‹ Fleurs de pommier: versChapitre 6 sur 23 · LE TRIBUN · texte numérisé non relu

LE TRIBUN

A K, PB COBKB19I19.

L'honuroe qui , revêtu de la toge trainanto ,

Penché sur les tables d'airain , Rajeunit sous Teffort de sa voix éloquente

La vieille loi du genre humain ; L'homme qui , dans le sein des grandes cathédrales,

Sombre , avec un regard de feu , Transmet à tout un peliple , à genoux sur les dalles ,

Les enseignements ^e son Dieu ,

~ ïk -

L homme armé qui , voyant partout du haut des cimes

Un flot d^ennemis accourir , Sait trouver pour les siens un de ces mots sublimes

Qui nous invitent à mourir ; Tous les hommes enfin qui font de la parole

Un art divin , inspirateur , Un levier de prog;rès, un éclatant symbole^

Un verbe régénérateur :

Tous ces hommes pourtant pâlissent , en présence

D'un autre lutteur courageux , D'un apôtre nouveau de gloire et d'espérance ,

Plusiuiint^ plus digne et plus grand qu'eux -, Cet homme est le tribun ; ~ c'est le robuste athlète

Qui combat pour la vérité , Le lion qui rugit avant toute tempête

Où périrait la liberté ^ Le fanal élevi^ dont la lueur éclaire

Les anciens jours prêts à finir , Et dirige les pas du chercheur solitaire

Vers les mondes de l'avenir.

Cethomnie est noble et fort^ et toute gloire humaine

Doit s'humilier devant lui ; Il est pontife etfoi dans son vaste domaine

Où tant de haine le poiîrsmt :

En martelant du poing ies bords et la tribune ,

Debout , et la menaee aux dents , On dirait qu'il abat le char de la fortune

Où ie «ont hisses les tyrans ; Et lorsque s'acquittànt, jusqu'aiu bout, de son rô|e ,

Beau de «colère et de mépris , Il plonge des éwax mains le fer de sa parole

Danile ^œur de ses ennemis y Alors inclinez-Vbùs^ alors faites silence ,

Vous qui pouvez craindre ses ce«ps ; Car le cri qu'il profère est un cri de vengeance :

Vous qu'il a maudits , garde à vous !

|if ais le tri|>un devient calme , serein et grave ,

Quand Torage s'est trppAisé 5 Quand il ne trpuve plusdlm^inileilt qui le brave ,

Ou quaod Tobstacle est renversé ; Ce n'est plus le volcan qui secbùaU la terre

Avec de sourds frémbséments »

Qui jetait vers lèciel des 'torrents de poussière ,

De flamme et de' débris fumants : ' C*est le fleuve azuré, majestueux , immense.

Couché sûr son lit sablonneux y C'est Taigle montagnard qui plane ei se balance.

Couronné d'un rayon des cieux :

Et c'est alors surtout que grandit sa stature »

Alors qu'il nous faut l'admirer y Devinant les secrets de la sciencie obscure

Que nul n'avait [mi pénétrer ; Initiant le monde aux vérités austères ,

Aux rigides lois du devoir , Et nous conviant tous au seuil des sanctuaires

Où la liberté vient s'asfseoir.

C'est après avoir vu^ du regard poétique y Cette éclatante vision ^

— kl —

Après avoir coiqprb le verbe symboliqne

Qu'elle porte écfit sur le front , Qu'abaissant tout-à-coup vers les choses présentes

Un œil encor tout ébloui , Et voyant cet amas de nullités flottantes

Qui se glissent à petit bruit ^ On se prend de dédain pour leur cbétîve race^

Et , croisant ses bras sur son cœur^ On attend , plein d'espoir, que leur nuit ait fait place

A Taurored'un jour meilleur.

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