LE TRIBUN
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L'honuroe qui , revêtu de la toge trainanto ,
Penché sur les tables d'airain , Rajeunit sous Teffort de sa voix éloquente
La vieille loi du genre humain ; L'homme qui , dans le sein des grandes cathédrales,
Sombre , avec un regard de feu , Transmet à tout un peliple , à genoux sur les dalles ,
Les enseignements ^e son Dieu ,
~ ïk -
L homme armé qui , voyant partout du haut des cimes
Un flot d^ennemis accourir , Sait trouver pour les siens un de ces mots sublimes
Qui nous invitent à mourir ; Tous les hommes enfin qui font de la parole
Un art divin , inspirateur , Un levier de prog;rès, un éclatant symbole^
Un verbe régénérateur :
Tous ces hommes pourtant pâlissent , en présence
D'un autre lutteur courageux , D'un apôtre nouveau de gloire et d'espérance ,
Plusiuiint^ plus digne et plus grand qu'eux -, Cet homme est le tribun ; ~ c'est le robuste athlète
Qui combat pour la vérité , Le lion qui rugit avant toute tempête
Où périrait la liberté ^ Le fanal élevi^ dont la lueur éclaire
Les anciens jours prêts à finir , Et dirige les pas du chercheur solitaire
Vers les mondes de l'avenir.
Cethomnie est noble et fort^ et toute gloire humaine
Doit s'humilier devant lui ; Il est pontife etfoi dans son vaste domaine
Où tant de haine le poiîrsmt :
En martelant du poing ies bords et la tribune ,
Debout , et la menaee aux dents , On dirait qu'il abat le char de la fortune
Où ie «ont hisses les tyrans ; Et lorsque s'acquittànt, jusqu'aiu bout, de son rô|e ,
Beau de «colère et de mépris , Il plonge des éwax mains le fer de sa parole
Danile ^œur de ses ennemis y Alors inclinez-Vbùs^ alors faites silence ,
Vous qui pouvez craindre ses ce«ps ; Car le cri qu'il profère est un cri de vengeance :
Vous qu'il a maudits , garde à vous !
|if ais le tri|>un devient calme , serein et grave ,
Quand Torage s'est trppAisé 5 Quand il ne trpuve plusdlm^inileilt qui le brave ,
Ou quaod Tobstacle est renversé ; Ce n'est plus le volcan qui secbùaU la terre
Avec de sourds frémbséments »
Qui jetait vers lèciel des 'torrents de poussière ,
De flamme et de' débris fumants : ' C*est le fleuve azuré, majestueux , immense.
Couché sûr son lit sablonneux y C'est Taigle montagnard qui plane ei se balance.
Couronné d'un rayon des cieux :
Et c'est alors surtout que grandit sa stature »
Alors qu'il nous faut l'admirer y Devinant les secrets de la sciencie obscure
Que nul n'avait [mi pénétrer ; Initiant le monde aux vérités austères ,
Aux rigides lois du devoir , Et nous conviant tous au seuil des sanctuaires
Où la liberté vient s'asfseoir.
C'est après avoir vu^ du regard poétique y Cette éclatante vision ^
— kl —
Après avoir coiqprb le verbe symboliqne
Qu'elle porte écfit sur le front , Qu'abaissant tout-à-coup vers les choses présentes
Un œil encor tout ébloui , Et voyant cet amas de nullités flottantes
Qui se glissent à petit bruit ^ On se prend de dédain pour leur cbétîve race^
Et , croisant ses bras sur son cœur^ On attend , plein d'espoir, que leur nuit ait fait place
A Taurored'un jour meilleur.