‹ Fleurs du midi: poésiesChapitre 21 sur 52 · NEANT · texte numérisé non relu

NEANT

A-t-elle assez de voix pour dire les combats

Des misérables jours qu'eue tratneid-bas ?

Â-t -elle assez décris pour rendre sa souffrance!

Non, Texcès de nos maux produit rindifFérence :

Eh! pourtant quel mortel ne se prit à pleurer,

En voyant près de lui tour à tour expirer

Tous ceux qu41 chérissait, êtres en petit nombre,

Unis à notre sort, qu'il soit riant ou sombre ;

Fractions de notre ame, où nous avions placé

L*espoir de Tavenir , le charme du passé;

Amis, parens, objets de nos idolâtries,

Que la mort vient faucher conrnie des fleurs flétries !

Quel désespoir profond et quel amer dégoût,

Quand l'ame qui s'éveille entrevoit tout-à-coup

Que tout sera néant, que tout sera poussière.

Que la terre elle-même, aride nourricière,

Après avoir mêlé ses fils à son limon ,

Deviendra dans l'espace une chose sans nom...

Ce vide delà mort, qui navre et désespère, Hélas! je l'ai compris, quancf j'ai perdu mon père l Le temps fîiit, entraînant mes rôves sur ses pas; Mais œ tableau de deuil ne s'effiicera pas.

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