve enchanteresse , Ferme s<»n paradis au froid blasphémateur.

Alors, îl marche seul daos les déserts du monde , Les cheveux hérissés par Touragan qui gronde , Le front bas et rugueux , les yeux ternes et durs ; Sa bouche a pour limite une trace profonde, Lézarde que le temps creuïe dans les vieux murs.

S'il parle doucement, soyez sûrs que le traître Cherche un mot douloureux qui froisse et qui pénètre, Pour perdre un avenir ou flétrir un passé; S'il rit , oh ! soyez sûrs que Satan va paraître ; Et que la dent qui mord sons le riro a grincé. —

Près de l'homme nourri dans le doute et la haine y Quand parfois vous voyez la figure sereine De Tètre bon el simple, appuyé sur la foi ; Quand vous voyez de loin briller la coupe pleine Où toute lèvre peut s'abreuver sans effi'oi ;

Quel instinct de tendresse el presque d'innocence Vous fait tous accourir ià celte providence ?

— toi —

Quel zèle et quelle ardeur vous foai suivre ses pas ? On dirait que pour vous Tâge d'or recommence y Et que le bonheur pur vous ouvre se» deux bras.

Après la Charité, cet ange lulélalre y

Celte fille du Christ , née au pied du calvaire y

Ce ministre sacré de tous les dévouements ,

Un ange moins divin , un esprit de la lerre ,

Sème encor des verlus au fond des cœurs aimants.

L'enfant aux mille maux , la jeunesse étçarée , '

Dont un ennui rongeur va faire sa curée , Tout ce qui souffre seul , timide et méconnu ; Toute vie en travail qu'aucune autre n a«;rée y £t qui dessèche , avant que son jour soit venu ;

Tous ces abandonnés périraient à la peine ^ Si Dieu n'avait placé , sur leur route lointaine, De fraîches oasis et des ombrages verts ) Si l'hôte gracieux dont la main les entraîne

Ne les appelait tous de leurs nous lès plu^ chen.

La Bienveillance eât douce aux ftmes affligées: Que d'intimes douleurs par elle soulagées !

Comme elle trouve bien le baunie qlii guéHt ! Aux natures de choix par la foule oatragées , Que de calme promet sa bouche qui AouHt !

Dès qu'un germe de bien quelque part se révèle , Elle veut aussitôt le couvrir de son aile.

Lui prêter le secours de sa molle chaleur ; Tout progrès obtenu , toute gloire nouvelle Activent sa tendresse , et doublent sa fcrvrnr.

M^iSy quand le mal aussi va se laisser surprendre , Et que déji cent voix s'apprêtent à répandre |/accent de ce scandale et 1 écho de ce bruit ^ Le bon génie est là , qui %^ hâte d étendre lin peu de son manti^au sur la honte d'autrui.

Telle est la Bienveillaoce ^ et son modeste empire. Lien affectueux de tout ce qui respire y Est plus voisin du ciel et plus riche en bonheur , Lorsque c'est une femme , au gracieux sourire , Qui se fait parmi nous ange consolateur.

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