‹ Fleurs du midi: poésiesChapitre 22 sur 52 · MOE^T · texte numérisé non relu

MOE^T

La Tita fagge e non s'arresta iin*ora, B la morta y'en dietra a grand'glomata.

~ PBTEARCA. —

Je croisTevoir encor la couche d*agome , Où mon père mourut, vieillard aux cheveux blancs, ,Au front large et ridé, symbole de génie.

Aux yeux étincelans.

126 FLEURS DU MIDL

Gomme un bûdier fiomant, dont on éteint la flamme, Jette, avant d'expirer, tous ses rayons épars, Ainsi, prés de mourir, tons les^ feux de son ame Brillaient dans ses r^ards.

Il avait trop compté sur sa frêle existence; De la fortune adverse il vainquit la constance

Par de trop grands efforts :

Et quand il s'asseyait, fatigué du voyage, Qu'il demandait à Dieu le calme après l'orage, Il mourut ! la pensée avait usé son corps, Cbmme l'onde qui bout brise un vase d'argile. Ou comme dans nos mains éclate un luth fragile Sous de trop vife accords!

Mourir près du bonheur! mourir, quand on arrive, A la réalité dont on croyait jouir!

ELBGIE. — MORT. iST

Voir, lorsque notre esquif allait toucher la rive, Le port s'évanouir !...

Entendre les sanglots de ses en&ns qu'on aime, En leur tendant les bras, dire un dernier adieu; C'est à iàire douter de l'espérance même Qui nous parle de Dieu !

Oh! qui saura jamais la lutte intérieure, Qui se livre dans l'homme à cette dernière heure, Alors qu'il voit passer, sous son r^rd mourant, Tout ce qu'il chérissait, tout ce qu'il croyait grand ; Et que de tous ces biens, dont l'éclat s'évapore, Il voudrait vainement se ressaisir encore!.... Dans cette heure d'angoisse, oh ! qui sait si la foi, Del'horrçur du trépas peut adoucir TefiFroi!

Et si l'ame, arrivée à la fin de sa route, TSe défaillira pas en combattant le doute?

Ce choc, de sentimens qui dédiirent lecteur.

Mon père le subit, mais il en fut vainqueur.

Quand un prêtre pieux eut, sur sa vie entière, Prononcé le pardon qu'accordait l'Éternel , On eût dit que l'esprit, dépouillant la matière, Entrevoyait le ciel.

Ses yeux avec amour contemplaient le ciboii^e,

Sur le saint crucifix ses deux mains se croisaient;

n était pâle alors comme le Christ d'ivoire,

< Que ses lèvres baisaient.

Mais quand il eut reçu le Dieu qui désaltère, A la vie un instant son corps se ranima :

Il bénit ses enfans, qu'il laissait sur la terre, Et tous ceux qu'il aima.

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