CHATEAUBRIAND ET LAMARTINE
A ton esprit divin Tamour sert d'élément;
Tu proclames de Dieu la puissance en aimant;
Ton. cœur, brûlant foyer d'ineffables tendresses, Déborde en cris d'amour, lorsqu'au ciel tu t'adressea r Aux vagues de la mer, aux murmures des bois, Ton génie inspiré va demander des voix :
L'amour de la nature, et l'amour de la femme, Consolent tes douleurs, et font vibrer ton ame; Et ces feux éthérés ne forment qu'un seul feu, Qui parfume ta vie, et remonte vers Dieu.
Tout noble sentiment, toute extase sublime, En vers harmonieux, ta lyre nous Texprime :
Dans tes hymnes, échos de la divinité, L'homme trouve sa foi, l'enfant sa chasteté : A son premier amour, la vierge qui se livre , Reconnaît ses pensers en entr 'ouvrant ton livre ; Et rêveuse , le soir, le tenant dans sa main , Elle parcourt les champs sans suivre de chemin!...
FLEUBS DU MIDI.
Que de tourmeos secrets , que de larmes cachées , Furent par tes aoceus adoucis, et sédiées!... Que de cœurs, qui doutaient , sont devenus jaloux De prier comme toi , qui pleures comme nous !
Âh ! tous les deux ainsi poursuivez votre voie ; La terre vous bénit , vous que le ciel envoie ; Anges consolateurs ; répandez tous les deux Le sublime idéal sur le réel hideux ; Chantez ! . . . Aux doux concerts de votre voix de cygne , L'humaiiité qui souffi*e au malheur se résigne ; Vous mêlez le dictame à sa coupe de fiel , * Et , pour prix de ses maux vous lui montrez le ciel ,
Château de Servanne, mars 1834.
JMUnlif Jnli
Ornes auteurs diéris, vous qui, lorsque je pleure, MecoDsoIez toujours, m'entourez à toute heure, Vos écrits ont calmé mes pensers dévorans, £t je vous aime tous, en amis, en parens!...
Dans mes rêves brillans, fils de la poésie, Je vois s'ouvrir pour moi votre foule choisie; Votre voix m'encourage, et je vous dis comment Ma jeunesse a passé de tourment en tourment : Comment, sans qu'un and soit venu leur sourire, Je fis mes premiers vers sans savoir les écrire; On m'interdit Tétude, ainsi que Ton défend Le jeu, qui le distrait, au paresseux en&nt.
Et je cachais à tous, comme on cadie des crimes, Les désirs du poète et ses pendians sublimes! ...
Alors, comme un tribut pour ce que j'ai souffert, Le laurier triomphal par vos mains m'est offert.
«ÉiLisrT.
Let mortels te prêtent la Tie pour un monent;
c'est la eonrse des Jeux sacrés
où l'on se passe de ma^a en nain le flambeau.
— LUCRÈCn. —
Mondes, étoiles , rosée du matin et dn soir, ' est-il donc Trai , dans la nnlt , dans le Jonr, an loin, à Palentonr, il n'y a donc plus personne ?