‹ Fleurs de pommier: versChapitre 3 sur 23 · LA SOUFFRANCE · texte numérisé non relu

LA SOUFFRANCE

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C'est UB suMiiud mot que le mot dé souffrance > Triste commei nàn regret ^ doust^ eommoune espérance. Les mots qae Thorame a faits se ressemblent toujours : Ils sont ftibles et froids , ils sont trainants et lourds ;

On dirait que le flot de dos laBgoes mortelles Goutte à goutte est tombé des glaces éternelles , Et qull s*écoule au loin sur le sol humecté y Recueillant toute fange et toute impuretés Tandis qu'il est des mots nés de sources voilées , Comme le blanc sillon des plaines étoilées , Comme l'aigrette en feu des aurores du soir; De ces mots qu'on oublie au moment de déchoir^ Et dont Técho plus tard surprend notre Ame émue , Tel qu'un ressouvenir de sainteté perdue.

La souffrance a trouvé son nom grave et fatal

Dans les soupirs du peuple ébranlé par le mal ^

Ou dans les premiers pleurs qu'un fils coûte à sa mère y

Ou dans le sang du juste abreuvant le calvaire.

Oh ! source grande et sombre ! 6 suprême beauté !

Dieu^ la femmeet le peuple,, auguste trijM^I.

Dieu , c'est touteinoM^ et toute int^igenca \

La fe^|m^, c'^^t l'afliour :U^iyer^el ^ immei^e, .,. i

Le peuple , c'eslî ls( force y et le bras , et l'appui^

^ 23 - Ses reins portent le monde, et tout pèse sur lui. Aussi y malheur et honte à qui ne sait comprendre Tout ce que leurs douleurs ont de volupté tendre Et de profonde angoinse; à qui n'éprouve pas Le retentissement de leurs secrets combats \ A qui peut mépriser comme un chagrin vulgaire Le désespoir écrit au fiont du prolétaire.

Ou de la femme aimante et voyant en un jour Briser le dernier nœud de son dernier amour \ Honte à qui foulerait sans émotions vives Le gazon tiède encor du jardin des Olives !

Mais que Dieu gpit béni ! la souffrance est un dop ^

Un don de piété , d^e^poir et de pardon j

Il ne raccorde pas aux natures blasées

Qui n ont pas si| Taîoier et qu'il a délaissées^

Et c'esl un long supplice , à nul supplice égaJ y

Que de ne plus trouver^ quand on se heurte au mal >

Aucune fibre en soi qui tremble et qui frémisse^

Aucune voix du cœur dont l'accent s'attendrisse -y '

C'est Un morne de^^dii , d'arriver à mourir,. Sans avoir pu pledrer, sans avoir pu îîoMfînr!

Aussi toute douleur est une récompense

Que l'homme pur avce^ite avec reconnaiss^tice :

Il savoure à longs' traits sou calice de fiel ;

Il s'offre en sacrifice aux marches de l'autel ;

Comme le ^aint martyr d'une foi niéconnue ,

Il présente sa tète à la hache qui tue ^

Et la chair qui tressaille, et le sang qui jaillit ^

Ajoutent à son âme un sens qui l'ennoblit.

Elle peut désormais affronter toute chose ;

L'obstacle est un hietUskii-y pius il crott > plus elle ose

Elle n'a pas assez des maux intérieurs ,

On la voit au dehors chercher ses âmes sœurs ;

Il lui faut tous l^iir» cris qu'un cri d'elle résum<« ;

Pour sa soif il lui faut toute leur amertume :

Nulle peine «aohée et nulle passion

N'échappent aux ferveurs de sa compassion :

Elle sait, sous l'orgueil des feintes cicatrices ,

Démêler le mensonge et les vains artifices ^ Mais elle sait aussi , sous les sourires fiers. Trouver la douleur mâle et les ennuis amers } Et> quand elle a formé sa légion de braves ^ Elle marche avec eux vers le flot des esclaves , Cherchant dans la mêlée un trépas enivrant.

L'enthousiasme au cœur et la blessure au flanc.

Avril I8:i7.

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