VIEILLE CHANSON NOUVELLE
Si j'avais les ailes de l'ange, Grandes ailes aux reflets bleus, Loin de la terre et de la fange Je m'envolerais vers les cieux; Je les ouvrirais toutes grandes Par un beau soir d'été bien clair; Comme les esprits des légendes, Sans bruit, je traverserais l'air ; D'un seul bond j'irais dans l'abîme Plein de vertiges attirants, J'embrasserais le ciel sublime Dans l'ampleur de mes bras errants,
Je me baignerais dans l'espace, Bien haut dans l'azur éternel, Et sur le nuage qui passe Je monterais comme Ariel; Car je veux aller vers les astres, Et m'endormir dans leur séjour.
0 terre pleine de désastres, Laisse-moi fuir loin de l'amour.
Si je ne puis vers les étoiles A jamais prendre mon essor; Si je ne puis comme des voiles Ouvrir mes grandes ailes d'or; Pendant quelque nuit hivernale Faite de brume et de chagrin.
Je veux qu'une force infernale M'ouvre l'abîme souterrain; Parmi les nitres et les soufres Des vieux volcans mystérieux, Je m'élancerai dans les gouffres, Pour disparaître à tous les yeux; Pour compagne j'aurai la source, Et pour amis les feux follets;
CUEILLETTE SUR LASPHALTE 81
El je n'aiTôterai ma course, De noirs relais en noirs relais.
Qu'au centre où les gnomes funèbres M'enseveliront loin du jour, 0 terre, pleine de ténèbres, Laisse-moi fuir loin de l'amour I