NEANT
A-t-elle assez de voix pour dire les combats
Des misérables jours qu'eue tratneid-bas ?
Â-t -elle assez décris pour rendre sa souffrance!
Non, Texcès de nos maux produit rindifFérence :
Eh! pourtant quel mortel ne se prit à pleurer,
En voyant près de lui tour à tour expirer
Tous ceux qu41 chérissait, êtres en petit nombre,
Unis à notre sort, qu'il soit riant ou sombre ;
Fractions de notre ame, où nous avions placé
L*espoir de Tavenir , le charme du passé;
Amis, parens, objets de nos idolâtries,
Que la mort vient faucher conrnie des fleurs flétries !
Quel désespoir profond et quel amer dégoût,
Quand l'ame qui s'éveille entrevoit tout-à-coup
Que tout sera néant, que tout sera poussière.
Que la terre elle-même, aride nourricière,
Après avoir mêlé ses fils à son limon ,
Deviendra dans l'espace une chose sans nom...
Ce vide delà mort, qui navre et désespère, Hélas! je l'ai compris, quancf j'ai perdu mon père l Le temps fîiit, entraînant mes rôves sur ses pas; Mais œ tableau de deuil ne s'effiicera pas.