SOUVENIR DU CONSERVATOIRE
A M»* Iff. 1>.
H me souvient d'un jottr , d'un beatt jour de prîntenips Où y dédaignant encor la liberté des chauips > Des âroes sans lien , que l'art avait unies / Ensemble s'abreuvaient de fortes barmonies:
Beetbowen ruisselait ^ comme un torrent de feU^ Sous les arcbels puissants, voués au demi-dieu ; Puis Tétrange Oberon et la blonde Ëuryantbe, Prodiguaient à nos sens l'ivresse ou l'épouvante /
Et nous croyions entendre , en écoutant leurs voix y \jxv chœur d'anges déchus, égarés dans les bois.
Souvent , depuis ce jour , wn charme opiniâtre Ramène ma pensée à ce même théâlrr:
J/initîation sommeille dans m'>n sein ; L'orchestre au fond de moi bruit commo un essaim ; Lorsque les vents du soir chassent quelque nuage y Il me semble parfois que je vais, dans l'orage, Voir tout-à-coup Mozart , de sa gloire entouré , M'apparaitre brillant , divin y transfiguré.
Oh! c'estquet rart est grand, plus gj^andquetuutc chose.
Quand sur un front humain son aile se repose >
L'esprit qu'|l a touché s ouvre et s'épanouit^
De nouvelle^ clartés se montrent dans sa nuit:
H pourra désormais , sous leur douct^ influence.
S'élever au niveau de toute intelligence ;
Il aura 4fcouyert de précieux secret^
Pour prêter un langage aux spectî^çles lauets ,
Pour chercher l'hannoiiie éioiifféc et perdue Sous le limon grosder dont elle est re\'éiue : Et, tandis que tèut change et s*éctaire a ses ycùx; Que le monde lai parle em sont nràlodieux } Que TArl naît tow ses pas et jamais ne s'épuise , Comiae Teau du Cocher soos^ la main de Moïse y Le cœur aussi s^éclaire et luit d'fcin éclat pu^ -, Il se trouve meilleur avec son ciel d'aEtir/ Et ses concerts taerés, et ses soupirs d*archange , Que lorsqu'il sagitail dans l'ombre et dans la fange; Il renonce avec joie à ses luttes sans fin , Et, semblable à l'oiseau qui chante le matin. Il étend au a)leil ses deux vibrantes ailes , Voltige sur les fleurs , frais et jeune comme elles , Leur dit un adieu tendre et, chargé de leurs dons. Plane dans les splendeurs des chaudes régions.
Mais TArt, si haut qu'il soit, n'a pas va tout encore j L'avenir lui promet des gloires qu'on ignore: Toujours sa mission s étend et se poursuit;
- 110 -~ Et f pour que Dieu Tarréie et le rappelle à lui ^ Il faut qu Jl ait rempli sa tâche salutaire) Creusé tout son siHoo dans le c(feuk* de la terre ^ Uni la main du faiUe à.la . main. du puissant f Fait taire les démoosd^ l'orgueil et du sang^ Élevé l'homtne ^ Dieu , sans crpiiL et sans martyres > Essuyé tous les pleifi^ ;. béai tous les sourires : Il faut qu'il,ait enfin fait édoreau grand jour Des merveilles sans nom d'harmonie et^'amour.
t Septembre i^ae. .