‹ Fleurs des champsChapitre 6 sur 10 · III. — Education de 'rermaine · texte numérisé non relu

III. — Education de 'rermaine

On ignore qui donna à Germaine les premiers enseignements, qui lui fit connaître les principales vérités de la religion et lui apprit à prier. Sa mère était une femme pieuse et elle déposa, sans doute, dans son âme, la semence

que Dieu se chargea ensuite de faire fructifier.

Kotre-SeigTieur a pour ses créatures une bonté et un amour que ne peut avoir la meilleure des nières. Il pourvoit à tous leurs besoins et nç Içs abandonne jamais,. Germaine, seule et délaissée sur la terre, devint l'objçt de la tendre^&e particulière de Jésus : il lui tint, lieu, 4e père et d,'am.i^ijl fornia, son cœur à toutes les vertus, il ouvrit et éclaira son intelligence. Ainsi, sur la terre, il aimait à s'entourer des petits enfants, les bénissant et leur enseigrnant les choses du ciel ; ainsi fit-il pour la pauvre petite bergère. Dans cette communication intime avec Dieu, elle apprit ce que tous le? saya.nt3 du monde n'auraiçnt pu lui enseigne?.

Yiyant toujours au milieu des beautés de la nature, Germaine y admirait la grandeur et la puissance du Créateur : l'oiseau, la fleur ou le ruisseau était pour elle une occasion d'élever son âme vers le Seigneur, et la nature entière était à ses yeux comme un vaste et magnifique miroir reflétant toutes les^ perfections de l'Etre infini. C'est ainsi que les saints savent profiter de toute chose pour s'élever à Dieu.

Que ne nous est-il donné de connaître toutes les saintes pensées et les ferventes aspirations qui s'échappaient chaque jour de l'àme pure et ardente de Germaine à la vue des splendeurs

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de la création au milieu desquelles elle vivait. Les anges seuls en ont été les heureux témoins, mais par la pensée il nous est permis d'en avoir une faible idée. Quelle est l'âme qui, en face des merveilles de la création, n'a pas senti la présence d'un être supérieur, créateur de toutes ces choses. « 11 est un Dieu, s'écrie Chateaubriand ; les herbes de la vallée et les cèdres de la montag-ne le bénissent, l'insecte bourdonne ses louanges, l'éléphant le salue au lever du. jour, l'oiseau le chante dans le feuillage, la foudre fait éclater sa puissance, et l'Océan déclare son immensité. L'homme seul a dit : U n'y a point de Dieu!

» 11 n'a donc jamais, celui-là, dan? ses infortunes, levés les yeux vers le ciel, ou, dans son bonheur, abaissé ses regards vers la terre? La nature est-elle si loin de lui qu'il ne l'ait pu, contempler, ou la croit-il le résultat du hasard? Mais quel hasard a pu contraindre une nature désordonnée et rebelle à s'arranger dans un ordre si parfait (1)? »

Germaine comprenait toutes ces voix qui s'élevaient autour d'elle pour proclamer la gloire de Dieu ; elle s'unissait à ce concert de la nature, et dans son enthousiasme, sa prière s'échappait de ses lèvres comme le parfum s'exhale de la fleur.

(1) Chateaubriand, Génie rfu Christianisme, liv. 5, chap. u, p. 81.

6o l'A BERGÈRE DE PIBRAC

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