LE FROID QUI VIENT
A M»« A. MANCEti.
Voyez : la feuille tombe et ta fleur se dessèche ; L'haleine du matin, naguère encor si fraîche , Se charge de brouillards humides et glacés :
Il semble que de tout la jeunesse s'altère , El que le soleil même ait dit à sa lumière :
C'est assez !
Et pourtant les blés mûrs reposent dans la plaine , Et le pâtre recueille une moisson de laine Sur le dos des béliers inclinés à sa voix -y A prodiguer ses dons la terre est toute prête. Et rhomme de travail courbe sa baute tète Sous leur poids.
Ainsi , quand vous verrez que votre cœur se lasse . Dans ce monde attiédi dont le froid le menace. De cbercher le feu pur qui peut le ranimer , Quand rien ne saura plus refléter votre image , Et que vous manquerez de force et de courage Pour aimer;
Alors y retirez-vous dans votre humble demeure ; Essuyez les yeux bleus de la Muse qui pleure; Voilez sa této pAie au moment de finir ; Mais tàcbez que Tespoir la berce et la couronne y Et que Tamour Vembaume, et que la foi lui donne L'avenir.
Ducy , «4 Septembre 183 7. t